Le parcours qui mène au brevet fédéral de garde-faune est long et fastidieux, mais permet à ceux qui le suivent d’acquérir des connaissances pointues dans tous les domaines qui touchent à la faune sauvage et à la gestion des milieux naturels. «Nous recevons régulièrement des demandes d’informations sur le métier», raconte Urs Büchler, le président de l’Association suisse des gardes-faune, reconnue par le Secrétariat d’Etat à la formation, la recherche et l’innovation (SEFRI) comme répondante pour l’organisation des cours et des examens du brevet fédéral de garde-faune. Et de poursuivre : «Mais la particularité de cette formation est qu’elle exige d’avoir un emploi dans le domaine, pour pouvoir être poursuivie.»

Sur trois ans

L’ensemble des lauréats a donc passé au minimum trois ans dans une administration cantonale, et suivi huit modules de trois à cinq jours de cours répartis sur deux ans. Le cursus compte en effet un certificat, qui est obtenu à la suite d’un examen théorique, qui clôture les sessions de cours, avant le passage du brevet. «Les candidats doivent valider chacune des semaines de formation par un contrôle d’acquisition des connaissances, et finalement passer un examen au terme des deux ans, qui permet d’obtenir le certificat de garde-faune», précise encore Urs Büchler. Il reste ensuite à passer le brevet fédéral, qui exige la rédaction d’un travail de diplôme sur un projet concret. Ce mémoire doit être défendu devant une commission. Un examen théorique et pratique permet finalement d’accéder au diplôme convoité. Sur les 52 candidats de la session 2017-2018, 49 ont obtenu leur brevet, qui a été remis au Château de Rapperswil le 1er mars dernier, par le conseiller d’Etat saint-gallois Bruno Damann.

Formation variée

Philippe Dubois, garde-faune valaisan, membre du comité de l’Association suisse des gardes-faune, et expert aux examens, fait partie de la première volée de Valaisans à avoir obtenu le brevet, en 2009. «C’est la quatrième session qui a lieu, et la première avec l’actuel règlement, élaboré en collaboration avec l’Institut fédéral des hautes études en formation professionnelle (IFFP). C’est une formation académique qui est très complémentaire au travail que nous faisons sur le terrain. Les candidats abordent la technique, la biologie, mais aussi le droit, la communication, la gestion de situations conflictuelles, etc. C’est vraiment très complet.»

L’examen pratique porte sur la gestion d’une situation complexe, qui représente le quotidien de la vie d’un garde-faune. «Il s’agit d’une mise en situation avec jeu de rôle, explique encore Philippe Dubois. Ça va de la gestion de dégâts de gibier, sanglier ou castor, et du rapport avec les personnes lésées, au contrôle d’un chasseur en situation de délit pénal, en passant par l’accident de la route avec un animal sauvage. Les candidats sont évalués sur leur aptitude à apprécier et gérer le dossier. Le cas est traité en trente minutes, auxquelles s’ajoutent vingt minutes de questions.»

Tous les cantons

Les 49 lauréats de cette session viennent de 17 cantons, 14 d’entre eux sont romands avec 6 Valaisans, 1 Vaudois, 1 Neuchâtelois, 1 Genevois, et 5 Fribourgeois.

La prochaine période de formation des gardes-faune suisses débutera en 2020 et durera jusqu’en 2022, et par conséquent, les prochains examens auront lieu en 2022 et 2023, respectivement pour le certificat et le brevet fédéral.

Ce cursus qui fait aujourd’hui l’unanimité pour sa qualité est particulièrement valorisant pour la profession. Les usagers de la nature, qu’ils soient chasseurs, pêcheurs, promeneurs ou agriculteurs, savent qu’ils peuvent compter sur des interlocuteurs qui disposent d’une formation de haut niveau lorsqu’ils ont affaire aux gardes-faune. Bravo aux nouveaux lauréats !

|  Texte Vincent Gillioz, photos Association suisse des gardes-faune

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