Bientôt des cerfs à 240 points ?

Bientôt des cerfs à 240 points ?

Un chasseur vaudois a prélevé un cerf au trophée hors normes l’an dernier. Évalué à 200 points CIC, celui-ci aurait pu en afficher 240 s’il n’avait pas eu un accident lors de la croissance de ses bois.

Texte de Vincent Gillioz et photo Albert Salamin

 

Albert Salamin, président de la commission intercantonale des trophées, n’en revient pas. Ce trophée, présenté lors de l’évaluation romande à Provence début février dernier, est simplement énorme. La croissance de son bois droit, avec un andouiller de massacre de 90 cm, est en plus complètement inédite.

« Ce cerf a dû avoir un accident, probablement dans une clôture, à un moment clé de la croissance de ses bois, explique-t-il. On ne saura jamais ce qui s’est passé, mais ce qui est sûr, c’est que le moment de l’événement a été déterminant pour générer une pousse aussi singulière. Toute la force de la pousse est allée vers l’andouiller de massacre. Je pense que si l’accident était arrivé quelques jours plus tard, le développement du trophée aurait été complètement différent. »

Hormis cette anomalie de croissance, il s’agit d’un animal d’exception, proche ou égal aux records que l’on observe en Europe occidentale. « En l’état, le massacre fait presque dix kilos, et Miro, le plus grand cerf prélevé en Suisse, en fait 10,3, relève encore Albert Salamin. Nous l’avons évalué à 200 points tel qu’il est. Sans son anomalie de pousse, il aurait probablement atteint les 240 points. Pour se rendre compte de l’exception, il faut savoir que la plupart des massacres de cerfs font autour de sept kilos. »

Albert Salamin estime le bois gauche seul à près de sept kilos, ce qui signifie que le massacre du même cerf, sans son anomalie, pourrait approcher les quinze kilos. Il estime encore l’âge du cerf à une douzaine d’années. « Il devait être dans sa dixième ou onzième tête. Mais pour déterminer précisément l’âge, il faut faire appel à un expert qui se base sur les dents. Cela reste une approximation. »

L’animal, prélevé à la mi-novembre dans le Jura nord-vaudois, ne présentait par contre pas un poids exceptionnel. « Il faisait 138 kilos vidé, relève Luigy Fogola, le chasseur qui a eu l’opportunité de tirer l’animal. Le rut était passé. En septembre, il devait être beaucoup plus gros. »

 

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