Sur un plafond de vingt-quatre loups fixé en juillet 2014, quinze spécimens avaient été tués fin décembre de la même année. Cependant, et c’est là le changement majeur intervenu en 2014, neuf loups sur quinze ont été tués par des tirs de prélèvement effectués lors d’actions de chasse.

Pour 2015, sur les trente-six loups «attribués» par l’arrêté ministériel du 30 juin 2015, vingt-huit avaient été prélevés au 6 décembre. Parmi ces animaux, douze ont été tués lors d’actions de chasse. Les chasseurs sont donc bien intégrés au sein du processus de régulation de l’espèce loup.

Chasseurs efficaces

La liste des différentes modalités légales de régulation des populations de loups a été étendue par l’arrêté du 5 août 2014. En effet, celui-ci propose d’expérimenter pour une durée d’un an de nouvelles modalités de mise en œuvre des prélèvements, à savoir de réaliser des tirs lors de chasses aux grands gibiers, soit collectivement dans le cadre de battues, soit individuellement lors de chasses à l’approche ou à l’affût. Après une année de rodage, les résultats sont probants. Cette évolution des modalités de régulation montre que les tirs de prélèvement par les chasseurs sont efficaces. Rien de surprenant car la probabilité de rencontre avec les loups est d’autant plus importante que le nombre de personnes chargées de la régulation est élevé. Le tableau récapitulatif ci-dessous met en évidence la part importante prise par les prélèvements réalisés par les chasseurs. Ces données sont relatives à la période qui s’est écoulée entre le 30 juin 2014 et le 22 décembre de la même année. Il est à noter que l’arrêté de juin 2014 prévoyait une augmentation du plafond à trente-six loups si les prélèvements venaient à franchir le cap de vingt animaux.

L’espèce mouflon est la plus touchée par la prédation du loup.

Mouflon_loup

Déjà vingt-neuf meutes et trois cents loups…

Du côté de l’aire de répartition de l’espèce, force est de constater que sa superficie augmente. Le loup continue lentement mais sûrement à conquérir le département du Jura où la présence de l’espèce a pu être attestée sur plusieurs communes situées au sud de Lons-le-Saunier. D’autre part, la densification des zones déjà occupées progresse également. En effet, il y a désormais trente-neuf ZPP – zones de présence permanente – dont vingt-neuf sont constituées en meute, à savoir au moins un couple composé d’un mâle et d’une femelle. En ce qui concerne le suivi, les années 2013 et 2014 ont été placées sous le signe du piège photo. Ce type d’appareil a démontré son efficacité dans le dénombrement des loups présents sur les zones surveillées, notamment près des parcs à ovins ou à caprins. Les photos permettent de fournir des données très importantes telle la fréquence des visites du prédateur, voire l’identité des animaux photographiés si l’observateur a une certaine expérience. Du point de vue de la stratégie de suivi du loup, le piège photo a été choisi pour pallier à l’extension de son domaine vers des zones dont l’enneigement est très faible, voire inexistant. L’examen des traces dans la neige constitue en effet un moyen très utilisé pour évaluer les populations dont le total des effectifs semble se situer à ce jour à environ trois cents animaux. Au niveau de l’impact du grand canidé sur la faune sauvage l’étude menée par l’ONCFS ne peut pas encore fournir d’éléments concrets et chiffrables.

Le chamois se défend en utilisant de plus en plus les zones escarpées.

Abrupt

La garderie ne suffit pas

Après de longues années d’interdiction de la présence des chasseurs au sein du processus de régulation du loup, l’Etat français a bien été obligé de se rendre à l’évidence que la seule utilisation de la garderie et de la louveterie ne suffisait pas à stabiliser, voire à diminuer le nombre de loups. L’expérience de 2014 et 2015 montre l’efficacité de ce nouveau mode de régulation qui participe au prélèvement de plus d’un tiers du nombre de loups attribué par l’arrêté ministériel annuel.

Texte et photos Daniel Girod

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