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Les cent jours d’Anton

Les cent jours d’Anton

LE FRIBOURGEOIS ANTON MERKLE, ÉLU FIN JUIN À LA TÊTE DE CHASSESUISSE, TIRE UN PREMIER BILAN DE SON MANDAT DANS UN CONTEXTE POLITIQUE MOUVEMENTÉ.

Voilà un peu plus de trois mois que vous avez été élu à la tête de ChasseSuisse, quel est votre premier bilan ?

Il est très positif, je me sens vraiment à l’aise dans cette fonction. J’ai pas mal de choses à apprendre, et j’ai dû me mettre au fait des dossiers préalablement négociés. Mais j’ai été vraiment bien aidé par Hanspeter Egli, mon prédécesseur et David Clavadetscher, le directeur.

Nous avons fait notre première séance le 22 août, ça a été l’occasion de faire connaissance et de déterminer les tâches de chaque membre du comité, ainsi que certains budgets. Nous allons nous revoir en novembre, ce sera le moment de mettre en place notre stratégie pour les trois prochaines années, et de déterminer notre base de travail.

Est-ce que votre nouvelle responsabilité correspond à vos attentes ?

Absolument, comme je l’ai dit, je suis ravi. J’ai été présenté à la commission chasse du Parlement fédéral à Berne, et j’ai rencontré de nombreux politiciens. C’était un exercice important, et j’ai été abondamment questionné. Ça m’a permis d’apporter de nombreuses précisions sur la chasse et aussi de faire la connaissance des parlementaires. J’ai également été à la rencontre de plusieurs cantons, notamment Soleure, Glaris, Argovie. J’ai reçu un excellent accueil, et ça fait vraiment plaisir. J’ai aussi rencontré les responsables de la Station ornithologique de Sempach, pour discuter de la munition sans plomb, c’était très intéressant.

La seule difficulté que je rencontre, est celle de la gestion de mon emploi du temps. Mon travail de médecin à 100 % est très prenant, et je dois également donner beaucoup de temps pour ChasseSuisse. Comme j’arrive à l’âge de la retraite, mon objectif est de dégager de plus en plus de disponibilité pour ChasseSuisse, mais je dois encore m’organiser pour ça.

La révision partielle de la Loi sur la chasse vient d’être adoptée, et elle est déjà combattue par référendum. Quels sont les enjeux actuels de la situation ?

Tout d’abord, nous pouvons être très satisfaits de cette révision. Nous aurions souhaité que le lynx puisse également être régulé dans une certaine mesure, mais il faut plutôt voir ce que nous avons gagné, et c’est globalement très positif pour la chasse.

Au niveau des enjeux, le référendum va certainement aboutir, et il faut nous préparer à une votation populaire le 20 novembre 2020. Le résultat sera à majorité simple du peuple. Ça tombe en pleine période de chasse et malheureusement, nous devrons nous consacrer plus à la campagne qu’à notre passion, c’est regrettable, mais nous devrons vivre avec. Ceci dit, nous nous préparons depuis le mois d’août à cette situation. Nous sommes en relation avec plusieurs parlementaires, le Conseil des régions de montagne, les paysans de montagne, les éleveurs… La prochaine étape va être la récolte de fonds. Nous devons être prêts à entrer en campagne dès l’aboutissement du référendum, et il faut trouver 2,5 millions. Les chasseurs vont devoir mettre la main à la poche. Nous allons faire un crowdfunding, et solliciter tous ceux qui sont concernés. Ce qui va être fondamental dans notre communication, c’est d’enlever les mots loup et moutons, qui suscitent trop d’émotions. Si nous faisons campagne uniquement sur la question de la régulation du grand prédateur, nous risquons de perdre. Il faut faire comprendre aux votants que cette révision partielle représente un progrès par rapport à la situation actuelle, et que plus d’autonomie cantonale est une bonne chose. La loi ne vise en aucun cas l’éradication d’une quelconque espèce. Elle va améliorer la cohabitation entre l’homme et certains animaux qui peut être problématique. Nous devons créer des alliances avec les partis. Il est fondamental que l’UDC, le PDC, le PLR et le PBD nous supportent. Nous devons également mettre les forestiers de notre côté, ce qui n’est pas le cas pour l’instant.

Je pense que nous pouvons faire une bonne campagne et gagner ce défi, mais tous les chasseurs du pays vont devoir s’investir.

Finalement, y a-t-il d’autres dossiers importants en cours pour ChasseSuisse ?

Au-delà du fonctionnement courant de notre groupement, nous allons concentrer toutes nos ressources sur cette campagne. Le dossier est suffisamment important, pour que nous ne dispersions pas nos forces.

 

Propos recueillis par Vincent Gillioz |  Photo Luc Pittet

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