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Le retour du chat sauvage

Le retour du chat sauvage

En avril 1975, le gardiennage vaudois observait un chat forestier (Felis sylvestris), une espèce qui n’avait plus été signalée dans le canton depuis les années 1960.

Texte de Bernard Reymond

 

Il y a une cinquantaine d’années, le gardiennage permanent découvrait une méthode novatrice pour le suivi de la faune et le recensement du gibier. Depuis un véhicule, un ou deux observateurs balaient la campagne à l’aide d’un phare puissant et repèrent les animaux au gagnage ou en déplacement. Certains braconniers maîtrisaient déjà parfaitement cette technique, qu’ils utilisaient avec une redoutable efficacité. Elle permet d’observer aussi bien le plus discret des mustélidés que le grand cerf.

Certaines conditions météorologiques favorisent particulièrement ces observations. Au printemps, lors du « verdillon », quand la jeune herbe apparaît après les rigueurs de l’hiver, les ongulés fréquentent abondamment les pâturages. C’est à cette période que sont réalisés les comptages I.K.A. (indices kilométriques d’abondance), toujours sur les mêmes parcours, permettant de suivre l’évolution des populations et d’établir les plans de tir.

Une rencontre inattendue 

Le hasard réserve parfois de belles surprises. Certaines espèces rares, presque impossibles à observer de jour ou à l’affût, se révèlent alors dans le faisceau du phare.

Ce fut le cas le 13 avril 1975, dans la région de Juriens. Accompagné d’un garde auxiliaire, j’observais plusieurs renards occupés à chasser les campagnols lorsqu’un autre carnivore apparut dans un étrouble. Son regard, différent de celui des renards, attira immédiatement notre attention. Lui aussi prospectait à la recherche de petits rongeurs. Après un examen attentif aux jumelles, le doute n’était plus permis : il s’agissait bien d’un chat forestier. Une observation inoubliable.

Le véritable chat sauvage

Robert Hainard résumait admirablement le caractère de ce félin lorsqu’il évoquait chez lui « une indicible expression de férocité et de défi ». Le qualificatif de « sauvage » lui convient parfaitement. Il n’a guère de points communs avec le paisible compagnon qui partage aujourd’hui nos foyers.

Le chat domestique descend du chat ganté africain, introduit en Europe il y a plusieurs millénaires. Le chat forestier, lui, est un habitant originel de nos forêts. Jamais il n’a accepté de devenir le commensal de l’homme.

 

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