Une récente étude publiée dans le Journal of Animal Ecology s’est attardée sur la question de la chasse au bouquetin. Celle-ci est en effet sous constante observation, s’agissant d’une espèce qui se caractérise par une longue durée de vie et une faible fécondité.

L’étude révèle que, malgré la quête de trophées de qualité et de grande taille, les chasseurs n’ont pas eu d’impacts négatifs sur la constitution des animaux ces quarante dernières années. Un fait confirmé par Kurt Bollmann de l’Institut fédéral de recherches sur la forêt, la neige et le paysage WSL. Bien que les chasseurs privilégient les animaux puissants, la croissance des cornes des bouquetins des Grisons n’a pas diminué au cours des décennies et leur poids corporel moyen est resté stable.

Au-delà du résultat intéressant, on ne peut que se réjouir de voir qu’une bonne nouvelle peut également susciter l’intérêt des médias.

Condamnation

Toujours dans le contexte de l’actualité, le «chasseur» genevois qui avait été au cœur du sordide fait divers, relatif au tir de quatre ânes dans les Bauges en septembre 2017, a comparu le 24 mai devant un tribunal de Chambéry. L’événement avait porté un coup dur à l’image de la chasse, et plusieurs milieux en avaient fait leurs choux gras pour discréditer tous les nemrods.

Aujourd’hui, si le geste reste toujours incompréhensible de la part de quelqu’un qui se prétend chasseur, l’audience a enfin permis d’en savoir plus sur les circonstances du drame. Le tireur, qui a fini par s’excuser, a évoqué un état de fatigue physique et émotionnelle particulier, qui l’a amené à commettre des erreurs de jugement.

Le procureur a demandé un mois de prison avec sursis et mise à l’épreuve pendant trois ans, une amende de 5000 euros ainsi que l’interdiction de détenir une arme et de pratiquer la chasse pendant cinq ans. Le verdict sera rendu le 28 juin.

Fait rassurant au terme de cette triste histoire, la justice n’en a pas profité pour faire le procès de la chasse, et c’est bien un individu qui a été jugé pour ses actes.

La relève…

Les candidats chasseurs de plusieurs cantons viennent de terminer leur formation, et la majorité d’entre eux a obtenu le sésame qui permet enfin de partir en quête de gibier à l’arrivée de l’automne. Des femmes, des hommes, de nombreux jeunes, certains plus âgés, parfois retraités, issus de différents milieux sociaux-culturels, rejoignent ainsi comme chaque année, les disciples de saint Hubert. La relève de la chasse est bien là, et la nouvelle génération ne doit pas oublier qu’elle va devoir défendre un droit, que certains voudraient remettre en question.

Sébastien Roh, du Service de la chasse du canton du Valais, a d’ailleurs rappelé aux nouveaux titulaires : «On peut toujours défendre la chasse, plus difficilement les chasseurs». Une citation qui veut insister sur la responsabilité et l’importance du comportement de chacun vis-à-vis des autres usagers de la nature. Bienvenue à la relève !

Vincent Gillioz, rédacteur de Diana Chasse et Nature

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