Tout d’abord qui est Joule ? A sa consonance on pourrait penser qu’il s’agit d’un Français. Eh bien non, il était anglais. Né près de Manchester, James Prescott Joule (1818-1889) reste sans aucun doute l’un des plus grands inventeurs et scientifiques de l’histoire de l’humanité. Physicien ouvert à tout, il est surtout connu pour les travaux qu’il a menés sur les énergies électromécaniques, à tel point que son nom a été choisi pour nommer l’unité internationale destinée à exprimer l’énergie.

Concrètement, un joule correspond à l’énergie nécessaire au déplacement d’une force de 1 newton sur 1 mètre. Compliqué ! Non car un newton vaut très approximativement 0,1 kilogramme force.

En clair ! Quand un fabricant de munitions indique qu’une balle développe 3000 joules à la sortie du canon, cela signifie tout d’abord qu’elle développe 300 kilogrammes mètres.

Histoire d’énergie

A titre d’exemple, l’énergie minimum légale en Wallonie pour le tir du chevreuil à l’approche et à l’affût doit être au moins égale à 980 joules, soit quasiment 100 kilogrammes mètres à 100 mètres. Concrètement, cette énergie peut donc déplacer un objet de 100 kilos sur 1 mètre, l’objet en question étant totalement libre de se déplacer bien sûr ! En clair, si une munition qui développe 1000 joules à 100 mètres frappe un chevreuil de 20 kilos, celui-ci devrait se déplacer de 5 mètres (100 kilogrammes mètres divisés par 20) ! Et pourquoi cela ne se passe-t-il donc pas ? Tout simplement parce que la balle pénètre dans l’animal et que, par conséquent, elle dépense toute son énergie dans le corps de l’animal. Et c’est bien là le but recherché. On peut noter qu’en imposant un diamètre nominal d’au moins 5,58 millimètres et une énergie minimale de 980 joules, pour ce qui concerne la chasse à l’approche ou à l’affût du chevreuil, la réglementation wallone se place juste à la hauteur des performances et des caractéristiques du très célèbre calibre 222 Remington. Pour ce qui concerne la chasse du grand gibier au sens large, la réglementation wallone impose d’utiliser des balles dont le calibre nominal soit d’au moins 6,5 millimètres et que l’énergie développée soit quant à elle au moins égale à 2200 joules à 100 mètres de la bouche du canon. Toute la question est de savoir si tous les calibres dont le diamètre est au moins égal à 6,5 millimètres développent au minimum 2200 joules à 100 mètres.

Quelle consistance

Le tableau ci-dessus montre que s’il respecte le diamètre minimum requis par la réglementation, le 257 Roberts ne satisfait pas le seuil des 2200 joules à 100 mètres. Il est à noter que cette munition utilise la fameuse douille allemande de 57 millimètres de longueur que l’on retrouve dans toute la série 5,6*57, 6,5*57, 7*57 et 8*57.

En pratique, la consistance de la balle doit être adaptée au gibier tiré. Plus l’animal est résistant et plus il faut utiliser une balle dure, sinon elle va s’écraser dès les premiers centimètres et dépensera donc très peu d’énergie dans le corps de l’animal. A contrario, plus l’animal est léger et plus la balle doit avoir un bon pouvoir d’expansion. L’idéal étant que, tous animaux confondus, la balle double de diamètre entre le moment où elle entre et le moment où elle ressort de l’animal.

Pour se fixer un peu plus les idées, en France l’Association nationale des chasseurs de grand gibier conseille que, pour le cerf et le sanglier, la munition développe au moins 2500 joules à 100 mètres. On peut remarquer que ce n’est pas le cas pour toutes les munitions dont le calibre est au moins égal à 6,5 millimètres. Mais il ne s’agit là que d’un conseil ! En France, l’énergie minimale re-quise par la loi est de 1000 joules à 100 mètres. Cependant, ce sont les calibres 7 millimètres (7*64, 7*65R, 270 Winchester ou 280 Remington) ou les calibres 7,82 (30.06, 308 ou 300 Winchester) qui demeurent les plus utilisés.

Si l’énergie des munitions est intégrée depuis longtemps dans la réglementation de la chasse du grand gibier, il n’est pas moins vrai que c’est aussi la structure de la balle qui va faire l’essentiel du travail… exprimé en joules bien sûr !

 

Texte et photos Daniel Girod

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