Chaque pêcheuse et pêcheur actif en Suisse dépense en moyenne 2124 francs par an. Deux heures par semaine par personne de travail bénévole sont par ailleurs décomptées. La détente, l’apaisement ainsi que l’expérience de la nature occupent une place prépondérante lors de la pratique de ce hobby. Les pêcheuses et les pêcheurs sont particulièrement préoccupés par la qualité des eaux et souhaitent que la FSP s’engage encore davantage pour l’amélioration de la situation. Ils sont ouverts aux nouvelles technologies. L’image des pêcheuses et des pêcheurs est très positive auprès de la population de non-pêcheurs. Les résultats de l’enquête indépendante menée sur la pêche en Suisse sont plus que réjouissants.

Elément économique important

La pêche de loisir représente un facteur économique considérable en Suisse, et grâce au travail bénévole, elle contribue de manière significative à l’intérêt général. Les dépenses consenties par chacun sont divisées entre : l’équipement (730 fr.), les permis de pêche (343 fr.), les frais de déplacement (514 fr.), la restauration (246 fr.) et l’hébergement (292 fr.), extrapolés aux cent mille personnes en Suisse qui pratiquent la pêche régulièrement. L’économie de cette activité pèse plus de deux cents millions de francs par an.

Le travail bénévole accompli en faveur des populations piscicoles, des milieux aquatiques et de la nature est tout aussi impressionnant. L’étude démontre en effet que deux cent mille heures de bénévolat sont réalisées chaque année. Les personnes interrogées les plus engagées proviennent de Suisse alémanique et ont plus de 65 ans.

Tous ces résultats sont issus d’une enquête que l’Institut de recherches gfs a menée à la fin 2017 par un sondage auprès de 1429 pêcheurs actifs (95 % d’hommes et 5 % de femmes) pour le compte de la Fédération suisse de pêche. Ceux-ci ont été sélectionnés parmi les personnes enregistrées auprès du Réseau de formation des pêcheurs et chez les abonnés du magazine de pêche Petri Heil.

Une majorité (54 %) de pêcheurs n’est cependant pas affiliée à une organisation de pêche. Les sociétés touchent plutôt les personnes plus âgées, toutefois un tiers des pêcheurs membres de sociétés a moins de 40 ans. La camaraderie et le fait de contribuer à la protection des eaux et de l’environnement sont les motifs principaux pour l’adhésion à une société.

 

 

L’état des milieux aquatiques est une préoccupation dominante des pêcheurs

Les pollutions diffuses, les aménagements / endiguements et l’état du lit des cours d’eau sont les problèmes qui sont perçus le plus fortement par les pêcheuses et les pêcheurs. La renaturation des berges ainsi que l’interdiction des engrais / fumure (87 % d’accord) sont des enjeux qu’ils jugent particulièrement importants.

Le travail de la FSP est bien considéré (7.2 sur une échelle de satisfaction qui va jusqu’à 10). Les personnes interrogées considèrent le travail politique de la FSP comme particulièrement important (81 % très / plutôt important). A ce sujet, l’accent le plus fort est porté sur le désir d’un engagement politique encore plus important (41 %). Cette demande se manifeste le plus fortement chez les membres des sociétés, les membres d’organisations environnementales et les personnes effectuant du travail bénévole.

Les prescriptions sur la pêche telles que les périodes de protection, les tailles minimales et les limites de nombre de captures sont acceptées par plus des trois quarts des sondés. Concernant le repeuplement, seule la mise à l’eau de juvéniles est clairement considérée comme nécessaire.

Pour la formation initiale et continue, les fédérations de pêche sont le premier interlocuteur, 47 % des pêcheurs ont déjà suivi un cours dans ce cadre. Plus de la moitié des sondés considèrent que les exigences de l’attestation de compétences pour la pêche sont adéquates. Près des deux tiers souhaitent une obligation de formation pour toutes les activités de pêche.

Ouverts aux sciences participatives / citoyennes (Citizen Science)

Pour la première fois, les pêcheuses et pêcheurs ont été questionnés sur leur appréciation du potentiel de la récolte et du partage de données sur les milieux aquatiques et la pêche. Pour plus du tiers des personnes interrogées, la dénommée «Citizen Science» a un grand ou moyen potentiel (38 %). Dans ce cadre, la disponibilité à récolter par soi-même des données est grande (43 %) et la plus élevée chez les 14 à 39 ans. Pour ce qui concerne la restitution des statistiques de capture, les sondés se montrent par contre encore conservateurs. Une grande partie préfère toujours l’envoi postal.

Une bonne image auprès de la population

En plus de l’enquête auprès des pêcheuses et des pêcheurs, l’Institut gfs.Bern a également interrogé la population de non-pêcheurs sur la pêche de loisir en Suisse. La population résidente en général est en contact avec la pêche de loisir via la consommation de poisson. A cela s’ajoute une référence étonnamment large au contexte privé (58 %). Environ un tiers des sondés peut imaginer de s’initier à la pêche. Cet intérêt est particulièrement élevé chez les personnes interrogées de 18 à 39 ans. Ce sont les hommes de la population générale qui envisagent le plus de s’essayer à la pêche (44 %), alors que chez les femmes cette proportion se situe tout de même à 28 %. Dans le groupe manifestant le plus grand intérêt (18-39 ans), le taux de femmes intéressées grimpe cependant à 41 %.

Chez les deux tiers qui n’ont pas d’intérêt pour la pêche, en plus des motifs généraux et d’autres préférences, le manque d’intérêt et des raisons d’éthique animale sont les objections à la pêche les plus évoquées.Plus des trois quarts des sondés ont une image favorable de la pêche. C’est en Romandie que celle-ci est la plus positive. La volonté de s’essayer soi-même à la pêche remporte également une opinion positive. Dans la perception de la population prévaut le fait que les pêcheuses et les pêcheurs s’engagent en faveur de l’environnement et qu’ils pratiquent la pêche dans le respect des animaux. Une opinion est cependant encore relativement répandue (41 %) que les pêcheurs seraient en quête de trophées.

Il est réjouissant de constater que l’image de la pêche que se fait la population est «très positive» pour un cinquième des sondés, et «plutôt positive» pour plus des trois quarts.

Les pêcheurs aiment la nature

Avec 82 % d’accord, l’affirmation qui dit que «les pêcheurs aiment la nature» est celle qui remporte le plus de suffrages positifs. L’opinion que la pêche de loisir en Suisse est conforme à la protection des animaux est tout autant répandue (78 %). Depuis la première enquête de 1999, l’opinion à ce sujet est restée stable (-2 points). La contribution de la pêche à la protection des milieux naturels est identiquement perçue (78 %), de même pour son engagement contre les produits phytosanitaires (71 %).

L’intérêt de la population pour les thèmes de la protection des eaux est largement répandu et atteint quasiment les trois quarts. L’état de l’information est cependant limité, une majorité de 62 % s’estime mal ou plutôt mal informée. Le niveau le plus bas est signalé par les 18 à 39 ans ; 45 % des personnes interrogées ont entendu parler de la FSP déjà une fois. Une meilleure perception se retrouve chez les membres d’organisations environnementales et les personnes qui ont l’intention de s’initier à la pêche.

L’ensemble de ces résultats est évidemment très satisfaisant pour le monde de la pêche, et la FSP va continuer à s’appuyer sur ceux-ci pour étayer ses diverses actions. La priorité va être de garantir le futur de la pêche en Suisse, ainsi qu’une pratique éthique et conforme à la protection des animaux.

Texte Bureau directeur de la FSP, photos Henry Ausloos, DR

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