L’espoir! C’est ce qui permet au monde de survivre même si actuellement dans certaines régions de la planète cela s’amenuise horriblement! Vivre d’espoirs, c’est un peu ce qu’il nous reste pour poursuivre notre chemin de chasseur en montagne.
A parcourir les sentiers alpestres ou forestiers, l’impression d’une ingérence progressive se manifeste et nous remue les tripes. L’arrivée du désert! Pas encore vraiment le Sahara mais une lente évolution vers des contrées dépouillées. Je ne veux pas parler du réchauffement climatique qui, à la longue, assèche les biotopes. L’eau encore en suffisance permet de pallier partiellement ce phénomène, mais qu’adviendra-t-il lorsque nos glaciers auront définitivement laissé leur place à la caillasse d’altitude? Le désert! Pourtant ce n’est pas cette future désolation qui me préoccupe le plus aujourd’hui. Ce qui me torture, c’est l’insaisissable sentiment de l’installation graduelle d’un désert giboyeux. Le chamois prend l’ascenseur mais se trompe de direction. Au lieu de grimper comme c’est son habitude, il descend de plus en plus dans les profonds abîmes pour, peut-être un jour, disparaître inexorablement de nos territoires alpins. Les statistiques volent en éclats! C’est être pessimiste que de le penser? Peut-être, mais la réalité ne peut que renforcer cette sensation. Apercevoir une dizaine de chamois avec leur progéniture de l’année devient presque une vue de l’esprit. Lorsque ce plaisir s’offre à notre regard, l’espoir renaît. L’espoir que le désert n’est pas pour demain. Bien sûr, le bouquetin peuple de plus en plus le territoire du chamois. Le cerf en fait de même, tout comme le chevreuil que l’on croise à des altitudes inhabituelles. Mais jamais ils ne remplaceront l’antilope des cimes!
A la veille de l’ouverture, l’espoir ressuscite! Celui bien sûr de trouver un gibier à sa convenance. Celui aussi de vivre des moments privilégiés dans la nature. Mais surtout l’espoir que le chasseur survive, car s’il venait aussi à disparaître, qui se soucierait encore de savoir si le chamois perdure dans nos régions? L’espoir que le chasseur survive pour que, si par malheur un jour il fallait réintroduire le rupicapra dans nos Alpes, il soit là, comme il l’a été pour le chevreuil, pour le bouquetin et pour le cerf. Alors ne nous décourageons pas et faisons en sorte que vivre d’espoir ne soit pas une illusion. Même si la distribution des cartes a totalement changé!

Chasie

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