Pour l’amour du breton
Éleveur amateur d’épagneuls bretons, grand adepte de concours de chien d’arrêt et chasseur jurassien, Michel Buchwalder est un passionné communicatif intarissable lorsqu’il faut parler de bécasse et de chiens d’arrêt.
Propos recueillis par Vincent Gillioz
Chez Michel Buchwalder, tout commence par les yeux qui s’allument. Il suffit de prononcer les mots « chien d’arrêt » ou « épagneul breton » pour que le maréchal-ferrant jurassien change de registre. L’homme, pourtant habitué à manier le fer et le marteau depuis près de quarante ans, retrouve alors l’enthousiasme du gamin qui a « attrapé la fièvre » de la chasse à douze ou treize ans, lors d’une sortie avec un ami de la famille.
Une histoire de famille, entre chevaux et chiens
Né en 1965 dans la région de Courroux, Michel Buchwalder est installé depuis trente ans à Rebeuvelier, dans le Jura. Il vient d’une lignée d’éleveurs et de cavaliers : ses ancêtres, comme son père, ont toujours été dans les chevaux. Lui-même a longtemps monté, une quinzaine d’années durant, participant à des concours hippiques. Apprenti maréchal-ferrant dès 15-16 ans, il obtient son CFC puis part se perfectionner trois ans en Suisse alémanique, avant de s’installer à son compte. Aujourd’hui encore, il ferre des chevaux au quotidien.
C’est la rencontre avec sa femme Claudine, elle aussi passionnée de chasse, qui rebat les cartes. « Je vois assez de chevaux pour mon travail. J’ai la chance de partager la même passion avec ma femme, alors on en profite », résume-t-il. Le cheval passe au second plan ; les chiens, eux, n’ont jamais quitté sa vie. « On avait un basset artésien normand, c’était le premier courant, avant même de chasser. Pas rapide, mais endurant », se souvient-il.
Du sang au poil, une école exigeante
Obtenu à 19 ans, son permis de chasse lui ouvre les portes du terrain dès ses 20 ans. Dans le Jura, la tradition veut qu’on chasse au chien courant suisse. Bernois et lucernois occupent alors son chenil, mais aussi springer ou braque de Weimar. Michel a d’ailleurs eu plusieurs Weimar formés pour les épreuves d’élevage en Allemagne. Devenu garde-faune auxiliaire en 1991, il s’occupe de la recherche au sang pour les animaux sauvages blessés lors d’accidents de la route. « Si on n’a pas un chien performant, on ne les retrouve jamais. J’étais très axé là-dessus », explique-t-il.
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