Publicité

Sélectionner une page

Publicité

EN QUÊTE DE TÉTRAS

EN QUÊTE DE TÉTRAS
Le canton de Vaud impose aux chasseurs qui veulent traquer le petit coq de participer aux comptages. Une prescription qui ne touche pas (encore) le Valais, mais les chasseurs veulent s’engager davantage.

Texte et photos de Vincent Gillioz

 

Pour chasser le tétras lyre ou petit coq, il faut s’assurer que la reproduction ait été bonne, raison pour laquelle les chasseurs, en collaboration avec les services de la chasse, procèdent chaque année à des comptages. Sur le canton de Vaud, ces comptages sont obligatoires pour ceux qui veulent chasser cette espèce. Ils sont réalisés avec les gardes. Le plan de chasse est établi selon les comptages et si la reproduction n’apparaît pas satisfaisante, aucune chasse n’est autorisée.

En Valais, les comptages de printemps, au chant, sont réalisés par les gardes-faune du Service de la chasse. Des chasseurs ou des gardes auxiliaires accompagnent souvent les gardes pour aider à la tâche. Il s’agit de compter les coqs chanteurs sur des zones définies. Ces comptages s’effectuent sur les mêmes zones chaque année, afin de suivre l’évolution des populations.

Prendre les devants 

Depuis cette année, les membres de l’Association des chasseurs à l’arrêt valaisans (ACAV) ont été sollicités pour réaliser des comptages aux chiens d’arrêt à partir de la mi-août. Le but est de compléter les données collectées par le service au printemps, et d’avoir une image la plus fiable possible de la dynamique du tétras lyre dans le canton. « J’ai fait un appel à nos membres, relève Patrice Laffay, président de l’association, et chasseur passionné de coqs. Le but est de couvrir le plus de zones possibles dans le canton, afin d’avoir le plus de données possibles.» Les comptages sont réalisés avec des chiens d’arrêt expérimentés sur des zones témoins officielles, et sur des zones de travaux forestiers réalisés dans le cadre de la biodiversité en forêt. Ces dernières zones font l’objet de coordination et de validation entre le Service de la chasse, de la pêche et de la faune (SCPF) et le Service des forêts, de la nature et du paysage (SFNP).

Pour Patrice Laffay, le fait de compter les mêmes zones chaque année relève des avantages et des inconvénients. Ça permet d’établir un suivi intéressant sur une zone, mais il peut y avoir des conditions particulières à un endroit, avec aucun indice de reproduction défavorable. Le mouvement des prédateurs, loups, aigles, petits carnivores, est imprévisible. Il peut aussi y avoir eu des orages violents dans une zone, et les poussins peuvent être décimés, ce qui ne veut pas dire que la reproduction est mauvaise ailleurs, où les conditions climatiques étaient différentes. « Le territoire cantonal est très grand, c’est donc très difficile d’avoir des données fiables localement, mais l’augmentation du nombre de zones de comptages permettra de définir une tendance cantonale représentative.» C’est pour cette raison que j’incite tous les chasseurs à participer à la démarche.

Responsabilité à la chasse

Le président de l’ACAV relève encore l’importance de la responsabilité des chasseurs afin de garantir la pérennité de cette chasse. Si le permis valaisan autorise six coqs par chasseur, seul cinq à six personnes par an atteignent ce quota. Le droit de chasse ne donne pas de limite par zone ou région, la patente étant cantonale. A relever un nombre important de réserves de chasse dont certaines spécifiques à l’espèce sont réparties sur tout le territoire. « Nous n’avons aucun intérêt à vider des zones, où à chasser si on voit qu’un endroit n’est pas bien nanti et que la reproduction n‘a pas été bonne. Pour l’heure et sur la base des prélèvements effectués, je pense que légiférer sur ce point est superflu. Mais chacun doit être conscient pour préserver l’espèce qu’il n’y a aucun intérêt à continuer de chasser un secteur si on a déjà tiré deux coqs. Il faut aller ailleurs. Mais si on observe malheureusement quelques groupes qui manquent un peu de vision, les comportements des chasseurs à la plume sont plutôt bons en général.»

À terme, et si les chasseurs au chien d’arrêt veulent pouvoir fournir des données qui soient considérées comme officielles, ces actions devront probablement être réalisées par des binômes, avec un chasseur et un observateur, qui pourraient valider les comptages réalisés. Patrice Laffay compte bien faire évoluer le suivi, mais rappelle qu’un engagement plus important vient de débuter. « Tout ne va pas se faire en un an. On agit, et on avisera les années suivantes. Une chose est sûre, c’est que nous ne pouvons plus continuer à penser qu’on peut vivre heureux en vivant caché. Nous devons démontrer que cette chasse est viable et durable, et produire des données crédibles.»

Les premières tendances des sorties de cette année démontrent de très grandes disparités selon les zones de comptage au chien, mais une reproduction globalement satisfaisante. Pratiquée par une minorité, soit moins d’une centaine de chasseurs en Valais, la chasse au petit coq prélève annuellement environ deux cents oiseaux sur le canton, et quatre cents dans toute la Suisse, avec le Tessin et les Grisons. Les Vaudois, qui ont sauvé cette chasse de justesse il y a quelques années, disposent d’un plan de dix oiseaux pour tout le canton, quand les conditions le permettent. 

 

Laisser une réponse

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Catégories