«Mon objectif a toujours été d’être patron avant 30 ans.» Benjamin Carbon ne manque pas de détermination, et son parcours professionnel le démontre. Né en Wallonie en 1988 dans la région de Chimay, ce passionné d’armes et de mécanique est issu d’une famille de chasseurs et de militaires, ce qui explique certainement son intérêt pour le domaine. Son parcours est orienté par son engouement dès son plus jeune âge, et il rejoint à 15 ans la célèbre école d’armurerie de Liège pour faire ses classes.

A l’occasion de vacances en Suisse avec ses parents à Pâques 2008, il fait la connaissance de Jean-François Maret, le propriétaire de la Maison du Chasseur, qui accepte de le prendre en stage pour une semaine. Conquis par le métier et les possibilités offertes, Benjamin rentre terminer son année scolaire en Belgique, et rejoint l’entreprise fondée en 1964 par le père de Jean-François Maret, pour commencer sa nouvelle carrière. «Les perspectives sont trop limitées en Belgique, raconte encore Benjamin Carbon. L’avenir du métier est difficile. M’expatrier était une obligation afin de poursuivre.»

Apports mutuels

La collaboration avec Jean-François Maret se passe bien, Benjamin apporte les connaissances qu’il a acquises à l’école, alors que Jean-François lui fait profiter de son expérience. Il s’intègre par ailleurs parfaitement bien en Valais. «Il y a pas mal de similitude entre la Belgique et le Valais, si on exclut le relief, relève-t-il en souriant. J’ai très vite trouvé ma place dans la région, où je me sens chez moi.» Preuve en est la rencontre avec Nikita qui est aujourd’hui son épouse.

Déterminé à devenir patron, il convainc son patron de lui vendre l’affaire une dizaine d’années après ses débuts. Entre-temps, et toujours dans ces perspectives, Benjamin obtient sa patente d’armurier, indispensable à l’exploitation d’un tel commerce.

En mai 2018, la passation officielle est réalisée, et la Maison du Chasseur, idéalement située au centre de Martigny, change de main. «La transition s’est faite facilement, poursuit Benjamin Carbon. J’étais là depuis dix ans, je connaissais tous les clients. Tous m’ont suivi, et c’est presque une continuité. Jean-François passe régulièrement pour l’apéro, nous avons gardé un lien.»

Continuité

Le jeune patron poursuit dans la lignée de ce qu’a construit son prédécesseur. Il s’est adjoint les compétences d’un second armurier, Martin Durand de Gevigney, qui a fait la même école que lui à Liège. Steven Germann a également rejoint l’équipe pour la vente. «Il parle allemand, et c’est un véritable plus important pour un canton bilingue, et pour nos clients internationaux.» Nikita Carbon consacre encore deux jours par semaine à gérer l’entreprise. Le changement le plus important qui a été fait, c’est celui de ne pas poursuivre avec les articles de pêche. «Il faut beaucoup de temps et de compétences pour vendre du matériel de pêche, et mon intérêt pour ce domaine est limité.»

La clientèle de la Maison du Chasseur est donc composée à 90 % de chasseurs. «Ce sont ces armes qui nous intéressent. Le travail est varié, il faut être innovant, faire de la mécanique, trouver des solutions pour des montages, des adaptations personnalisées.» Il travaille également sur quelques armes anciennes, appréciées par certains clients.

Informatique

Depuis qu’il a repris le commerce, Benjamin Carbon a informatisé l’ensemble de sa gestion, afin de l’optimiser, et surtout de mettre en place un système de vente en ligne. «Un développeur a travaillé pendant presque un an sur ce projet. Aujourd’hui, je ne m’occupe plus directement du site. Il est mis à jour et dès qu’une arme entre, elle est automatiquement disponible à la vente en ligne. Le fichier client est évidemment intégré à l’ensemble, et la commande de munitions est possible directement en ligne. Ça évite à ceux qui sont un peu éloignés de venir pour chercher une boîte de cartouches. L’avenir nous dira si les clients s’adapteront et changeront leurs habitudes, mais je suis sûr que c’est un plus.»

Après un an d’exploitation, l’entrepreneur est plus que satisfait de son entreprise. «Nous avons beaucoup de travail, il y a presque un mois de délai à l’atelier, et la vente marche bien.» Les optiques, notamment les appareils de vision thermique, constituent un bon marché, de même que les vêtements de marques.

Tous ces indices démontrent que la Maison du Chasseur est entre de bonnes mains et le flux de clients qui entrent et sortent du magasin tout au long de l’après-midi laisse clairement entendre que l’avenir de l’enseigne est assuré.

 

Texte Vincent Gillioz, photos Luigi Somma

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