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Quand les femmes chassent

Quand les femmes chassent

Avec Les chasseresses, Christelle Jornod et Amélie Bargetzi proposent un documentaire en immersion avec quatre adeptes valaisannes, sur le terrain mais également dans leur vie privée et professionnelle. Le film explore comment ces femmes s’intègrent dans un monde majoritairement masculin. Les deux réalisatrices ont répondu aux questions de Diana, chasse et nature, à quelques jours de la sortie du film en salles.

Propos recueillis par Vincent Gillioz

 

Pouvez-vous nous raconter comment l’idée de ce film est née ?

Amélie : Nous avons beaucoup collaboré et dialogué durant notre bachelor, mais aussi après. Nous avons toujours eu des intérêts similaires dans nos pratiques artistiques respectives. Les questions liées au genre, ainsi qu’à l’exploitation du paysage et/ou des animaux, font notamment partie des sujets que nous aimons explorer. Ces éléments nous ont amenées à nous intéresser à la chasse, et nous avons commencé à réfléchir à un projet sur cette thématique. Au début, nous ne savions pas trop comment l’aborder. Mais au fil de nos discussions et des recherches que nous avons faites, la place des femmes dans ce milieu masculin s’est profilée assez naturellement comme le sujet que nous voulions aborder. Ce film est donc le fruit d’une réflexion et de nombreux échanges.

Une fois le sujet déterminé, vous avez dû lancer un processus pour produire le film et trouver un financement. Comment ça s’est passé ?

Amélie : Nous avons en effet vite compris qu’il fallait des ressources et un financement, car il était assez clair que nous voulions faire un long film. Il faut savoir qu’en Suisse – car c’est différent dans chaque pays – le monde du documentaire est assez structuré. Les projets suivent tous plus ou moins la même filière. Nous avons envoyé un dossier à Fonction : Cinéma (Association professionnelle pour le cinéma indépendant). Notre projet a été sélectionné, et nous avons été convoquées pour le pitcher auprès de producteurs. C’est là que nous avons rencontré les responsables de Box Productions, qui ont décidé de suivre le projet. Ensuite, Cinéforom (Fondation romande pour le cinéma) et l’Office fédéral de la culture (OFC) ont été sollicités. Ce sont les sources de financement classiques du monde du documentaire en Romandie. Tout s’organise selon différentes étapes : la recherche, le développement, la postproduction. Il faut, pour chaque étape, postuler à nouveau pour pouvoir poursuivre. La société de production nous a beaucoup aidées dans ce processus complexe.

Christelle : Nous avions déjà fait plusieurs films pendant nos études, avec de petites équipes et de petits moyens, en faisant la caméra nous-mêmes. Là, nous avons décidé d’augmenter le set-up, de travailler avec un caméraman (Gaétan Nicolas) et une preneuse de son (Marine Maye). C’était quelque chose de nouveau. L’idée a demandé des moyens, et les moyens ont permis l’idée.

 

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