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LES BECASSIERS SE MOBILISENT

LES BECASSIERS SE MOBILISENT
Une vingtaine de personnes étaient présentes mi-octobre lors de la soirée d’information organisée par l’ASB dans le canton de Fribourg pour l’étude statistique de la dernière saison ainsi que les prévisions pour celle à venir.

Texte de Vincent Gillioz

 

Hasard du calendrier, la séance d’informationfribourgeoise de l’ASB s’est tenue le même jour que l’envoi d’un communiqué de presse de BirdLife Suisse, fustigeant la chasse à la bécasse. Menée par Pascal Pittet, responsable romand de l’ASB, cette séance a été l’occasion pour les passionnés de se retrouver de manière conviviale au chalet des Troncs de la section du Gibloux à Sorens dans le canton de Fribourg.

Informer avant tout

Pascal Pittet a passé une bonne partie de la séance à dispenser des informations sur la bécasse des bois et sa chasse. Il a d’abord relevé le pourcentage d’annonces de prélèvements dans les différents cantons où la bécasse est chassée, avec un taux de 97 % à Fribourg, et de 58 % en Romandie. En guise d’exemple, il a décortiqué les chiffres du canton de Fribourg, où il chasse lui-même la bécasse, et relevé que 570 heures ont été passées sur le terrain par les chasseurs, 477 bécasses ont été levées, et 75 ont été prélevées. Sur ce nombre, 11 % ont été prélevées au-dessus de 1000 m, 56 % entre 700 et 1000 m et 33 % au-dessous de 700 m. Le pic des levées a été constaté lors de la première décade de novembre.

En Romandie, en moyenne, chaque chasseur passe sept heures sur le terrain pour réaliser un prélèvement.

Facteurs météo

Pascal Pittet a encore décrypté les conditions météorologiques des différentes zones de nidification de la bécasse des bois. Il a fait l’observation que la zone russe, la principale en ce qui concerne le flux centre oriental, a bénéficié d’une humidité des sols satisfaisante durant toute la période critique des mois de mai et juin, démontrant que cette zone ne semble pas avoir été affectée par des conditions extrêmes. La reproduction s’y est donc déroulée dans des conditions relativement normales.

Pour ce qui concerne la zone frontière, qui va de l’est de la Baltique à la mer Noire, il est apparu que même si le mois de mai a été un peu plus froid que la normale, le mois de juin durant lequel se déroulent les éclosions et l’élevage des poussins a affiché des températures plutôt favorables. Concernant l’humidité des sols, on a relevé des conditions inhabituelles avec un déficit de pluviométrie dans la partie nord. Le reste de la zone frontière (centre et sud) n’a pas été affecté de façon homogène et intense par cet épisode de sécheresse, laissant supposer des conditions météorologiques proches de la normale pour cette période critique. Ainsi, pour la majeure partie de la zone frontière, aucune donnée météorologique n’attire véritablement l’attention quant à un risque de reproduction dégradée.

Finalement, la zone polonaise, plus proche de nous, il semble que malgré un début de période un peu plus froid que la normale, l’ensemble des indicateurs météo restent favorables et laissent espérer une reproduction proche de la normale.

Rester actifs

L’importance de promouvoir la chasse à la bécasse des bois, et les attaques incessantes dont elle fait l’objet, ont encore été au cœur de cette soirée. Pascal Pittet a appelé les bécassiers à être actifs pour défendre leur passion, à travers les fédérations, dans le cadre de la formation continue… Il a surtout invité tous les adeptes de cette chasse à jouer le jeu de la communication, et d’être pro-actif avec les outils proposés par l’ASB visant à recenser un maximum d’informations sur l’oiseau. Il a encore appelé les membres des fédérations et de l’ASB à penser à la relève, en impliquant la jeune génération au milieu associatif, afin de garantir la pérennité de cette chasse, grâce à l’engagement des adeptes.

Attaques sournoises

Le communiqué envoyé aux médias par BirdLife Suisse le jour de la rencontre a finalement été évoqué. Le communiqué largement relayé par la presse demande « un moratoire sur la chasse à la bécasse, avançant que 14,3 à 32,7 % des bécasses tuées seraient des oiseaux indigènes, et qu’il convient d’interdire la chasse de loisirs de cet oiseau.»

L’ASB et Diana Romande ont répondu quelques jours plus tard, par voie de communiqué démontrant que la demande était inappropriée au vu du récent Rapport final sur le Projet national sur la bécasse des bois, récemment publié par l’OFEV. Le rapport démontre en effet qu’une chasse durable et mesurée est possible sans impacter le développement de l’oiseau dans notre pays. Les chiffres avancés par Birdlife ne sont pas validés par les milieux scientifiques. Ils relèvent de la pure spéculation. Ils sont repris de l’étude isotopique non aboutie réalisée sur un millier de plumes-échantillons fournis par les chasseurs. Le rapport cite « l’incertitude quant à la part effective de bécasses indigènes prélevées par la chasse en Suisse ». L’estimation de 32,7 % est en plus tendancieuse car elle concerne les oiseaux en provenance d’Europe centrale au-dessous d’une latitude allant de la Fennoscandie à l’Oural dont la Suisse ne représente qu’une infime proportion. L’estimation est également contradictoire avec un autre élément du même rapport qui révèle que « sur 100 bécasses indigènes identifiées durant l’étude, 14 ont été prélevées par la chasse dont uniquement 2 sur sol helvétique soit 2 %, contre 5 en Franche-Comté voisine, 2 dans le reste de la France, 4 en Espagne et 1 au Portugal.»

L’action de BirdLife a bien sûr été déplorée, dans la mesure où elle relève de l’acharnement contre une chasse confidentielle qui ne prélève que quelques centaines d’oiseaux en Romandie, nombre insignifiant en comparaison aux tirs réalisés dans le reste de l’Europe. 

En conclusion, Pascal Pittet a sollicité l’implication de tous les bécassiers fribourgeois pour réaliser les objectifs fixés pour la nouvelle saison. Il a également insisté sur l’importance pour cette chasse de la valeur ajoutée que représente la récolte précise des informations du terrain. Enfin, il recommande à chacun d’agir en amont des décisions, chaque fois que cela est possible, en diffusant un maximum d’informations, notamment les résultats du rapport sur le projet national, ainsi que l’étude menée par Wildtier Schweiz sur la chasse au petit gibier en Suisse.

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