Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

J’ai 68 ans. Je suis électricien de formation ; étant d’une famille d’agriculteurs j’ai toujours eu des activités proches de la terre. J’ai commencé à chasser après mon école de recrues, d’abord à Genève, puis, après la votation de 1974, en France et en Valais, où je chasse chaque année. Je suis président de la Fédération cynégétique genevoise depuis 2008. 

Quelles sont les activités d’une association comme celle que vous présidez, dans un canton sans chasseurs ?

Lorsque la chasse était pratiquée à Genève, il y avait trois sociétés, les Nordistes, Arve et lac, et la Saint-Hubert. L’actuelle fédération est issue de cette dernière, qui est la seule à avoir subsisté après l’interdiction des chasseurs. Elle a été présidée une trentaine d’années par Alain Rossier, et nous lui devons beaucoup. Il n’a jamais rien lâché, et a réussi à faire vivre cette association malgré le contexte particulier. Je pense qu’il est fondamental que nous existions, car Genève est toujours citée à tort par les antichasses comme l’exemple à suivre, alors que c’est absurde… Nous devons nous battre pour que les bons termes soient utilisés. Nous respectons les choix populaires, mais il ne faut pas dire que Genève est un canton sans chasse. Il ne s’est pas écoulé une seule année depuis 1974 sans qu’un animal sauvage soit «chassé». Au niveau des projets, nous avons travaillé sur les volontaires nature, qui auraient eu le rôle de gardes auxiliaires, comme dans les autres cantons. Ça n’a pas été au-delà d’une période d’essai d’un an et demi. Je pense que le test a manqué de temps pour être évalué, il aurait fallu trois ans pour avoir les premiers résultats. Mais ça renaîtra peut-être sous une autre forme. Nous sommes aussi engagés dans le sauvetage de faons comme dans le canton de Vaud. Ce projet est soutenu par le Service de la faune, Agri Genève et les associations de protection de la nature. C’est Anne Munzinger, qui doit me succéder ce printemps, qui le pilote.

Que pouvez-vous dire de Diana Romande ?

Diana Romande n’est pas importante, elle est indispensable. C’est fondamental de regrouper les chasseurs francophones sous la même bannière et Genève y a toute sa place. Cette société a vécu des années difficiles, et Charles-Louis Rochat a fait un excellent travail pour ramener le calme et la sérénité. Il a apaisé Diana Romande. Son nouveau président Pascal Pittet est plein d’énergie. Il est efficace et s’investit beaucoup. Il amène un vent nouveau. J’espère simplement qu’il ne se fatiguera pas trop vite.

Voyez-vous un avenir à la chasse genevoise ?

Il faut être réaliste, la chasse telle que nous l’entendons ne sera plus pratiquée à Genève. Avec un demi-million d’habitants et 13 000 hectares potentiellement chassables, c’est irréaliste. Par contre, je pense qu’il serait souhaitable qu’une collaboration plus étroite entre les chasseurs, les services de la faune et les associations de protection animale et de la nature se développe. Je suis persuadé que ce serait bénéfique pour la faune et l’environnement genevois. Il semble que nous sommes en bonne voie, pour autant que nous puissions faire fi des extrémistes de tous bords qui perturbent le débat.

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