Ouf, il semble être là ! Chacun sait qu’après l’hiver vient le renouveau. En principe, le 20 mars est la date repère. Les bourgeons éclatent pour laisser la place aux fleurs qui se transformeront en ces fruits savoureux. La vigne pleure avant de développer ce qui deviendra du vin pour accompagner les repas délicieux. La grisaille des tapis herbeux s’incline devant la verdure des nouvelles poussées et ses merveilleuses colorations florales. Les travaux du jardin ou de la campagne peuvent reprendre. Les hommes retrouvent énergie et sourires malgré les misères que le monde inscrit aux divers menus du jour. Mais la nature se permet des libertés qu’elle seule est en mesure de gérer. Si le printemps a montré son nez approximativement dans le délai en plaine, cela n’a pas été le cas en altitude. Les amas de neige de l’hiver ont mis du temps à disparaître. Si cela a fait la joie des skieurs de l’impossible, la faune n’a pas digéré totalement ce retard saisonnier. Les cervidés sont amaigris et cherchent pitance près des chaumières habitées. Un nombre non négligeable d’entre eux n’a pas supporté cette longue période de disette. Le chamois s’est vu confronté davantage que d’ordinaire aux complications des déplacements dans la haute neige, et par conséquent aux difficultés de trouver la nourriture en suffisance pour retrouver les forces perdues durant la saison hivernale. Ajouter à cela les avalanches, les prédateurs, les dérangements et vous comprendrez que les éléments pour un développement harmonieux du cheptel ne sont pas réunis. Qu’adviendra-t-il de la faune alpine ? Combien de temps faudra-t-il pour qu’elle se reconstruise ? La neige a finalement décidé de trépasser pour céder la place à la végétation abondante. Bouquetins, cerfs, chamois, chevreuils vont pouvoir en bénéficier et prospérer en reprenant des forces. Cependant, voilà bientôt l’été et avec lui le flux des promeneurs, cueilleurs de champignons, coureurs alpins, adeptes de vols en parapente et aile delta. Puis viendront l’automne et les chasseurs. Mais pour une fois, la chasse n’est pas en cause. Les dommages ont été causés avant la saison et pour des raisons qui n’ont aucune relation avec cette activité. Pourtant, le chasseur devra s’adapter, faire avec ce qu’il restera comme gibier sans pour autant accentuer la mise en péril des espèces. Il en a l’habitude, mais cela ne fait généralement pas la Une des journaux. Et bientôt l’hiver reviendra, personne ne sait ce qu’il sera. Alors n’hésitons pas et savourons bien le présent printemps.

Chasie

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