Dans tous les cas de figure, un réglage, quel qu’il soit, consiste à faire correspondre le point d’impact de la balle avec le point visé dans l’optique. Le préréglage équivaut quant à lui à réaliser cette opération sans tirer de balles.

Une première méthode toute simple, qui ne nécessite aucun accessoire particulier, se propose de faire coïncider le point d’impact et le point visé en regardant successivement par le trou du canon puis au travers de l’optique. Bien sûr, cela nécessite que l’arme permette de voir d’un bout à l’autre du canon comme c’est le cas pour les carabines à verrou, les kipplauf, les mixtes ou les express. Par contre, cette technique exclut de fait les armes semi-automatiques.

Viser par le trou du canon…

Pour effectuer le préréglage, il faut tout d’abord bloquer l’arme dans un support de façon qu’elle ne bouge pas. Pour une arme à verrou, la culasse est tout simplement retirée. Pour les kipplauf, les mixtes ou les express, il suffit de basculer le canon de l’arme de manière à voir au travers de celui-ci. On place ensuite une cible à une distance telle que l’on voit bien le centre de celle-ci par le trou du canon. Dès que ce premier pointage est réalisé, il suffit de regarder au travers de l’optique et de tourner les tourelles de réglage de façon à amener la croix ou le point au centre de la cible (voir dessin cible). Certes cette méthode n’est pas toujours facile à mettre en œuvre mais elle présente néanmoins l’avantage de ne pas coûter un centime d’euro.

Cible

La cible: bloquer l’arme quand on voit la cible centrée par le trou du canon, puis régler la croix ou le point de la lunette au centre de la cible.

 

La deuxième méthode de préréglage est fondée sur l’utilisation d’un collimateur optique installé au bout du canon. En fait, cet accessoire est un prolongement de la première méthode dans le sens où il matérialise la cible de façon optique et non pas de façon physique. Le collimateur se monte au bout du canon (voir photo collimateur) de manière que la cible optique soit vue en regardant par la lunette (voir photo carabine). Là encore, il est impératif que l’arme soit bloquée dans un support pour pouvoir, d’une part, bien aligner le collimateur dans l’axe vertical et, d’autre part, manipuler les tourelles de la lunette sans faire bouger l’ensemble. Le collimateur tient dans le canon grâce à une tige métallique dont le diamètre est extensible par une petite mollette située à l’une de ses extrémités. Ainsi, grâce à un jeu de plusieurs tiges extensibles en diamètre, le collimateur peut s’adapter à tous les calibres de 5,5 à 12,7 millimètres (voir photo Bore Sighter). La question de la distance entre l’axe du canon et le centre de la lunette d’une part et l’axe du canon et le centre de la cible optique d’autre part se pose inévitablement. Le résultat ne peut pas être le même selon que l’axe de la lunette se situe à quarante, cinquante, voire soixante millimètres de l’axe du canon. Il est donc conseillé de noter la position du centre de la croix de la lunette par rapport au centre de la cible optique dès que le réglage par tir réel est terminé. De cette façon, si un nouveau réglage doit avoir lieu à la suite d’une chute, le positionnement des tourelles peut se refaire presque immédiatement.

La cartouche laser

La troisième méthode utilise une des plus grandes inventions du XXe siècle, le rayon laser. Par définition, la propriété de ce rayon est de ne pas diverger, quelle que soit la distance à laquelle il est projeté. Du médical à la découpe de métaux, les innombrables utilisations du laser montrent qu’il occupe directement ou indirectement une place de choix dans la vie quotidienne de tout individu. Du côté cynégétique, le laser est déjà mis en œuvre dans les télémètres qui permettent aujourd’hui de mesurer les distances parfois au-delà de mille mètres avec une précision inférieure à un mètre.

Laser 3

Le laser: le dispositif introduit au bout du canon projette un rayon laser sur lequel on ajuste la lunette.

 

Dans les dispositifs destinés au préréglage des armes à canon rayé, le principe consiste à projeter un rayon laser dans l’axe du canon. Il suffit ensuite de régler les tourelles de la lunette de façon à faire coïncider le centre de la croix avec le point projeté sur la cible. Là encore, il faut bloquer l’arme afin qu’elle ne puisse pas bouger pendant que l’on tourne les tourelles.

Collimateur Bore sighter

Le collimateur optique à monter sur le canon.  

 

Pour projeter le laser, deux techniques différentes sont utilisées par les fabricants. La première emploie une cartouche qui est introduite comme une munition conventionnelle dans la chambre et qui projette un rayon laser au travers du canon. A chaque calibre correspond donc une cartouche laser qui lui est propre. La seconde est basée sur un accessoire introduit à l’extrémité du canon et qui, comme la cartouche précédemment citée, projette un rayon laser. Là encore, le support de l’émetteur laser est particulier à chaque calibre. Pour pallier cet inconvénient, certains fabricants proposent un système qui s’adapte aux principaux calibres présents sur le marché (voir photo laser).

Un accessoire de préréglage s’avère quasiment indispensable pour tout possesseur d’une arme à canon rayé équipée d’une optique. Certes, ces équipements peuvent paraître relativement chers. Néanmoins, une somme de deux cents euros ne représente que trois, voire seulement deux boîtes de cartouches. Cet investissement est donc relativement vite amorti au regard des économies qu’il permet de réaliser par ailleurs.

Texte et photos Daniel Girod

Une réponse

  1. ROUX

    je cherche le boresighter buschnell en réference 743333 avez vous le produit si oui a quel prix.merci.

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