Les photographes animaliers aussi se piquent d’éthique
Des chasseurs d’images neuchâtelois lancent leur propre association pour remettre l’éthique au cœur de leurs objectifs. Dans une visée pédagogique et préventive, qui met dans le mille.
Texte Giovanni Sammali et photos de Bernard Boule
Les dérapages en matière de photographies animalières font froid dans le dos : grenouilles congelées, voire attachées, pour qu’elles ne bougent plus, mises en scène avec des animaux morts et, pis encore, le coup de l’aquarium avec poissons juste sous le fil de l’eau, dans lequel plongent – et se fracassent – des martins-pêcheurs… Pour éviter de voir des photos issues de telles manipulations atterrir sur leur page Facebook aux 500 membres, Bernard Boule et une vingtaine de Neuchâtelois lancent l’association Wildlife Photography pour respecter l’éthique. La visée pédagogique est sincère, le coup de pub pas moins magistral : tous les médias romands en ont parlé. Pourtant, la question de l’éthique autour de l’engouement pour les photos d’animaux n’a rien de nouveau.
Former les nouveaux
Les tromperies évoquées ci-dessus ont déjà défrayé la chronique de festivals et concours. Plusieurs chartes existent et Neuchâtel comptait déjà l’association Chasseurs sans fusil. Alors pourquoi une nouvelle démarche ? Bernard Boule donne une réponse claire… et nette : « Au vu du nombre de membres de notre page Facebook, on s’est dit qu’il y avait de quoi mener de belles actions préventives, pour former les gens qui se lancent et pour éviter de devoir chasser des clichés non éthiques de notre page. La médiatisation de notre action prouve à quel point ce souci reste d’actualité », souligne le président de la nouvelle association.
Car, oui, il lui a déjà fallu supprimer des photos, « comme celle de renardeaux devant leur tanière, où on distinguait une cuisse de poulet ».
Chasse ou chasse photo, même éthique
Bernard Boule s’est mis à la photo animalière à l’heure de la retraite, il y a quatre ans. Sa passion de la nature est venue avec l’âge : « On apprend à observer ce qui nous entoure et à apprécier. » Visiter son site internet démontre sa passion, doublée d’un talent dont il a longtemps douté. « Je ne suis jamais content de moi. Mais en regardant les images de photographes confirmés au Festival Nature à Neuchâtel, j’ai trouvé que je me débrouillais au fond pas si mal. Ma première expo au festival Regards Croisés a été le déclic », sourit cet ancien formateur en salle blanche.
Le souci de l’éthique est partagé avec les chasseurs, dont la formation comporte un chapitre spécifique sur ces questions. Ce n’est pas le seul point commun avec les photographes animaliers. « Il y a un parallèle aussi dans l’observation, la connaissance et la recherche des animaux, ainsi que dans l’affût », note Bernard Boule. « Mais on ne pratique pas la traque ni la repasse (imiter le cri des animaux pour les attirer). »
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