Lorsque l’on règle une lunette de tir, le problème est de savoir à combien de millimètres ou de centimètres correspond le déplacement de l’impact lorsque l’on tourne l’une des tourelles de réglage d’un clic. Bien entendu, comme beaucoup d’autres choses en ce monde, ce serait beaucoup plus simple si tous les fabricants s’étaient mis d’accord ! Hélas, ce n’est pas le cas.

Le principe de la MOA (Minute Of Angle, 1/60 de degré) est l’un des systèmes les plus utilisés. Il repose sur une règle toute simple, la rotation d’un clic vers la droite ou vers la gauche correspond à une minute d’angle. Ce précepte étant posé, on ne semble guère plus avancé. Et pourtant, grâce à la trigonométrie, on peut facilement savoir, à quelque distance que ce soit, de combien va se déplacer l’impact pour une variation égale à une minute d’angle. En effet, la tangente de l’angle d’une MOA est égale à 0,00029. A 100 mètres, cela signifie donc que lorsque l’angle varie d’une MOA, le déplacement vaut 0,00029 x 100 soit 0,029 mètre ou bien encore 2,9 centimètres. Cela paraît à la fois peu et beaucoup. Pour les tireurs chevronnés à longue distance cela fait beaucoup. C’est pour cette raison que certaines lunettes sont graduées en 1/8 ou en 1/6 de MOA. A contrario, pour un dispositif de visée de type point rouge, cela fait peu. En effet, le réticule projeté sur une lentille d’un point rouge représente en moyenne 6 MOA. Cela signifie donc que le point rouge couvre un cercle de 18 centimètres de diamètre, à 100 mètres. Dans ce cas, il est donc inutile que les tourelles soient graduées en fraction de MOA.

La lunette Zeiss Victory 1.1-8 dispose d’un clic qui vaut 1 centimètre à 100 mètres.

Métrique versus imperial

Pour les pays qui n’utilisent pas le système métrique mais le système pouce, pied et yard, la référence vaut 100 yards, à savoir 91 mètres. A cette distance, une MOA donne une dérive de 2,64 centimètres. Sachant que le pouce vaut 2,54 centimètres, les Américains font en sorte qu’un clic soit égal à 1 pouce, à 100 yards. Ce n’est donc plus une vraie MOA. Dans ce cas, il faut raisonner en pensant qu’un clic ne vaut plus 2,9 centimètres à 100 mètres, mais 2,78 centimètres.

Outre le système de la MOA en général adopté par les Anglo-Saxons, il existe une autre unité de mesure utilisée en optique. Il s’agit du millième, ou plutôt du millième d’artillerie. Cette unité a été créée à la fin du 19e siècle à l’occasion de l’arrivée du canon de 75 millimètres. Conçu pour aider les artilleurs dans leur tâche de pointage, le millième est «tout simplement» l’angle sous lequel on voit 1 mètre à 1 kilomètre. Cela signifie donc que si l’on voit 1 mètre à 1 kilomètre on voit 10 centimètres à 100 mètres, 40 centimètres à 400 mètres et ainsi de suite. Selon les fabricants, les lunettes de tir peuvent avoir des tambours de réglage gradués au 1/10 de millième ou au 1/20 de millième. Dans le premier cas, un clic vaut 1 centimètre à 100 mètres, dans le deuxième cas un clic vaut 5 millimètres à 100 mètres. En général, c’est le premier cas de figure qui est utilisé. C’est en effet très clair, un clic vaut 1 centimètre à 100 mètres. Cette relation simple permet par exemple de concevoir une cible de réglage où les cercles concentriques sont distants de 1 centimètre entre eux. De cette façon, à condition que cette cible soit bien évidemment positionnée à 100 mètres, on peut immédiatement voir l’influence d’un clic sur la trajectoire de la balle.

Si la balistique est une science relativement compliquée, il en va de même pour les unités de mesure utilisées en optique. Néanmoins, le stand de tir constitue le meilleur moyen de confirmer la théorie en effectuant de multiples tirs de réglage.

 

Texte et photos Daniel Girod

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