Progresser sur un simulateur de tir
Ouvert depuis 2024, le CinémaTir – simulateur de tir à Fribourg – a déjà accueilli des centaines de chasseurs qui profitent de cette installation high-tech pour améliorer leur technique sur tous types de gibier. Diana, chasse et nature a tenté l’expérience. Les résultats sont bluffants.
Texte et photo de Vincent Gillioz
Albert Bossy et David Aïoutz, deux des cinq partenaires du CinémaTir, m’accueillent en semaine au Forum Fribourg, où ils ont lancé leur simulateur de tir en 2024. On se retrouve au « Chalet », espace convivial aménagé conformément à son nom, en bois, au cœur de ce qui est devenu un centre de loisirs. « Le chalet existait avant notre arrivée, m’explique David Aïoutz. Nous avons passé un accord avec le Forum, qui continue à l’utiliser pour certains événements. Nous l’avons toutefois aménagé pour nos besoins, notamment avec un espace restauration, dont nous disposons durant nos horaires d’ouverture. Nous gardons un partenariat avec les gestionnaires du bâtiment pour avoir des tables et des chaises en fonction de la demande. On peut recevoir jusqu’à cinquante personnes pour la raclette. »
Deux ans pour concrétiser une idée
Albert Bossy, à l’origine du projet, me rappelle brièvement l’historique de l’aventure : « J’ai découvert le CinémaTir dans une revue de chasse française, en 2022. Je me suis renseigné, j’ai fait des recherches, et je me suis emballé pour cette technologie. J’en ai parlé à mes collègues de chasse, et nous avons élaboré un projet ensemble. » L’associé évoque la recherche de locaux, le laborieux parcours administratif, ainsi que celui du financement. « Nous devons avoir une patente de cafetier pour la partie restauration, mais surtout une licence d’armurerie, car nous avons une arme factice à demeure. Frédéric Dillier, de l’armurerie Freesport, a rejoint le pool d’associés dans cette perspective. Nous avons dû fonder une SA, ce qui donne une idée du niveau d’investissement », poursuit Albert Bossy.
Il a fallu presque deux ans au groupe de chasseurs pour aller au bout de leur idée, mais ils s’en félicitent aujourd’hui. « La fréquentation dépasse nos projections, souligne David Aïoutz. Il ne s’agit pas de s’enrichir avec ce business, mais de couvrir nos frais et de payer raisonnablement les heures passées sur place. Nous nous sommes donné trois ans pour que ça fonctionne. À ce stade, tout indique que le projet est viable. »
Immersion totale
Après cet aperçu, il est temps de me prêter à l’exercice. J’entre dans la salle dédiée au tir, qui m’apparaît bien plus petite que je ne l’imaginais. On se trouve en fait à moins de trois mètres de l’écran. « C’est différent du cinétir, l’installation qui permet de tirer à balle réelle dans les stands, précise David Aïoutz. Ici, l’écran fait quatre mètres de haut et six mètres de large : on est complètement immergé quand on est tout près. » Et de poursuivre : « La hauteur est importante, notamment pour la chasse au canard – on a vraiment l’impression d’avoir le ciel au-dessus de soi. Cette contrainte de hauteur a d’ailleurs compliqué notre recherche de locaux. »
Nous démarrons la session avec un tir d’étalonnage. Je vise une cible, on paramètre l’ensemble avec le calibre et la munition de mon choix, puis je tire trois coups, toujours pour le réglage. « Tu es un peu à droite », relève Albert Bossy, qui rééquilibre le décalage. Le système enregistre les paramètres de la carabine et reconnaît le bruit de la culasse, ce qui m’oblige à recharger entre chaque coup.
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