Pouvoir accéder au pouvoir ! Qui n’en a pas rêvé ? C’est le lot de tous les ambitieux mais heureusement aussi celui des compétents qui ne recherchent pas forcément le pouvoir comme tel, mais souhaitent l’obtenir pour servir. Avant d’y parvenir, il convient d’être nanti d’une carapace à toutes épreuves. La moindre faille dans la personnalité ou le comportement crée de multiples enquêtes secrètes pour éclater un beau matin dans toutes les Unes à sensation. Mais qui traverse tous ces écueils se voit un jour investi de la puissance tant espérée. Le pouvoir lui appartient ! Il faut l’assumer ! Cela signifie décider, si possible dans l’intérêt général et au plus près du droit. Souvent, c’est alors que tout se corse. La faiblesse des ambitieux éclate au grand jour. La force des compétents devient trop gênante. Les divers clans ne tardent pas à se manifester et mettre en doute les décisions. Les affrontements débutent entre les pour et les contre. Les juristes s’étaient pourtant évertués à faire en sorte de rendre irréprochable la position du décideur. La place se voit vite investie par les avocats et les tribunaux. La panoplie des recours se met en marche et se termine devant la plus haute instance qui normalement devrait être capable de prononcer la juste sentence finale. Tous les domaines sont touchés par ce phénomène sociétal qui, s’il n’est pas vraiment nouveau, prend une ampleur propre à décourager les plus tenaces décideurs.

Le secteur de la faune n’échappe pas à ce phénomène. Chacun se souvient d’une motion adoptée aux Chambres fédérales par des députés qui possédaient le pouvoir de décider. Mais chacun a constaté qu’elle n’a encore pas été exécutée par ceux qui avaient le devoir de le faire. Chacun se souvient d’autorisations fournies par l’Autorité compétente pour le prélèvement de grands prédateurs. Mais chacun a constaté que, de recours en recours, de demandes d’effets suspensifs en contestations des motifs ou de toutes autres ébauches de prétextes, les adversaires tentent d’anéantir les volontés du décideur. Qui plus est, les controverses sont souvent initiées par des technocrates ou des organisations qui pourtant jurent par tous les dieux qu’ils souhaitent une collaboration franche et sincère. Alors à quoi sert-il d’accéder au pouvoir si c’est pour laisser aux autres la solution qui sera in fine réalisée ? Si cette question se pose aux compétents, elle n’affole nullement les ambitieux !

Chasie

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