À la bécasse avec José Carrillo
Amateur de petit gibier, mais surtout passionné de chiens d’arrêt, José Carrillo élève et forme des braques du Bourbonnais depuis six ans. Récit d’une matinée passée à ses côtés dans les forêts fribourgeoises.
Texte et photos de Vincent Gillioz, © josecarrillo
Le principal défi de la chasse à la bécasse consiste à deviner où l’oiseau se tient, selon la météo et la migration. « Hier, je suis monté à 700 m d’altitude : pas un oiseau », m’annonce José via WhatsApp. « Retrouvons-nous près de Payerne, on devrait en voir quelques-unes. » Le rendez-vous est fixé grâce à un point GPS envoyé dans la foulée.
La météo est clémente, malgré quelques bancs de brouillard qui se dissipent au fil de la matinée. José me présente ses deux auxiliaires : Sia des Fins Nez du Meygal et Dion’s Xcalibur, alias Ruby.
« J’ai découvert le braque du Bourbonnais en 2016, lors de mon permis à Fribourg, raconte-t-il. Avant, je chassais surtout en France et j’accompagnais mon père à la perdrix en Andalousie, notre région d’origine. Je ne savais même pas qu’on pouvait chasser la bécasse ici. Comme j’ai toujours aimé la chasse à la plume, je me suis lancé dans le chien d’arrêt. »
Ruby, son premier chien, vient d’Estonie. Sia, la plus jeune, est française. José mène un petit élevage, sans visée lucrative. « C’est une race presque confidentielle : à peine 110 naissances dans le monde chaque année. On reproduit peu, mais on vise la qualité. Je privilégie le travail, les expositions n’étant pas ma tasse de thé. Peut-être qu’un jour, je changerai de race, mais pour l’instant, je reste fidèle à ce chien que j’adore. »
Les colliers s’activent, les clochettes tintent. Nous pénétrons dans le bois à la recherche de la mordorée, avec l’espoir d’un éventuel prélèvement.
En quête
Les chiens, surexcités, partent en quête sous les ordres de José, qui les guide à la voix et à la gestuelle. Il décrit avec précision les biotopes favorables : « La bécasse se nourrit la nuit en lisière, dans les prés, puis se remise en forêt la journée dans les zones les plus propices. Il n’y a pas de règle stricte, mais la végétation, l’humidité et la proximité de bons secteurs de sondage te donnent des indices. Il faut des terrains où elle peut atterrir facilement, mais qui restent aussi assez “sales”, bien couverts. »
Il inspecte un miroir, une fiente déposée sur des feuilles mortes. « Typique, dit-il en montrant la matière blanche. C’est comme un œuf au plat. Quand tu touches, c’est granuleux. » Mais l’indice semble ancien ; nous poursuivons, guidés par le son des clochettes.
En marchant, José raconte sa passion pour les concours de travail. « On m’a encouragé à présenter Ruby : il avait un potentiel énorme. Il a tout de suite su montrer ses capacités en concours en atteignant rapidement les premières places. Ensuite, je me suis pris au jeu. Quand un chien classe, tu as envie de continuer. Ruby est aujourd’hui l’un des seuls braques du Bourbonnais classé à l’international. Ça demande du temps, de l’investissement et des déplacements, surtout à l’étranger. Mais j’aime les défis et découvrir d’autres territoires et disciplines. »
Pour certains concours, il confie même ses chiens à d’autres conducteurs, étant lui-même juge de travail, « pour qu’ils tournent au maximum et acquièrent de l’expérience ». Sa compagne étant également chasseuse, ils passent souvent leurs week-ends sur les terrains.
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