La désextinction, avancée pour la nature ou affaire d’argent?

La désextinction, avancée pour la nature ou affaire d’argent?

Des avancées spectaculaires ont été annoncées ces derniers mois dans le domaine de la désextinction des espèces. Ces projets promettent de ramener à la vie des espèces disparues, comme le mammouth ou le dodo, à la manière des dinosaures de Jurassic Park. Mais ils suscitent des inquiétudes légitimes au sein de la communauté scientifique.

Les partisans de la désextinction ne sont pas seulement des rêveurs qui veulent admirer des tigres à dents de sabre ou des mammouths laineux. Ils affirment que certaines espèces, dites « clés de voûte », qui jouaient un rôle central dans leur écosystème, devraient réapparaître. L’exemple de la tourte voyageuse, un colombidé autrefois abondant (3 à 5 milliards d’individus) sur le continent nord-américain et disparu au début du siècle dernier, est souvent cité. Selon les adeptes de cette théorie, les immenses volées de cet oiseau créaient un chaos bénéfique, qui alimentait le cycle de la forêt et permettait aux autres espèces de prospérer.

Pour d’autres, les préoccupations éthiques que soulève la désextinction devraient faire l’objet de beaucoup plus de discussions. L’Union internationale pour la conservation de la nature décrit d’ailleurs le terme désextinction comme « trompeur ».

Les projets de désextinction ne relèvent évidemment pas de la philanthropie. L’entreprise Colossal Biosciences, évaluée à plus de 10 milliards de dollars américains, est en effet le leader des projets en cours. Et il est permis de douter de sa volonté de créer un monde meilleur…

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