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TRUITES  D’ALTITUDE !

TRUITES  D’ALTITUDE !
La traque de la truite d’altitude nécessite une bonne condition physique pour atteindre des plans d’eau situé à plus de 2000 mètres, ainsi qu’un bon sens tactique pour faire de bonnes approches. Retour d’expérience d’un séjour insolite en autonomie totale dans les Hautes-Pyrénées.

Tous les pêcheurs de truite le savent : les lacs d’altitude restent un des derniers petits paradis de proximité à explorer. Encore faut-il bien les aborder et, dans un premier temps, les atteindre. Mon terrain de jeu sera les Hautes-Pyrénées et ses lacs d’altitude, Aratilles, du Pourtet, Nère, Opale, Cambalès… Tout à pied, en autonomie totale, en bivouac et en emportant tous les accessoires indispensables pour atteindre mon objectif : abri, duvet, nourriture, réchaud, vêtements chauds, lunettes polarisantes, casquette, tour de cou, canne, moulinet, leurres et petits matériels (voir encadré). 

Environnement spécifique

Si l’eau est notre terrain de jeu, elle est aussi indispensable tous les jours pour nos organismes. Aussi, ne pas oublier de prendre des pastilles spécifiques (type Micropur) pour la désinfection et la conservation d’eau potable issue des ruisseaux et des lacs. Bâtons de marche en mains, sac sur le dos avec la canne glissée dans un tube de protection, bien penser à prendre des chaussures de randonnée tige haute pour se protéger les chevilles dans les pierriers, et étanches pour traverser les petits cours d’eau et aller chercher une truite sans avoir à l’échouer sur le rivage. Bien anticiper les parcours et les temps de trajet est indispensable, tout en sachant que la météo reste rapidement très changeante en montagne. Aussi, prendre la météo à plusieurs jours est indispensable. Penser bien que vous n’aurez plus de réseau et qu’il vous faudra être constamment vigilant quant aux changements de temps, aux variations de températures et, surtout, aux orages. Vivre un orage est une expérience… Pas de pêche dans de telles conditions et pas de canne carbone pointée vers le ciel… Quitter votre tente, regrouper vos indispensables dans votre sac à dos, asseyez-vous dessus dans un endroit totalement dégagé, bien évidemment pas sous un arbre, enfilez votre poncho et couvrez-vous, votre sac et… attendez. On ne rigole pas avec la météo, les montagnards le savent tous.

Côté pêche?

Il faut savoir que les salmonidés sont assez bien représentés dans les lacs d’altitude et bien moins sollicités que dans les plaines. La pression de pêche, plus vous montez et plus vous vous éloignez des sentiers battus, est d’autant moindre. Maintenant, cela ne veut pas dire que la pêche y est facile pour autant. A l’image de toutes les pêches, l’approche et la discrétion sont primordiales, d’autant que les vibrations dues aux sols rocheux et les eaux translucides ne facilitent rien. Pensez bien que les truites ont tendance à quitter les grands fonds – ces grandes zones bleu marine – pour se rapprocher des bords dans un but défini : s’alimenter. Elles y trouvent des bancs de vairons peureux et des insectes qui tombent des rivages et des rochers… Autant dire que lorsqu’elles s’approchent des bords, elles sont dans une phase d’activité et d’attaque, soit une véritable aubaine pour nous pêcheurs. Il est possible de faire une dizaine de truites en une heure, soit en pleine phase de période alimentaire et ensuite… plus rien. Donc, pensez à aborder et à pêcher en premier lieu les bords, avec discrétion et minutie. Pensez à pêcher en priorité les endroits où vous allez vous déplacer le long des berges. Nul doute qu’à un moment, vous aurez la vision d’une truite s’échappant lors d’une approche un peu trop virile… autant éviter ce désagréable moment. Aussi, prospectez en éventail votre spot, du bord vers le large. Ensuite, prospectez les zones lointaines et très attentivement les abords des structures immergées. 

Sens tactique 

Souvent, les truites se placent dans l’ombre d’un rocher, d’une cassure et peuvent sortir avec puissance attaquer votre leurre. Et si vous pouvez, en vous déplaçant, longer une cassure avec votre leurre, faites-le. Les vairons aiment se déplacer dans les parties hautes des cassures et il n’est pas rare d’avoir des truites en embuscade juste au-dessous. Si vous ne pouvez pas la longer et vous vous trouvez dans l’obligation de traverser la cassure avec votre leurre, pensez à marquer des temps de pause, surtout avec des petits leurres à bavette de type suspending. Un arrêt bien dosé peut déclencher et faire monter une truite. Quand il s’agit de « pêcher l’eau » comme on dit (ndlr, power fishing), pensez que les lacs d’altitude peuvent être profonds, très profonds. Aussi, pensez à bien faire descendre votre leurre dans la couche d’eau et marquer des temps de pause avec un leurre qui virevolte comme une feuille morte avant d’atteindre le fond. Pensez également à varier les grammages et les coloris en fonction de la hauteur d’eau et de la lumière.

Aussi les ruisseaux

Qui dit lacs d’altitude, dit aussi ruisseaux en plaine… Aussi, en montant, n’oubliez pas de vous faire plaisir en pêchant les ruisseaux que vous croiserez. De nombreuses truitelles y sont présentes et c’est un véritable bonheur que de venir les débusquer en pêchant aval et amont. Privilégiez des petits leurres un peu denses et des récupérations canne haute. Descendez cette dernière dans les trous d’eau ou derrière les grosses roches de manière à faire plonger le leurre et apprenez à gérer les courants. Des terrains de jeu tout autant magiques !

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