Le chacal doré est là. Un animal a été abattu dans le canton de Schwytz et un autre a connu le même sort dans les Grisons. Chaque fois les tireurs qui étaient à l’affût ont confondu l’animal avec un ­renard. Qui est ce nouvel arrivé, cet autre immigré? Le chacal doré est un canidé qui se situe de par sa taille entre le renard et le loup. Il colonise initialement l’Afrique du Nord, des parties de l’Asie et, plus proche de nous, la Turquie, les Bal-kans, l’Italie depuis 1985, l’Autriche depuis 1987 et ­l’Allemagne depuis 1996. La migration se fait aussi d’est en ouest, comme c’est le cas pour d’autres revenants comme le cerf ou le loup. Dans un premier temps ce sont avant tout de jeunes mâles qui occupent des nouveaux territoires. Avant ces deux tirs, des chacals dorés avaient été observés dans le Tyrol du sud.

Le chien et le chacal doré ne se reproduisent pas: leur parenté zoologique est assez éloignée. © Photo Dr Armin Deutz.

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D’Italie ou d’Autriche…

Très probablement il s’agit d’exemplaires des populations italienne ou autrichienne, comme l’écrit le professeur Armin Deutz dans la revue Schweizer Jäger du mois de mai 2016. La colonisation de nouveaux territoires est un phénomène bien connu, selon les scientifiques spécialistes en la matière. Comme chez beaucoup de mammifères les jeunes mâles aiment «voyager» et se déplacent jusqu’à 300 kilomètres. Les femelles suivent plus tard. Mais il est tout à fait possible qu’un animal reste seul. La présence d’un individu ne signifie pas forcément que l’espèce va s’installer dans une région. La première observation en Suisse date d’ailleurs déjà de 2011. Un chacal doré avait été ­découvert grâce à un piège-photo de l’association KORA à l’occasion d’une campagne de monitoring du lynx. Le même animal a aussi passé par les Préalpes bernoises, dans le canton de Vaud (Rougemont, Château-d’Œx) et dans la région de Grandvillard dans le canton de Fribourg. Il s’agit là de la preuve de la présence la plus occidentale de chacal doré en Europe.

Le chacal doré se nourrit d’après les spécialistes avant tout de petits mammifères. Mais il se contente aussi comme le renard assez souvent des restes de nourriture que l’homme laisse dans la nature.

Le chacal doré a passé devant un piège photo aux Grisons. © Photo Amt für Jagd und Fischerei Graubünden.

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En meutes…

Alors pas de conflit avec l’homme? Le potentiel de conflit est plutôt faible dans un premier temps quand il n’y a que des exemplaires isolés. Mais dans les pays où le prédateur vit dans une densité considérable, des animaux de rente ont été attaqués par des meutes de chacals dorés. Mais les dégâts devraient être beaucoup moins importants qu’avec le loup ou l’ours. Bien que les moutons ou les chèvres ne fassent pas régulièrement partie du menu du chacal doré, ceux-ci peuvent s’en prendre à ces animaux si l’occasion se prête. Mais ils ne jouent pas dans la même ligue que le loup ou l’ours. Le chacal doré évite d’ailleurs les régions avec une forte présence du loup, car il fait alors partie de son régime alimentaire avant tout.

Le statut du chacal doré est celui d’une espèce protégée, car on admet qu’il entre naturellement en Suisse. Des dégâts éventuels seraient couverts par la Confédération comme pour le loup ou pour l’ours. Le chacal doré n’est pas considéré comme une espèce exotique invasive tels par exemple les ratons laveurs, des animaux échappé d’élevages et originaires des Etats-Unis. Dans le cas du chacal doré, il s’agit d’après les scientifiques d’une expansion naturelle.

Texte et photos Schweizer Jäger (traduction Luzius Theler)

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