La journaliste française Natacha Polony vient de publier Délivrez-nous du Bien ! Halte aux nouveaux inquisiteurs, un ouvrage coécrit avec Jean-Michel Quatrepoint, hautement recommandable. Le livre dénonce la tyrannie de minorités de plus en plus autoritaires, notamment celle des courants de pensée antispéciste et végane. Elle cite dans une interview accordée au Figaro : «Leur vision est la suivante : nous sommes mauvais, et en reconnaissant les torts de l’homme, en devenant vegane, l’individu se purifie. En revanche ceux qui persévèrent dans le carnisme choisissent de demeurer mauvais, ce sont des assassins, des pécheurs.» Une remarquable analyse qui vient rappeler combien ces écoles, qui se prétendent de la cause animale, ne sont en fait que des nouvelles religions intégristes, dont le seul objectif est de porter atteinte à nos libertés.

La clairvoyance de ma confrère qui n’hésite pas à faire une réflexion à contre-courant est rassurante, particulièrement dans un paysage médiatique gangrené par la bien-pensance. J’en veux pour preuve un article de Libération, vu début décembre, sur les lâchers d’animaux élevés pour les chasseurs. Si le papier révèle une pratique parfaitement condamnable, il n’est en fait qu’une tribune libre pour l’Aspas, Association pour la protection des animaux sauvage. L’auteur, Sarah Finger, fait presque honte à la profession, tant son analyse manque de sens critique. Les affirmations de son travail, basé uniquement sur une vidéo publiée sur les réseaux sociaux, ne respecte à aucun moment le principe de l’équité. Ni les chasseurs, ni les responsables de l’ONCFS n’ont été contactés pour donner le contre-pied aux thèses de l’ASPAS, une attitude particulièrement regrettable pour un quotidien qui se proclame de référence.

Dans la même ligne, Le Monde proposait encore en fin d’année une analyse sur la nocivité de la viande pour la planète. Si personne ne nie que l’élevage intensif peut avoir des conséquences négatives sur l’environnement, l’article, qui se base sur les seuls chiffres de l’Organisation des nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, manque cruellement de discernement, et ne fait pas de différence d’impact entre un bœuf élevé industriellement aux USA, et un agneau d’alpage. Nous étions en droit d’attendre mieux de la part d’un pareil média.

Relevons encore que Lucile Solari, productrice de Prise de terre diffusée sur RTS la 1re, n’a pas fait beaucoup mieux dans ses deux émissions consacrées à la chasse. Si elle a certes donné la parole à quelques nemrods, elle a trop clairement omis de relever leur rôle dans les actions de protection de la nature. Personne n’attendait bien sûr qu’elle fasse l’apologie de la chasse, mais elle aurait pu s’abstenir de faire un travail à charge. Dommage pour sa crédibilité.

Nous vous souhaitons bonne lecture, et surtout une excellente année 2019.

Vincent Gilliozrédacteur de Diana Chasse et Nature

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