Un virage vers la taxidermie

Un virage vers  la taxidermie

À seulement 21 ans, Fabien Aubry a choisi de se réorienter vers la taxidermie. Formé par Christian Schneiter, il vise à s’installer à son compte dans le Jura bernois d’ici quelques années.

Propos recueillis par Vincent Gillioz et photos DR

 

Originaire de Bellelay, dans le Jura bernois où il a suivi sa scolarité, Fabien Aubry a effectué un apprentissage de paysagiste à Moron. Après avoir obtenu son CFC, il a décidé d’apprendre un nouveau métier et se forme aujourd’hui comme taxidermiste. Il conserve un emploi de paysagiste à 60 % et passe le reste de son temps à Vicques, dans le canton du Jura, auprès du très réputé Christian Schneiter qui lui transmet ses connaissances.

Comment es-tu arrivé à la taxidermie ?

J’ai toujours été proche de la nature, j’aime être à l’extérieur. C’est d’ailleurs pour cela que j’ai choisi le métier de paysagiste. Durant ma première formation, j’ai énormément appris sur les arbres, les plantes et la nature en général. En parallèle, je pratique aussi la pêche et je ramasse des champignons. C’est probablement cette proximité avec la nature qui fait que la taxidermie m’a toujours intéressé. Je suis encore candidat chasseur dans le canton de Berne et je devrais obtenir mon permis au printemps 2027.

C’est d’ailleurs grâce à la chasse que je suis venu à la taxidermie. J’ai commencé à accompagner mon oncle pour faire des affûts, bien avant d’entamer ma formation de chasseur. Au fil du temps, je me suis rapproché de plusieurs groupes et j’ai expérimenté différents types de chasse : au chevreuil, au sanglier, à l’approche ou encore aux chiens courants. J’ai déjà eu l’occasion de vivre de nombreuses expériences.

Une connaissance chasseuse m’a parlé de Christian Schneiter, en me précisant qu’il comptait arrêter son activité, mais qu’il n’avait pas de successeur et que ses connaissances risquaient de se perdre. C’est là que j’ai eu le déclic et que je me suis dit qu’il fallait tenter ma chance. Cette personne m’a présenté Christian, je lui ai expliqué que je voulais apprendre le métier, et il a accepté de me former. Christian s’est reconverti dans la sculpture depuis quelques années et ne réalise presque plus d’animaux naturalisés, mais il avait envie de transmettre son savoir. Je ne suis pas un apprentissage au sens formel du terme, c’est une formation libre.

Et à ce stade, es-tu satisfait de ton choix ?

Oui, ça se passe très bien ! Je me lève chaque matin avec le sourire. Je suis curieux et avide d’apprendre. Je passe beaucoup de temps à l’atelier et je me constitue une collection depuis que j’ai commencé, l’automne dernier. Christian a une très longue expérience, très diversifiée. Il a tout essayé, il sait ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas. En plus de maîtriser la technique, c’est un artiste. Il a une forte personnalité, mais nous nous entendons très bien. Je suis très reconnaissant de pouvoir profiter de son savoir, j’ai vraiment de la chance. Il a peu de temps, mais il est généreux, et en prend pour me former.

Je commence déjà à être autonome avec les petits animaux, comme les mustélidés. En ce moment, je travaille sur les oiseaux. Un ami de Christian, spécialisé dans ce domaine et vivant à Malte, est présent chez lui pour quelque temps. C’est une chance, car je peux profiter de son expérience.

 

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