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e traitement de l’information par les médias, lorsqu’il s’agit de sujet lié à la chasse, est souvent décevant pour notre communauté. Nous avons parfois l’impression que l’information est tronquée, et ne correspond pas à la réalité. La transcription de certains faits n’est que rarement neutre, et il arrive qu’elle soit orientée contre notre activité. Un constat d’autant plus regrettable que nos politiciens peuvent être influencés par le traitement de l’actualité, au moment d’élaborer des lois et règlements. Les mouvements populaires en faveur des animaux, de la faune sauvage et de l’environnement, aussi louables soient-ils, ne constituent pas toujours des sources fiables. Je souhaite qu’en 2019, l’information soit traitée avec plus de rigueur, et sans parti pris, par nos médias.

Protection des animaux

S’il faut absolument dénoncer les mauvais traitements à l’encontre des animaux, les lois qui vont jusqu’à définir la forme du bocal des poissons rouges ou la hauteur, au centimètre près, des chenils et autres lieux de parcage d’animaux, sont souvent trop extrêmes. Ceci dit, il est heureux que certains combats, notamment sur le transport des animaux vers les abattoirs, aient eu une suite favorable. Mais n’oublions pas que l’homme est omnivore et qu’il doit pouvoir s’assurer d’accéder à une nourriture suffisamment riche en protéine. La chasse, en partie, et l’élevage permettent cet accès, et ont en plus un impact économique indispensable. Nos agriculteurs, écrasés par trop de charges administratives, ont besoin plus que jamais d’être soutenus. A plus forte raison que l’antispécisme et le véganisme, prétendument sensibles à la cause animale, n’ont aucun égard pour la situation des métiers liés à l’élevage, pourtant indispensables à l’environnement. Que 2019 révèle à la population la richesse de nos campagnes et le respect qu’elle lui doit.

Grands prédateurs

L’arrivée des grands prédateurs, voulue et «renforcée» pour le lynx, «naturelle» et secrète pour le loup, souhaitée et «encouragée» pour l’ours, force à la jouissance des fanatiques de la biodiversité à n’importe quel prix. Elle inquiète et pose de sérieux problèmes à l’élevage, celui des moutons en particulier, et influe fortement les milieux de la chasse qui n’ont aucun moyen pour évaluer l’impact réel de ceux-ci sur les espèces. Malheureusement, lorsque des effets négatifs sont constatés, il est souvent trop tard pour imaginer des actions de protection pour le gibier. De plus, aucun responsable politique n’apporte de réelles solutions dans le paradoxe de favoriser la régulation naturelle des ongulés, tout en diminuant l’impact des prédateurs sur les animaux de rente ! Les instances administratives fixent tout au plus des quotas de tirs annuels dans les rangs des loups et elles entrent en relation avec les lésés pour fixer des indemnités par rapport aux pertes et au manque à gagner, mais elles n’ont aucun état d’âme face à une détresse professionnelle, alors que les attaques continuent. Espérons un avenir meilleur en 2019 ?

La chasse et les chasseurs

Plusieurs événements dramatiques se sont déroulés récemment en France, et les détracteurs de la chasse n’ont pas manqué d’en profiter pour accuser les chasseurs des pires exactions. Personne n’est à l’abri d’un accident, mais il nous appartient de toujours rappeler à ceux qui ne connaissent pas la chasse, que le contexte suisse favorise largement la sécurité, notamment par la formation et un arsenal légal important. Heureusement nos chasseurs, respectueux des lois, ne souffrent pas du dégât d’image que l’on peut observer ailleurs. En prenant la peine d’adopter une attitude courtoise lors des rencontres, le chasseur favorise l’acceptation de son activité. Souvent sur le terrain, je n’ai heureusement jamais été confronté à des personnes agressives, bien que la météo agréable ait favorisé les balades pédestres et la pratique du VTT. Souhaitons que les bonnes relations entre tous les usagers de la nature continuent.

Quid de la bécasse ?

Pour les bécassiers, c’est à la fin 2019 qu’ils connaîtront la synthèse du projet lancé et soutenu par l’Office fédéral de l’environnement, intitulé «Evaluation de l’influence de la chasse, des modifications de l’habitat et du dérangement sur les populations nicheuses de la bécasse des bois en Suisse». Même si elle est considérée comme non menacée à l’échelle internationale, la bécasse figure sur la Liste rouge des oiseaux nicheurs de Suisse, un point qui suffit à mobiliser les milieux protectionnistes qui veulent interdire la chasse de cet oiseau. Nous sommes donc en attente des résultats de ces recherches, dont les moindres détails ne manqueront pas d’être utilisés contre les prélèvements annuels possibles ! Espérons que nous pourrons compter sur des conclusions claires, dénuées de tous sentiments négatifs et d’influences, afin de faire perdurer cette chasse qui met en scène des chiens parfaitement dressés et des hommes conscients d’une éthique indispensable.

Que 2019 soit formidable pour tous les passionnés de nature !

Texte Alain Rossier,  photos Alain Rossier, William Dubouloz

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