La démission à la fin du mois d’août dernier du ministre français de la transition écologique Nicolas Hulot a fait grand bruit à l’intérieur, mais aussi à l’extérieur de l’Hexagone. Les médias romands ont abondamment commenté l’affaire, interprétée parfois comme un cataclysme environnemental. Attendu comme le Messie par certains milieux, l’ancien animateur télé qui n’a jamais trouvé sa place au sein de gouvernement a fini par jeter l’éponge devant son impuissance à influencer la politique de l’Elysée. Son «Plan Loup 2018-2023», décrié tant du côté des écologistes que de celui des éleveurs, reste peut-être le meilleur exemple de son incapacité à appréhender les questions de terrain. L’icône de l’écologie n’avait peut- être simplement pas la fibre politique.

La faute aux chasseurs

Mais si l’histoire de cet homme d’un Etat voisin nous intéresse, c’est que de nombreux journaux n’ont pas manqué de mettre cette démission sur le dos des chasseurs. C’est à la sortie d’une réunion sur le sujet, en présence d’Emmanuel Macron, que le ministre aurait décidé de quitter le navire. La présence, inopinée selon l’intéressé, du lobbyiste pro-chasse Thierry Coste, aurait agacé Hulot et constitué la goutte d’eau… Mais l’allégation paraît trop aisée, et les nemrods trop bien placés pour servir de bouc émissaire. Thierry Coste, personnage souvent controversé même chez les chasseurs, s’est quant à lui rapidement défendu d’avoir été à l’origine du départ du ministre. Il a même reconnu, lors d’une interview diffusée sur Europe 1: «Je regrette qu’il soit parti parce que je pense qu’il a fait du bon boulot. Le monde de la chasse était favorable à sa ligne politique sur certains sujets.» Comme quoi, chaque histoire a toujours au minimum deux versions.

Le végan s’en mêle

Mais le plus cocasse de toute cette affaire, c’est flot d’ineptie asséné par le Pape des végans Aymeric Caron. Profitant de la tribune offerte, le gourou du tofu ne s’est pas privé d’attaquer la chasse, en prétendant avoir tout compris sur un sujet qui lui est en fait totalement étranger. Ainsi, l’antispéciste – dont on ne peut nier la qualité de la plume – prétend «que les campagnes sont désormais habitées par une génération émergente de citoyens que la chasse révulse». Ou encore «que l’autorisation des réducteurs de son sur les armes à feu va rendre la chasse encore plus facile puisque le bruit ne fera plus fuir les animaux». La lecture de ces propos nous questionne sur le type de campagne que fréquente Caron, et sur sa connaissance de l’ouïe des animaux. Mais ces phrases ont le mérite de nous confirmer que le militantisme ex- trémiste ne s’embarrasse jamais de la vérité… fallait-il encore le préciser.

Nous vous souhaitons une bonne lecture, et surtout une bonne chasse.

Vincent Gillioz, rédacteur de Diana Chasse et Nature

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publié.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.