Jean-Luc Berberat, pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

J’ai 56 ans et professionnellement, je suis professeur à la Haute école pédagogique BEJUNE, institution qui forme les enseignants. Côté chasse, j’ai commencé à chasser à l’âge de 24 ans, dans la continuité de ma famille et de mes ancêtres. J’ai été secrétaire de la Fédération jurassienne des chasseurs pendant dix-sept ans, et je suis président depuis trois ans. J’ai également été vice-président de Diana Romande durant trois ans.

Quels sont les défis et les spécificités de la chasse jurassienne  ?

Je pense d’abord que nous devons nous efforcer de mieux communiquer, et expliquer ce que nous faisons. J’emmène régulièrement des gens à la chasse dans cet objectif. J’ai même parfois l’impression de faire des relations publiques quand j’y vais, mais le rôle d’un président est de présenter la chasse au public, j’assume cette tâche avec plaisir et motivation.

Au niveau des dossiers principaux, il y a bien sûr celui de la sécurité dans la pratique de la chasse, car il faut absolument prévenir les accidents. Je crois que notre système de formation est bon, et nous nous efforçons de rester très attentifs sur cette question pour que la chasse continue à se dérouler en sécurité. La prolifération des sangliers, et les dégâts aux cultures et aux herbages constituent également un défi pour notre canton, mais c’est une constante de la plupart des pays européens. En tant que canton frontalier, nous vivons une situation particulière, les sangliers arrivent chez nous quand ils sont chassés en France, et inversement. Ça ne facilite pas les choses. Il y a aussi la question des grands prédateurs, et je pense que leur place au sein de notre environnement n’est pas un problème. En tant que chasseurs, nous devons défendre une nature riche et variée et le lynx fait partie de l’environnement. Les problèmes les plus urgents à suivre sont les atteintes aux territoires, l’urbanisation, les méthodes agricoles intensives et les parcs éoliens. Sur nos spécificités, je dirai que la chasse jurassienne est avant tout une chasse au sanglier et au chevreuil, et nous avons une forte tradition de chiens courants.

Quel rôle doit jouer Diana Romande selon vous ?

Diana Romande doit être une courroie de transmission entre les fédérations romandes et ChasseSuisse, à qui elle doit apporter la sensibilité latine. Il est fondamental d’avoir des représentants dans le comité national et le président de Diana Romande doit être présent à ce niveau. Je pense également que son rôle de communication doit être soutenu. Nous devons avoir une structure commune, capable d’être réactive vis-à-vis des médias, notamment lorsque de fausses informations sortent dans la presse. Nous devons être présents sur le terrain médiatique pour faire valoir notre avis.

Finalement, comment voyez-vous l’avenir de la chasse jurassienne ?

La chasse jurassienne n’est pas en péril, mais elle évolue. Nous nous dirigeons vers une société toujours plus individualiste, et la chasse n’y échappe pas. Le côté corporatiste et traditionnel tend à disparaître. Mais ce qui m’inquiète le plus, c’est le comportement de certains sur les réseaux sociaux. La nature et la chasse évoluent dans un monde de temps long, en parallèle à l’instantanéité de l’internet. Je ne sais pas ce que ça va donner dans quelques années.

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