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Au secours des faons de chevreuils!

Au secours des faons de chevreuils!

L’électronique n’est pas seulement destinée aux télémètres, aux colliers, aux pièges photos ou aux applications GPS, elle trouve désormais sa place dans des produits destinés directement à la préservation de la faune sauvage.

Repérage des faons

Certes, ce n’est pas la saison des naissances, mais il est justement temps d’anticiper et d’envisager quelques investissements en vue du printemps. En effet, chaque année, des milliers de faons de chevreuils sont inexorablement déchiquetés par les faucheuses. Blottis dans l’herbe, les nouveau-nés ne peuvent en effet fuir devant ces engins qui fauchent à des vitesses effrénées. Cependant, des solutions électroniques performantes permettent désormais de repérer les faons tapis dans l’herbe.

De façon générale, les chevrettes cherchent à mettre bas dans les prés situés en bordure de bois. Cette habitude probablement issue du réflexe atavique des femelles qui cherchent par ce geste à protéger leur progéniture des prédateurs forestiers se retourne désormais contre l’espèce chevreuil. En effet, naguère les prés étaient coupés à la faux, puis à la faucheuse à cheval et enfin à la faucheuse à peigne disposée par côtés des tracteurs. De surcroît, à cette époque les populations de chevreuils étaient peu importantes en termes d’effectifs.

En ce début de XXIe siècle, la donne a bien changé, le matériel a considérablement évolué. A l’instar des populations de chevreuils, la vitesse de fauche a été multipliée par vingt avec l’arrivée des faucheuses à disques. Les pauvres faons n’ont plus le temps de se sauver devant ce type de machines. Les nouveau-nés sont alors irrémédiablement hachés en plusieurs morceaux par ces faucheuses dont la conception a été entièrement fondée sur la notion du plus fort rendement à l’hectare fauché.

Capteurs

Les capteurs sont situés à un peu plus de cinquante centimètres les uns des autres.

 

Grâce à l’infrarouge

Particulièrement sensible à ce problème parfois aigu pour certains territoires, une société allemande a orienté sa recherche afin de développer un produit permettant de localiser les faons éventuellement couchés dans une prairie. Basé sur le principe de la détection dans l’infrarouge telles les cellules utilisées dans les maisons d’habitation pour activer l’éclairage extérieur en présence d’une personne, ce système est constitué de deux grands bras munis chacun de cinq détecteurs reliés à un boîtier électronique. La largeur totale de prairie balayée à chaque passage de l’opérateur est de l’ordre de dix mètres. Porté par un système de bretelles, l’appareil est simple à mettre en œuvre et très commode quant à son utilisation. En effet, après avoir paramétré le degré de réceptivité optimal pour les détecteurs, il suffit d’avancer à pas lents dans le pré que l’on souhaite explorer. Dès qu’un objet est détecté de par sa température différente de celle du sol, le numéro du détecteur concerné apparaît sur le boîtier qui émet en même temps un signal sonore. Il suffit alors de s’approcher pour constater l’origine de la détection. Cela peut être en effet une souche ou une taupinière qui a emmagasiné la chaleur émise par le soleil. C’est pour cette raison qu’il est conseillé de commencer dès l’aube et d’arrêter les recherches dès que le soleil réchauffe de ses rayons matinaux le pré concerné par la recherche.

Recherche

Il suffit d’avancer à pas lents tout en observant et en écoutant les réactions visuelles et sonores…

Boitier

… du boîtier électronique très bien pensé en matière de lisibilité.

 

Efficacité démontrée

Les tests pratiqués sur de multiples territoires, et notamment sur une commune de Haute-Savoie par l’équipe dynamique de l’ACCA locale, montrent que cet appareil est d’une efficacité remarquable. En effet, quelle que soit la nature du territoire, plusieurs faons ont pu être retrouvés puis relâchés hors des prés de fauche, en lieux sûrs là où leurs mères les attendaient. Il est clair qu’en étalant la saison de recherche de début mai à début voire mi-juin, un grand nombre de faons peuvent ainsi être sauvés d’une mort horrible. Pour mener à bien une séance de recherche, quatre à cinq personnes sont nécessaires. Trois au balisage et deux qui se relaient au portage de l’appareil. Pratiqué comme à l’ancienne lors des semis, le balisage permet de guider le porteur dans ses différents allers et retours. Lorsque l’équipe est bien rôdée, ce travail devient un véritable plaisir du fait de son indéniable utilité pour l’espèce chevreuil. En effet, durant les trois premières heures de la matinée, il n’est pas rare de retrouver plusieurs faons de chevreuils sur une superficie de quelques dizaines d’hectares.

Comme dans beaucoup de domaines, l’électronique et l’informatique sont entrées de plain-pied dans le monde cynégétique. Si dans certains cas, les appareils revêtent un aspect plutôt lié à l’agrément, ce produit de recherche des faons se montre vraiment très utile, voire indispensable, à la gestion de la faune sauvage.

Texte et photos Daniel Girod

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