En Suisse, le cheptel bovin et les populations d’animaux sauvages sont considérés comme indemnes de tuberculose. Mais depuis quelques années, la tuberculose est de plus en plus souvent détectée chez les animaux sauvages, entraînant un risque permanent de contagion pour les bovins.

Lorsque la tuberculose touche une population de gibier sain, il convient de la détecter très vite. Plus les cas sont identifiés de façon précoce, plus des mesures efficaces peuvent être prises rapidement, afin:

– d’empêcher une propagation de la maladie au sein de la population de gibier,

de prévenir sa transmission à d’au­tres espèces animales (aux bovins surtout),

– de garantir la salubrité du gibier en tant que denrée alimentaire.

A 20 km de la frontière suisse!

Le risque d’une introduction de la tuberculose dans les populations d’animaux sauvages suisses est actuellement très élevé en Suisse orientale et dans la Principauté du Liechtenstein. Depuis plusieurs années en effet, une prévalence élevée de l’épizootie a été observée parmi les populations de cerfs dans certaines vallées autrichiennes. Dans certaines régions alpines, les programmes d’analyse autrichiens montrent que trois cerfs sur quatre sont contaminés. Les cas de tuberculose les plus proches géographiquement se trouvaient à moins de 20 kilomètres de la frontière du canton des Grisons et du Liechstenstein.

Cerf atteint de tuberculose: de gros abcès de 1 à 5 mm remplis de pus jaunâtre épais.

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En France, les sangliers et blaireaux aussi!

La tuberculose touche toutefois aussi les animaux sauvages en France, en Allemagne du Sud et dans l’Italie du Nord: en France, la tuberculose a été découverte pour la première fois dans la faune sauvage en 2001. Aujourd’hui, dans ce pays, le cerf, le sanglier et le blaireau sont largement responsables de la contamination des bovins. Ces espèces entrent en effet en contact avec les bovins dans les prés et peuvent donc leur transmettre le virus de la tuberculose. On suppose que les bovins s’infectent en broutant de l’herbe contaminée par de la salive, de l’urine ou des selles. En France, ce sont surtout les départements de Côte-d’Or, de Dordogne et de Charente qui sont concernés.

Obligation de contrôle

Actuellement, les cas de tuberculose observés en France sont plus loin de la frontière suisse que ceux qui ont été recensés en ­Autriche. Toutefois, les chasseurs suisses doivent contrôler avec soin les animaux qu’ils ont abattus. Une attention particulière doit être prêtée aux animaux (cerfs, sangliers et blaireaux) abattus lors de tirs ­sélectifs. Dans le cadre du programme «Surveillance de la santé du gibier», les chasseurs et les gardes-chasse ont la possibilité de faire analyser gratuitement le gibier suspect par des experts au Centre pour la médecine des poissons et des animaux sauvages (FIWI) de la faculté Vetsuisse de l’Université de Berne. La surveillance de l’état de santé du gibier est un vaste programme de détection précoce de maladies des animaux sauvages.

Cerf atteint de tuberculose: poumon comportant de nombreux nodules blanchâtres à jaunâtres. Au toucher, on sent des durcissements.

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Cerf atteint de tuberculose: intestins comportant de nombreux ganglions lymphatiques intestinaux grossis et sphériques.

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Conseils pratiques

«Depuis longtemps, les cerfs du nord des Grisons sont observés alternativement d’un côté puis de l’autre de la frontière: à l’automne, les cerfs quittent les vallées du ­Vorarlberg (Autriche) pour passer l’hiver dans le Prättigau (Suisse), avant de repartir au printemps. Par ces migrations, des épizooties telles que la tuberculose présente dans le Vorarlberg, peuvent être introduites dans notre faune sauvage. L’introduction d’une maladie sur notre territoire doit par conséquent être détectée le plus tôt possible pour éviter sa transmission aux animaux de rente» explique le Grison Rolf ­Hanimann, président de l’Association suisse des vétérinaires cantonaux.

Hanspeter Egli, président de ChasseSuisse, encourage les chasseurs à participer à cette campagne d’observation du gibier: «Plusieurs cas de tuberculose ont été décelés chez des cerfs dans les pays voisins, ce qui augmente les risques d’infection sur notre territoire. Les chasseurs jouent un rôle important dans la détection précoce de cette maladie. Une brochure présente les différents tableaux cliniques et indique les mesures à prendre en cas de suspicion. Nous invitons les chasseurs à acquérir les connaissances nécessaires pour reconnaître les maladies de la faune, à contrôler le gibier et à annoncer les cas suspects à un vétérinaire officiel.»

Souvent inapparente

La tuberculose ne se voit pas facilement sur un animal vivant. Le cerf peut toutefois présenter des symptômes tels qu’un amaigrissement, parfois prononcé. Pour pouvoir détecter des anomalies tuberculeuses, il est essentiel d’examiner minutieusement les ganglions lymphatiques, les poumons et les intestins lors de l’éviscération.

La tuberculose chez le cerf se caractérise par des ganglions lymphatiques de grande taille, de couleur blanche et de forme sphérique. Après les ganglions lymphatiques, ce sont généralement les poumons qui sont le plus atteints. Ils comportent des nodules, dont la surface de coupe est blanchâtre – jaunâtre, friable et parfois calcifiée. Des abcès de la taille d’une noisette ou d’un poing avec un contenu d’aspect purulent apparaissent occasionnellement. La paroi des cavités internes, les intestins et le foie peuvent également être touchés.

A l’automne, les cerfs quittent le Vorarlberg (Autriche) pour la Suisse, retour au printemps.

Red deer. Flehmen. Cerf élaphe. Cervus elaphus.

Obligation d’annoncer

Les chasseurs et les organes de surveillance de la chasse ont l’obligation légale d’annoncer sans délai à un vétérinaire officiel l’apparition de la tuberculose chez des animaux sauvages et tout symptôme suspect. Cette mesure n’entraîne aucun coût pour le chasseur et le garde-chasse. Le vétérinaire cantonal décide des mesures à prendre.

Si la carcasse d’un animal ou ses organes internes présentent des altérations, ils devront être présentés à un vétérinaire pour un contrôle des viandes. Le vétérinaire cantonal décide si le gibier est propre à la consommation.

Texte et photos Office fédéral de la sécurité alimentaire

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