4 questions à Cédric Bourdin
Président du Groupe Romandie-Oberwallis du chien courant (GROWCC) depuis quatre ans, Cédric Bourdin défend avec passion les races suisses, dont le déclin est préoccupant.
Propos recueillis par Vincent Gillioz
Âgé de 54 ans, domicilié à Euseigne (VS) et artisan dans le bâtiment, Cédric Bourdin a 28 permis de chasse. Il a acquis ses premiers courants dès sa deuxième année de chasse, et a eu huit chiens au cours de sa carrière. Aujourd’hui, il possède un lucernois et deux Bruno du Jura avec lesquels il chasse, mais pratique aussi le mantrailing (pistage à l’odeur exacte d’une personne). Selon lui, la survie du courant suisse est étroitement liée à l’évolution des réglementations de la chasse dans les différents cantons.
Quelles sont les principales qualités des courants suisses ?
Le chien courant suisse fait ses preuves pour la chasse en montagne depuis plus d’un millénaire. Historiquement, ce sont les Romains qui les ont amenés depuis l’Égypte. C’est un chien qui a toujours eu des capacités très intéressantes pour chasser le lièvre, et c’est pour cela qu’il est arrivé chez nous. Il est très adapté à la chasse en montagne, de par sa hauteur au garrot. Les bassets, par exemple, ont été développés pour les terrains plus plats. Ils sont plus bas et vont moins vite.
Par contre, les courants suisses sont, contrairement à ce qu’on peut penser, plus adaptés à des climats chauds que froids. En hiver, il faut avoir des infrastructures adaptées (chenil chauffé), ou les garder dans les logements. Je pense qu’une bonne moitié de nos membres gardent leur chien avec eux l’hiver. Les mentalités ont aussi changé. Avant, on pensait que les chiens de chasse ne devaient pas avoir trop d’inter-
actions sociales, et devaient rester dehors au chenil. Aujourd’hui, l’approche est différente. Les courants suisses sont de supers chiens de compagnie, et ils restent d’excellents chasseurs même s’ils vivent avec leurs maîtres dans les maisons ou appartements. Ils sont vraiment polyvalents.
Peux-tu nous expliquer comment est structuré le monde associatif autour du courant suisse ?
Nous sommes six groupements en Suisse, et dépendons du Club suisse du chien courant (CCC). Le GROWCC compte Genève, la partie francophone de Fribourg, Vaud et l’ensemble du Valais. Neuchâtel, le Jura et le Jura bernois ont le groupe Nord-Ouest. Il y a encore un groupe tessinois, un groupe Grisons, un groupe Suisse centrale et finalement Mittelland.
Nous poursuivons tous les mêmes objectifs que ceux du CCC, qui sont, dans les grandes lignes, la défense et la promotion de nos races : courant bernois, Bruno du Jura, courant lucernois et courant schwytzois. Les concours et expositions, l’encouragement à l’élevage, ou encore la communication sont nos principales activités.
Dans les faits, et bien que nous représentions quatre cantons, le GROWCC compte 80 % de Valaisans, dont une majorité de Romands. Nous sommes les seuls à afficher une augmentation de nos membres, puisque nous sommes passés de 89 membres à plus de 148 en quelques années. C’est plutôt réjouissant, malgré le déclin de ces races en Suisse. Notre mission, c’est la défense de nos races.
En parallèle, il y a aussi le Groupement valaisan de la chasse au chien courant (GVCC) qui, lui, défend, comme son nom l’indique, la chasse aux chiens courants. Nous avons évidemment beaucoup de synergies et collaborons régulièrement.
Nous organisons, en alternance avec les autres groupements, soit tous les six ans, l’exposition nationale du chien courant. Nous avions géré celle de Martigny en 2022, et la prochaine sera en 2028. Cela correspondra aux 125 ans du CCC.
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