Depuis l’arrivée de la nouvelle ère, la technocratie s’incruste toujours davantage dans la vie publique. Petit à petit, le fédéralisme perd des plumes. La solidarité dans les différences, que nos anciens ont mise en place, puis appréciée tout au long des derniers siècles, s’enfuit. Pas encore à la course mais à un rythme de plus en plus soutenu. Personne n’y voit rien car personne n’y comprend rien à l’exception des technocrates qui s’arrogent progressivement, à coup d’ordonnances techniques, le réel pouvoir. La démocratie directe suscite l’envie et la jalousie de nos voisins. La maintenir précieusement reste une mission primordiale de chacun d’entre nous car elle réserve la liberté de choisir. Evidemment notre choix ne rejoint pas toujours celui d’une majorité mais il convient de respecter l’avis des plus nombreux. Le problème réside cependant dans le fait qu’il devient de moins en moins aisé de choisir. Non pas que nous devenions de plus ignorants mais bien parce que les questions soumises demandent plus la consultation de documents explicatifs censés nous permettre de décider en toute connaissance de cause.

Puis, vient la décision car le peuple a choisi. Surprise! Le verdict du peuple, pourtant bien informé par messages, campagnes, débats et que sais-je encore, doit être appliqué. Commencent alors de nombreux problèmes. Les lois d’application qu’il faut bien créer ne suffisent pas. Il faut imposer par ordonnance et c’est là que les technocrates entrent en jeu. La prise de pouvoir s’échafaude à coups d’articles ramenant la décision finale, sous le couvert d’homologations, à l’administration centrale. Le peuple n’est plus concerné car plus consulté. A l’évidence, les représentants du peuple, les gouvernements, les responsables associatifs doivent dans cette phase remplir leur mission et veiller au respect des vœux populaires. Ils le font mais souvent doivent passer à autre chose en laissant aux spécialistes le soin d’affiner et articuler les textes d’application. Les conflits commencent. Les parties initialement gagnantes se voient transformées en perdantes et vice versa, une fois dans un sens, une fois dans l’autre. Les exemples sont fréquents surtout ces derniers temps.

La chasse n’échappe pas au phénomène technocratique et surtout la problématique des grands prédateurs. Certes, le peuple ne s’est pas prononcé mais ses représentants l’ont fait. Il faut dénoncer la Convention de Berne. Réflexions, tergiversations, contradictions mais pas d’exécution. La technocratie s’en mêle et l’on repart en match de barrage. Les espoirs de voir s’élaborer un plan tenant compte des vœux des élus s’amenuisent. La déception chez certains s’installe. Les principaux concernés, soit les cantons alpins, les éleveurs, les chasseurs, tous qui ont d’abord applaudi, doivent déchanter. Les particularités cantonales ne font plus partie de la table des matières. La technocratie s’inscrit en tête de liste des chapitres d’influence.

Jusqu’à quand le fédéralisme tiendra-t-il le coup ?

Chasie

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