Septième Assemblée des délégués

Les points importants de cette assemblée étaient les suivants:

• La politique cynégétique définie par le président Hanspeter Egli et dont divers aspects ont été largement repris par les personnes invitées à s’exprimer.

• Le programme des activités et ses différents volets mis en œuvre.

Hanspeter Egli, président: Pour une chasse durable

Dans son discours, le président de ChasseSuisse a cité le professeur Friedrich Reimoser, de l’Université de Vienne, qui affirme que «l’exercice de la chasse durable demeure possible à long terme et ne dépend pas seulement des chasseurs. Pour la préservation de la biodiversité, il faut responsabiliser tous les exploitants de la nature dont l’action a un effet sur la faune sauvage et ses espaces vitaux». Cette conclusion a été le fil rouge d’Hanspeter Egli lors de son exposé:

Collaboration et non confrontation

Pour pouvoir évaluer si une exploitation est durable ou non, des principes et indicateurs de durabilité ont été définis dans les domaines écologiques, économiques et socioculturels pour les quatre groupes d’exploitants que sont la chasse, la sylviculture, l’agriculture, les loisirs et la détente. Ainsi, chaque groupe peut contrôler de façon transparente si ses agissements répondent aux exigences en matière de développement durable et évaluer la situation en ce qui concerne la faune sauvage, ses espaces vitaux et la chasse. Le respect réciproque entre les quatre groupes d’exploitants et une forte compréhension des besoins de chacun sont des conditions indispensables pour garantir une exploitation durable des sols, de la flore et de la faune.

Lynx, loups et castors ne sont plus menacés

Les lynx, les loups, les castors et les loutres ont pu reconquérir leurs anciens espaces vitaux, comme l’ont fait avant eux les ongulés. Alors que ces derniers sont soumis à une forte pression de chasse, notamment suite à la demande pressante des milieux sylvicoles et agricoles, on rencontre encore beaucoup de problèmes quand il est question des espèces protégées. Une grande partie de la population, massivement soutenue par les médias, reste très attachée à des façons de penser désuètes, alors qu’il conviendrait de réguler d’urgence les populations de lynx et que ce n’est qu’une question de temps s’agissant du loup et du castor. En effet, le lynx s’est parfaitement implanté dans les espaces vitaux de notre faune sauvage. Il est aussi grand temps d’analyser les interactions de la présence du lynx avec les autres espèces animales de façon critique et d’agir là où cela se révèle nécessaire!

Fournir de l’énergie grâce à une stratégie innovante

Afin de permettre le renoncement à l’énergie nucléaire, l’utilisation des différentes sources d’énergie doit devenir plus efficace et il est prévu d’accorder une priorité absolue à la production d’énergies renouvelables. Dans cette situation, les aménagements hydroélectriques et les éoliennes ont des conséquences importantes sur les espaces vitaux et sont en conflit avec d’autres intérêts de protection desdits espaces. Il ne faut pas que les espaces vitaux de la faune sauvage, déjà soumis à une forte pression par les infrastructures urbaines, les transports, les sites énergétiques et de loisirs, soient davantage amputés à l’avenir. Lors de la planification de telles installations, on met l’accent sur les arguments de protection paysagère et les ­effets négatifs pour la qualité de vie de la population. Par contre, les ­effets ­négatifs sur la faune ne sont pas abordés ni analysés. Nous devons faire entendre notre voix en faveur de la faune sauvage dans le conflit d’intérêts opposant l’énergie à la ­nature.

David Clavadetscher, directeur: Partie administrative rondement traitée

Après l’adoption du procès-verbal de l’assemblée des délégués du 14 juin 2014 à Winterthur et des rapports annuels 2014, il appartenait au directeur Clavadetscher de présenter et de commenter les comptes 2014 de ChasseSuisse. Au terme de l’exercice, le bilan présente encore des capitaux propres de 135 279 francs.

Aucune question concernant les comptes annuels n’étant posée, Bruno Fasel a pu présenter son rapport de vérification. Les comptes annuels sont acceptés avec une abstention.

Le directeur présenta ensuite le programme des activités 2015:

• La réunion  «Relations publiques et communication» se déroulera à Olten le vendredi 13 novembre 2015 à 10h.

• La prochaine conférence des présidents se déroulera à Berne le 22 janvier 2016.

• Quant au projet «Venaison de chasse locale», ChasseSuisse est disposée à produire les documents correspondants qui seront accessibles sur le site Internet. Il s’agira de petites affiches, de modèles «cartes de menus», «annonces», etc. Un vote consultatif démontre que des besoins dans ce domaine sont bien réels. Le projet est donc prorogé.

Le directeur présente ensuite le budget 2015. Les propositions sont acceptées avec 4 abstentions. Il en est de même du projet de nouveau règlement des frais.

Reinhard Schnidrig: La chasse vue de Berne 

Le chef de la section Faune ­sauvage et biodiversité en forêt à l’Office fédéral de l’environnement a expliqué que, sur le plan fédéral, deux grands projets ont été conduits à terme:

• L’ordonnance révisée sur la chasse qui sera transmise au Conseil fédéral le 1er juillet et entrera en vigueur le 15 juillet.

• Les concepts concernant le loup et le lynx seront ajustés après la révision de l’ordonnance sur la chasse et leur publication est prévue pour fin août. Reinhard Schnidrig attire l’attention sur le fait qu’il ne souhaite pas susciter de vains espoirs. A ce jour, les conditions requises pour une régulation sont déjà remplies. Il faut mettre en place de nouveaux concepts territoriaux et les critères doivent être formulés de façon encore plus claire.

Quant au concept du castor, il est en travail et va être soumis à une votation très prochainement.

A l’OFEV, on se penche aussi sur le thème de la biodiversité dans les forêts. Les activités sylvicoles liées aux ongulés et à la biodiversité naturelle ont de l’importance. Un programme stipulant les mesures à prendre concernant la protection des forêts a été proposé. Ce programme est en vigueur jusqu’en 2030. L’Etat fédéral met 10 millions à disposition et les cantons y contribuent également par un montant de 10 millions.

Autres points discutés

• Selon un jugement du Tribunal fédéral concernant la législation cynégétique, les cantons peuvent influer à tout moment sur les espèces protégées, même en dehors de la saison de chasse, hormis dans les aires fédérales protégées. Dans le passé, le canton de Berne a agi de façon un peu trop offensive à propos des harles bièvres et des hérons cendrés. La Protection des oiseaux a déposé plainte contre la non-publication de ces interventions. Toutes les interventions doivent être publiées si elles risquent de menacer les biens protégés au sens de la
LPN (Loi sur la protection de la ­nature). Le Tribunal fédéral stipule que les listes d’animaux devant être tirés en dehors de la saison de chasse doivent également être publiées au préalable. Le droit de recours des organisations doit être vérifiable.

• La régulation des cygnes tuberculés doit être facilitée grâce à une nouvelle motion parlementaire. Cela pourra donc être réglé dans le cadre de la motion Engler. Une régulation simplifiée est possible. La motion Engler sera traitée dans le cadre de la révision de l’Ordonnance fédérale sur la chasse. La motion Landolt, concernant la désignation de districts francs fédéraux, sera transmise à la commission correspondante en octobre.

• Le règlement des amendes d’ordre de chasse a provoqué un procès qui est en cours.

Reinhard Schnidrig signale que le thème de la munition au plomb doit être abordé. Des jalons dans ce domaine ont déjà été posés en Europe. Il constate avec plaisir que le justificatif de la précision au tir et sa reconnaissance cantonale mutuelle fonctionnent bien.

Hanspeter Egli remarque qu’une partie des thèmes se répète d’année en année et que de nouveaux viennent s’y ajouter. Il est important d’étudier sans idées préconçues tous les thèmes et de considérer leurs évolutions de façon objective. Il constate que les différents intérêts des cantons doivent être préservés et que la répartition actuelle des tâches entre la Confédération et les cantons est judicieuse.

Christoph Jäggi: Une chasse moderne 

Le président de la Conférence des services de la faune, de la chasse et de la pêche (CSF) a relevé dans les statuts de ChasseSuisse qu’un des objectifs consiste à promouvoir une chasse moderne et conforme aux règles de l’art. La formation continue y joue un rôle essentiel et il ne faut pas hésiter à remettre les pratiques traditionnelles en question. En conséquence, il faut ajuster les conclusions en matière de biologie animale. Ces conclusions peuvent rendre la chasse plus exigeante, mais nous le devons à la faune sauvage. L’Etat fédéral, la CSF et ChasseSuisse ont organisé un atelier de travail consacré à la chasse au chamois. Les conclusions montrent que plusieurs facteurs influent sur la diminution des populations de chamois. La chasse joue ici un rôle important. Persister dans la tradition serait fatal pour cette population. Il faut donc adapter la chasse aux chamois à la situation actuelle et pratiquer une chasse moderne, conforme aux principes de la biologie animale.

Concernant la chasse au sanglier, il faut également garantir une bonne coordination entre les chasseurs, les territoires de chasse, la sylviculture, l’agriculture et les autorités. La CSF soutient la réalisation de parcs à sangliers pour la formation des chiens de chasse.

La protection des animaux joue un rôle croissant dans le cadre de la chasse, par exemple en ce qui concerne la formation des chiens de chasse et l’introduction du justificatif de précision au tir.

Un autre aspect est que la chasse permet de fournir de la ­venaison et que les nouvelles dis­positions de la législation sur les ­denrées alimentaires concernent également les chasseurs. La CSF
va tenter de trouver des solutions praticables conjointement avec ChasseSuisse.

 Jean-Pierre Boegli

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