Genève     2009

35 ans après l'interdiction de la chasse, une grande traque au lièvre

Historique ! 35 ans après l'interdiction de la chasse, des Nemrods valaisans et genevois se rejoignent pour une grande traque au lièvre à Genève !
En effet, le 14 mars 2009, sous un soleil radieux et les regards incrédules des promeneurs, quelque 90 chasseurs, encadrés par 6 gardes-faune du DNP (Domaine Nature & Paysages) se sont retrouvés pour une grande traque aux lièvres. Que les esprits chagrins se rassurent : pour cette occasion, les uns (ET MÊME les autres !) ont troqué leurs fusils pour des filets tendus en travers des champs de la région de Gy-Meinier.
But de l'opération, renouvelée pour la troisième année consécutive : capturer des lièvres en surnombre qui causent des dégâts aux cultures et les relâcher dans la région de Vionnaz-Vouvry en Bas-Valais afin de renforcer les effectifs locaux. Là-bas, le tir du Lièvre a bien sûr été interdit et les chasseurs du Vieux-Pays ont amélioré le biotope en replantant des haies avec la collaboration de la station ornithologique suisse de Sempach et en régulant les renards. (pour la petite histoire : cette surdensité de lièvres, localisée dans le secteur Arve-Lac, s'explique principalement par le très faible effectif de renards, décimés par la gale... Chacun en tirera les conclusions qui s'imposent...)
A ce propos : Yvon Crettenand, biologiste du Service Valaisan de la Chasse, nous a donné quelques nouvelles au sujet des lièvres genevois qui avaient déjà fait le trajet Genève-Vouvry les deux années précédentes : le taux de survie demeure élevé et "les lièvres genevois", relâchés dans le district franc cantonal, se sont bien adaptés à leur territoire d'accueil, semblable dans sa structure paysagère à celui des captures. Pas timides pour deux sous, ils ont rapidement noué des contacts plus qu'amicaux avec les lièvres autochtones et ont déjà engendré de la descendance. Deux individus, relâchés il y a presque 3 ans, ont même été observés encore tout récemment, identifiés grâce à leurs marques auriculaires.
Compte tenu de ce qui précède et sachant que la plupart des chasseurs présents ne verront jamais un de ces lièvres devant leurs fusils, le fait qu'ils donnent de leur temps et s'investissent dans cette opération illustre bien leur engagement désintéressé en faveur de la nature et de la faune (mais qui en doute encore ?).
En plus de nous permettre de passer un très agréable moment avec nos collègues valaisans et de déguster avec eux quelques crus du terroir genevois, cette journée à également permis aux membres du comité de la St-Hubert de Genève de nouer un contact cordial et constructif avec les gardes-faune présents. Notre fédération s'étant déjà mis par écrit à la disposition du DNP pour ces reprises et autres travaux utiles à la faune genevoise, nous osons espérer qu'à l'avenir nous serons conviés à participer à ce type d'action par le DNP et non plus par le "bouche-à-oreille"...
Cette sympathique journée s'est soldée par la vue de nombreux capucins et la capture de 7 d'entre eux (3 mâles et 4 femelles) qui, après les contrôles sanitaires d'usage, ont rejoint à la nuit tombante leurs cousins dans la plaine du Bas-Valais.
Le dicton du jour : "Mieux vaut un lièvre genevois bien vivant à Vouvry que mort nuitamment flingué du côté de Gy". On souhaite bon vent et une nombreuse progéniture à nos bossus en terre valaisanne.

Le secrétaire