Redouté des éleveurs, décrié par de nombreux chasseurs, le loup n’a pas fini de faire parler de lui, particulièrement en ces périodes d’estive. La révision de la Loi sur la chasse, qui concerne notamment le statut de l’espèce, nourrit encore un débat passionné entre les «anti» et les «pro». Et il n’est pas exclu qu’au final, ce soit le peuple qui se prononce. Quoi qu’il en soit, cette controverse est l’occasion de nous tourner vers ceux qui veulent donner sa chance à Ysengrin, malgré les difficultés qu’il peut poser dans les alpages. Ainsi David Gerke, chasseur et berger, s’exprime dans ce numéro, expliquant les raisons qui le poussent à s’engager en faveur d’une cohabitation avec le prédateur. Pragmatique, l’homme considère cependant que la position des éleveurs contre le loup est «logique», mais se refuse à voir l’éradication, ni même plus de régulation, comme une solution.

Information avant émotion

L’ours blanc est également au sommaire de notre magazine ce mois-ci. Emblème de l’Arctique, l’animal avait récemment fait parler de lui à travers une vidéo et une série de clichés montrant un individu famélique, agonisant sur des terres sans glace à la recherche de nourriture. La scène – vue plusieurs millions de fois sur le web en une semaine – avait ému la planète entière quant aux effets désastreux du changement climatique. Sauf que, après le buzz, plusieurs scientifiques se sont exprimés et on relevé que l’état du plantigrade était plutôt lié à une maladie qu’à la situation environnementale. Notre objectif n’est pas ici de discuter sur la question du climat, mais plutôt de rappeler l’importance d’avoir une lecture critique de l’information, de relayer des faits et de vérifier les sources. L’emballement émotionnel n’est jamais de bon conseil, même si certaines images nous invitent parfois à manquer de discernement.

Quand le monde était simple

Il fut un temps où des projets tels que le repeuplement d’une région par une espèce, pouvait se faire sans passer par de longues démarches administratives. Bernard Reymond nous rappelle ainsi comment des marmottes valaisannes ont pu être introduites dans le Jura vaudois. Une opération menée par des passionnés, en toute transparence et avec l’aval des autorités.

Une belle histoire, qui laisse songeur sur l’époque bénie où la bureaucratie n’était pas maîtresse. Les marmottes du Jura contribuent aujourd’hui à l’attrait touristique de toute une région et le rongeur a amené un peu de vie dans des biotopes plutôt pauvres en présence animale. Pareil projet serait bien sûr impensable de nos jours, et c’est probablement mieux ainsi. Rêvons cependant, le temps d’un article, à ce monde perdu, certes pas idéal, où les choses étaient quand même plus simples.

Vincent Gillioz, rédacteur de Diana Chasse et Nature

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