Charles-Henri de Luze, pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

J’ai 61 ans et suis avocat. J’ai commencé à chasser à l’âge de 26 ans. J’ai d’abord siégé au sein du comité de la section de Morges, avant de la présider pendant neuf ans. J’ai ensuite rejoint le comité de la Fédération vaudoise, dont je suis actuellement le président.

Vous avez une position très claire vis-à-vis de l’indépendance cantonale au niveau de la chasse. Pouvez-vous nous en faire part  ?

On ne chasse pas de la même manière dans les Alpes grisonnes que dans la plaine argovienne. Chaque législation tient compte des particularités de son terrain et il est bon qu’il en soit ainsi. Plusieurs débats sur ce sujet ont néanmoins cours sur le plan fédéral.

Je citerai notamment la question du permis de chasse à titre d’exemple. Réglementer les conditions de son obtention sur le plan fédéral reviendrait à faire fi des diverses particularités. Les cantons latins dans lesquels la chasse du petit gibier est traditionnelle sont en droit d’attendre des chasseurs qu’ils connaissent bien celui-ci. Alors que pour les cantons dans lesquels se pratique essentiellement la chasse du grand gibier, que les chasseurs connaissent bien, le petit gibier ne présente guère d’intérêt, si ce n’est théorique. Si le droit fédéral régit l’obtention précitée, une des deux voies – connaissance approfondie du petit gibier ou non – devra être choisie, ce qui se fera au détriment des cantons qui n’y adhèrent pas.

Chaque canton doit donc pouvoir continuer à régler comme il lui convient la question de la délivrance de l’autorisation de chasser. Même si l’idée d’une standardisation peut sembler séduisante sur certains aspects, elle signifie une perte d’autonomie.

Et pour ce qui concerne Diana Romande, quel rôle doit-elle jouer selon vous ?

Je pense que son rôle actuel est bon. Elle cherche à fédérer les sections cantonales romandes, sans leur imposer de règles. Elle leur met à disposition un vecteur important d’informations : notre revue. Je pense que Diana Romande devrait être plus active dans la communication. Car quand les chasseurs sont pris à partie, ce n’est jamais un canton qui est visé, mais la chasse en général. Il appartient à Diana Romande de prendre position. A titre d’exemple, lorsque la presse a déclaré qu’un chasseur suisse avait salué des ânes en France, le tireur n’était pas suisse et n’avait aucun permis dans notre pays.

Finalement, comment voyez-vous l’avenir de la chasse vaudoise ?

Nous vivons dans un canton très urbanisé. Si la population citadine n’est pas forcément défavorable à la chasse, elle n’y est pas automatiquement favorable. Mais si les chasseurs vaudois se montrent actifs pour faire connaître notre pratique (stand, Passeport-vacances, présentation de la chasse aux gens dans le terrain…), la chasse vaudoise a de beaux jours devant elle. Aux chasseurs vaudois d’y veiller en œuvrant pour elle à chaque occasion.

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