Le Parti suisse pour les animaux lançait en juillet dernier une initiative pour interdire la chasse dans le canton de Zurich.

Le Conseil d’Etat zurichois l’a clairement rejetée mi-novembre, sans lui opposer de contreprojet, un refus qui fait suite à celui des propriétaires de forêts et des agriculteurs. Accepter l’initiative consisterait à confier aux seuls gardes la gestion de la faune. Le gouvernement zurichois considère que la gestion de la faune par la chasse est un système rodé et que la collaboration entre les différents intervenants fonctionne bien. Huit cent cinquante chasseurs alimentent la caisse cantonale par le prix de leurs patentes et consacrent en moyenne quatre cents heures par an pour la chasse, l’entretien des zones de chasse, la prévention des dommages et des accidents causés par la faune.

Les services rendus sur le terrain par les chasseurs sont si importants que la collectivité pourrait difficilement s’en passer. Confier aux seuls gardes la gestion de la faune ferait grimper le montant des dégâts dans les secteurs de l’agriculture et de la sylviculture, entraînant une augmentation des coûts annuels de l’ordre de 20 à 30 millions de francs. L’Exécutif zurichois conclut que la régulation des animaux par la chasse est nécessaire et scientifiquement reconnue comme efficace. Ce n’est que dans quelques rares endroits où les mécanismes naturels sont encore intacts, dans un milieu sauvage non touché par l’homme, que l’auto-régulation de la faune pourrait être envisagée, ce qui à l’évidence n’est pas le cas du canton de Zurich…

Le lancement de cette initiative a déjà eu une conséquence pratique : la commune d’Elgg vient de geler le projet d’un parc d’entraînement pour chiens de chasse qui n’avait jusque-là suscité aucune opposition. La commune dit vouloir attendre la votation sur l’initiative (prévue à la mi-2019 au plus tôt) pour se décider.

La Protection suisse des animaux refuse qu’on puisse entraîner des chiens de chasse dans un parc à sangliers : «Nous sommes fondamentalement opposés à l’utilisation d’animaux vivants pour l’entraînement des chiens de chasse.» Son secrétaire ajoute que «les chasseurs feraient mieux d’entraîner des chiens à pister des animaux blessés pour que ces derniers soient achevés, cela empêcherait une souffrance inutile».

Il oublie juste que les chasseurs n’ont pas attendu son judicieux conseil pour former des chiens de rouge…

Joyeuses fêtes de fin d’année !

N.B. Bruxelles : Une résolution du Parlement européen du 15 novembre constate que les espèces indiquées comme nécessitant une protection stricte ont atteint dans certaines régions un bon niveau de conservation et sont susceptibles de mettre d’autres espèces en danger. Et de rappeler que « la coexistence des populations et des grands carnivores, notamment les loups, peut avoir des répercussions négatives sur le développement durable des écosystèmes et des zones rurales… »

Jean Bonnard, rédacteur de «Diana Chasse et Nature»

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publié.