Depuis les années 70 on procède dans les cantons de Suisse alémanique au marquage des faons de chevreuils, quatorze cantons y participent. Rien qu’en 2015, 583 faons ont été marqués. Une première constatation se dégage: depuis 2003 le chiffre des faons mâles est en légère augmentation. En 2015, 93 brocards et 62 chèvres marqués ont été signalés. Les résultats démontrent clairement que le chevreuil ne change guère de biotope: la distance moyenne de déplacement n’atteint que 2,9 kilomètres.

Le record de distance entre le lieu de marquage et le lieu d’observation le plus éloigné est pour un brocard 24,3 kilomètres dans le canton de Lucerne et pour une chèvre 28,3 kilomètres dans les Grisons.

Mortalité constante

La mortalité reste à peu près la même au cours des années. La principale cause de mort pour un chevreuil est la chasse (64%), puis les véhicules à moteur et le chemin de fer (11%), le fauchage (8%), les maladies (6%) et les prédateurs (2%).

Le plus vieux brocard avait 8,3 ans et la plus vielle chèvre atteignait 18,3 ans. Le brocard le plus fort pesait 20,6 kilos, la chèvre la plus forte 19,2 kilos.

La plus vielle chèvre a été retrouvée morte dix-neuf ans plus tard, à seulement deux kilomètres du lieu de marquage.

A relever qu’à deux reprises, des chèvres avec quatre faons ont été découvertes!

Le marquage des faons continue. Ce travail scientifique démontre une fois de plus que la science est fort utile pour la planification de la chasse et donc pour les chasseurs. Il serait intéressant de trouver une explication sur le fait que, par exemple en Valais, pour 1366 chevreuils abattus lors de la chasse, 399 sont victimes du trafic des véhicules à moteur.

Un brocard.

Le chevreuil sous pression

A partir de ces explications scientifiques, quelques remarques du point de vue de la chasse s’imposent. Le chevreuil paye surtout en Valais, en Suisse romande et dans l’Oberland bernois un prix beaucoup plus lourd aux grands prédateurs qu’en Suisse allemande, peut-être à l’exception des Grisons.

Des biologistes reconvertis en idéologues, comme Andreas Moser (qui anime l’émission «Netz Natur» de la télévision suisse alémanique) contestent au chevreuil la raison d’exister dans les régions montagneuses. Ils prétendent que les chasseurs tendent à conserver une population artificielle dans un biotope qui ne conviendrait guère au chevreuil, et qu’ils abattraient le lynx et le loup illégalement pour sauvegarder leur passe-temps.

Remplacer la chasse…

Ces actes illégaux seraient même couverts par les plus hautes autorités en Valais. Ces «informations» passent bien sûr sans aucune preuve en main.

Ces affirmations gratuites ont quand même un avantage: elles démontrent que ces détracteurs de la chasse veulent à tout prix remplacer notre passion par une prolifération sans limites des grands prédateurs…

Texte Luzius Theler, photos Thierry Ausloos

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