PARTAGER SON ENVIRONNEMENT AVEC LA FAUNE LOCALE !

PARTAGER SON ENVIRONNEMENT AVEC LA FAUNE LOCALE !
En période hivernale, la faune a tendance à s’approcher des bâtiments occupés par les hommes, parfois pour profiter d’un couvert, mais surtout pour trouver de la nourriture facile. Ces approches nous réjouissent, elles attestent de la biodiversité, même temporaire. Mais nous devons absolument respecter les consignes visant à ne pas
« domestiquer » les oiseaux et les mammifères, afin qu’ils ne perdent pas leur caractère sauvage !

Textes et photo d’introduction d’Alain Rossier

 

Dès l’automne, la chute des feuilles, les frimas, le gel et les vents en rafales poussent les espèces sauvages, qui semblent tout à coup avoir perdu leur crainte des humains, à nous rendre visite. Lors de moments météos difficiles, celles-ci sont capables de risquer leur vie pour trouver un réconfort et leur pitance. Des observations parfois surprenantes, autant en milieux urbains que campagnards, sont des découvertes inespérées. Elles permettent de se trouver en face de certaines espèces qui ne se montrent pas aisément en temps normal. Mais cela reste dangereux à plusieurs titres, dont celui intéressant les gens qui sont à la recherche de plats originaux, voire interdits ! De tous temps, les animaux font partie de l’environnement humain et interfèrent dans les activités culturales. Parfois ils créent des perturbations majeures, mais jouent aussi un rôle important dans la protection des cultures. Des dégâts peuvent compromettre des récoltes, en cause les sangliers, les cerfs, les chevreuils, les lièvres et certains oiseaux, par exemple. À contrario, les renards et les becs crochus font la chasse aux petits rongeurs, des passereaux se nourrissent d’insectes ravageurs. En fait, tout cela donne une importance et une utilité irréfutable à la biodiversité, qu’il faut protéger pour garantir un équilibre entre prédateurs et prédatés. L’écologie moderne utilise largement cette argumentation à des fins parfois contestables, pour étayer des scénarios utopiques et freiner l’homme dans ses actions en milieux naturels ! Mais là n’est pas l’essentiel de mes réflexions !

Des oiseaux familiers
En ville, en zones urbaines ou à la campagne, oiseaux et mammifères sédentaires prennent parfois ces lieux comme résidence aux alentours proches des humains. Pour ma part, j’habite dans un quartier de villas situé dans une boucle du Rhône, après qu’il a traversé Genève. Des milieux forestiers encadrent les rives du fleuve et s’étalent sur des pentes non construites. Ces bandes végétalisées naturellement offrent un environnement intéressant pour toutes sortes d’espèces. Ce sont aussi des lieux de passage pour la grande faune qui s’y aventure parfois, avant de rebrousser chemin pour éviter les abords directs de la ville. En période de migration, on peut observer beaucoup de passages d’anatidés. Les cygnes, les cormorans, les canards colverts et autres plongeurs passent dans le ciel et vont se poser sur le Léman. Lorsque le brouillard est épais, on peut entendre le bruissement de leurs ailes dans la pénombre de la nuit tombante. Mon domicile surplombe cet endroit et le quartier s’arrête le long d’un ravin au bas duquel coule un petit ruisseau, le nant du Lignon, lorsque la pluie l’alimente un peu. Des grands chênes et d’autres feuillus forment un rideau d’arbres qui sont bienvenus pour la gent ailée. Les renards et les blaireaux ont creusé des terriers habités en permanence. Plusieurs jardins de maisons résidentielles sont plantés d’une grande futaie offrant des perchoirs aux oiseaux. Malheureusement pour les habitants de la cité érigée de l’autre côté du ruisseau, une grande colonie de corneilles noires, accompagnées de très nombreux corbeaux freux a établi son dortoir ! Soir et matin, le bal bruyant de ces oiseaux peut être parfois assourdissant. 

Prédateurs et prédatés
Toujours en recherche de nourriture, ces corvidés s’attaquent volontiers aux fruits bien mûrs, mais ils n’oublient surtout pas de crever les sacs poubelles non protégés par un container rigide ! Dès le mois de mars, les milans noirs viennent compléter les grands oiseaux du coin. C’est très beau de les observer lorsqu’ils planent au-dessus de nos maisons ou du Rhône. Des rixes ont lieu régulièrement entre les corvidés et ces rapaces qui font leurs nids souvent assez près les uns des autres. Pour compléter cette liste des becs droits, les pies construisent régulièrement leurs nids dans les feuillus de ce quartier. Dernièrement, des corneilles menaient un bal bruyant sur le trottoir d’en face et j’ai remarqué des plumes blanches qui jonchaient le sol. 

Tout de suite, j’ai pensé aux quelques poules d’une voisine. En m’approchant, j’ai constaté que la victime n’était pas un gallinacé, mais une sterne pierregarin ! C’est aussi à ce moment précis qu’un faucon pèlerin m’a survolé rapidement pendant que je dressais le constat de cet assassinat !

Il faut signaler qu’un radeau, en place depuis de nombreuses années, est mis à disposition pour la nidification des sternes pierregarain. Dans notre quartier, nous avons pu remarquer une baisse drastique des oiseaux familiers qui nichent habituellement. Seuls, les moineaux domestiques ne souffrent que très peu du pillage de leurs nids, étant presque toujours à couvert et sous les toits ! Les piafs offrent par contre des scènes drôles sur le bord des terrasses. Les bains sont toujours très animés, tout comme les rixes entre mâles qui cherchent l’exclusivité des rapports amoureux. 

Limite de territoires
Toutefois, le grand pin du jardin est souvent fréquenté par les mésanges, en particulier les bleues et les charbonnières. L’hiver, des pinsons s’y branchent parfois et profitent des graines qui tombent des agrainoirs. Le pic vert et le pic épeiche viennent explorer l’écorce du pin en recherche d’insectes. En revanche, tout au long de l’année, des pigeons ramiers viennent se brancher ou picorer je ne sais quoi dans le gazon. Certains s’aventurent jusque sur la terrasse ou dans la plate-bande de rosiers. En ce début du printemps, des scènes d’amour fou se déroulent toujours sur la même branche. Ce couple ne cache absolument pas sa tendre affection et il est certain qu’il va nicher bientôt sur un arbre voisin. Peut-être que la présence de mes trois chiens ne les rassure pas trop, alors que les moineaux ne font pas cas des épagneuls qui passent à proximité ! Parfois, l’un de ces oiseaux s’aventure jusqu’au milieu de la cuisine et inspecte la moquette sous la table en recherche de miettes laissées par les chiens ! Il arrive aussi que des vols d’étourneaux fassent une étape rapide dans le gazon, avant de reprendre leur essor et d’aller piller un cerisier ou une parcelle de vigne ! De nombreux lézards des murailles sont visibles l’été et prennent leurs quartiers sous les dalles des escaliers. A la fin de la saison, plusieurs d’entre eux se retrouvent brachioures, suite à la perte d’une partie de leur queue prise par les chiens !

Le monde animalier est à portée de vue!
Sans aménager particulièrement notre jardin, sans surfaces laissées en friches totales, sans tas de pierres, ni tas de bois mort, la petite faune est présente sans être trop envahissante ! Il suffit de respecter certains codes pour qu’elle puisse profiter de ce qui est laissé à sa disposition. A mon sens, l’existence des grands rassemblements d’oiseaux ou de mammifères à proximité de l’espace occupé par l’homme n’est pas souhaitable. Malheureusement, à cause de la sensibilité de la population urbaine, que j’appelle « hypersensibilité », les actions d’effarouchent ou de régulation ne sont presque plus entreprises. Cela pèse fort sur certaines activités et le confort du milieu que les hommes et la faune devraient partager courtoisement. Le respect des responsabilités de chacun n’est plus envisageable, dès l’instant où des parties deviennent extrémistes et imposent des règles hors de la norme. En disant que les animaux pléthoriques étaient là avant nous et que nous devons leur laisser la place, nous perdons notre identité et le rôle que nous avons à jouer pour sauvegarder un équilibre nécessaire. Dans ce domaine, que le monde moderne voudrait « cool » et toujours coloré, nous ne devons pas oublier que c’est ensemble que nous résoudrons les problèmes existentiels pour la satisfaction de tous.

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