Il faut le savoir : régler une carabine
Voilà un sujet qui revient à la une chaque année. Faut-il le faire, par qui et comment ?
Un contrôle et, le cas échéant, un réglage est indispensable avant chaque saison de chasse. Il y a trois réponses à chercher :
1. La performance de mes yeux (lunettes) est-elle restée la même ?
2. La charge de ma munition préférée est-elle toujours identique ?
3. Ma lunette de visée a-t-elle reçu « un coup » ?
Personne, du champion de tir toutes catégories au débutant, n’est en mesure de répondre à ces trois questions sans « aller essayer » en stand.
Il s’agit donc d’aller dans un de nos stands de tir et de tirer au minimum quatre coups de carabine sur la cible chamois, en position couchée et appuyée. Pourquoi quatre coups ? Avant le tir, il faut « dégraisser » l’arme. Malgré cette opération, il se peut que le canon ne soit pas tout à fait propre, ce qui peut influencer la précision du premier coup.
Arrivé au stand, on s’applique à bien *viser et à soigner le départ des coups. Sans trop se soucier du résultat du premier coup, on regarde de près les coups 2, 3 et 4.
Premier cas de figure :
Les coups sont bien groupés au centre. On peut les cacher sous une sous-tasse à café (deux fois 9 et une fois 10). L’opération est donc réussie. Dès lors, pour aller à la chasse, il suffit :
a) de ne plus nettoyer ou graisser le canon avant l’ouverture
b) à la chasse, de tirer impérativement des cartouches de la boîte que nous avons utilisée pour notre réglage.
*Viser juste
Sur cible et en nature, cerf, bouquetin, chamois, chevreuil et sanglier immobiles, on vise toujours le même point.
Ce n’est pas un organe précis, le cœur, le coup ou la tête. Non, le seul point à viser est le croisement entre la ligne de l’axe du tronc et la ligne verticale de l’attache des pattes antérieures. Nous devons planter notre balle au centre de la cage thoracique.
*Le point à viser
En résumé
• Régler ou contrôler le réglage d’une carabine, c’est faire en sorte qu’une balle tirée frappe exactement le point que l'on a visé.
• Au tir, en stand sur cible chamois, nous devons arriver au 10.
• Une fois l’arme réglée, on laisse le canon sans nettoyage et sans graissage jusqu’à l’ouverture.
• À la chasse, on tire impérativement les cartouches de la même marque, du même poids et sortant de la même boîte que celles utilisées pour le réglage.
Et si les trois coups ne sont pas bons ? En voici les raisons.
D’abord bravo et félicitations ! Vous avez découvert un problème de tir en faisant feu sur une cible en carton et pas sur un animal vivant.
Maintenant, il convient de trouver la raison d’un résultat insuffisant.
Deuxième cas de figure
Nos coups sont dispersés. A droite, un autre trop bas et le troisième en haut à gauche. Ici, le problème n’est pas l’arme, mais bien le tireur ! Les coups tirés correctement et avec le même point à viser se trouvent forcément tous au même endroit. Si tel n’est pas le cas, il nous faut programmer quelques séances d’entraînement. Il convient de tirer des séries de trois coups et ne regarder le résultat qu’après le troisième coup. Ainsi, on est sûr de ne pas se laisser influencer dans la manière de viser par les impacts des coups précédents. Pour cet exercice, le résultat au niveau des points n’a aucune importance.
Aussi longtemps qu’on ne peut pas « couvrir » les trois impacts dans la cible avec une sous-tasse à café, il est inutile de vouloir modifier quoi que ce soit à notre système de viser.
Troisième cas de figure
Nous sommes parvenus à des tirs bien groupés, mais en dehors de la zone 8/9/10. C’est le moment de régler la lunette. Si l’armurier, au moment de l’achat ou du montage d’une lunette, la règle grossièrement, le réglage fin, tirer des 10, c’est l’affaire de celui qui va à la chasse avec cette arme.
Admettons que les coups sont trop à droite et trop hauts. Au marquage cela donne deux fois 1 et une fois 3. Donc, on va devoir déplacer le réticule vers la droite et vers le haut afin de le faire coïncider exactement avec le centre de la zone d’impacts.
Chaque lunette a deux tambours de réglage.

Pour corriger, il faut d’abord enlever (dévisser) les capuchons situés sur les tambours.
Tambour de correction de la dérive

Attention! L’exemple ci-dessus est une lunette où la correction vers la droite s’effectue dans le sens de l’aiguille d’une montre. Ils existent d’autres modèles où la même correction s’opère dans le sens inverse. Dans tous les cas, il convient de « tourner » le tambour selon l’indication.
Tambour de correction de l’élévation

Attention! L’exemple ci-dessus est une lunette où la correction vers le haut s’effectue dans le sens contraire de l’aiguille d’une montre. Ils existent d’autres modèles où la même correction s’opère dans le sens inverse. Dans tous les cas, il convient de « tourner » le tambour selon l’indication.
Dans notre exemple en figure 1, trois coups tirés, deux fois 1 et une fois 3, nous devons donc : baisser les impacts et les déplacer vers la gauche. Les tambours de correction tournent par à-coups (crans). Chaque cran donne une correction (à 150 m de distance de tir) d’environ 3 à 4 cm. Les valeurs indiquées sur la cible sont : le 1 est situé à 20 cm du centre, le 3 à 15 cm, le 8 à 11 cm et le 9 à 7,5 cm. Donc, au tambour de dérive (figure 3) nous devons donner 5 crans dans le sens contraire de l’aiguille d’une montre (contre le sens de la flèche RE) et au tambour de l’élévation (figure 4) 3 crans dans le sens de l’aiguille d’une montre (dans le sens inverse de la flèche UP).
Pour bien comprendre ces explications, sortons maintenant notre carabine de l’armoire, enlevons les capuchons des tambours de correction et comparons ce que nous découvrons avec les figures 3 et 4. Ensuite nous tournons les tambours sur notre lunette de visée, à la main ou à l’aide d’une pièce de monnaie, en aller et retour de deux à trois crans. Cet « essai » à la maison nous familiarise avec notre lunette.
Au stand, après avoir effectué la première correction, nous tirons à nouveau une série de trois coups. Selon l’impact moyen de celle-ci, nous ajoutons ou diminuons de quelques crans notre première correction. Le but, c’est d’arriver à tirer trois fois 10 !
Mais attention : avant de recorriger, il nous faut à nouveau une série de trois coups au même endroit ; et enfin, après chaque correction, nous tirons une série de trois coups pour vérifier.
Récapitulons
Pour corriger un mauvais emplacement des coups dans la cible, nous déplaçons le réticule à l’endroit des impacts. Pratiquement cela signifie : tourner les tambours de correction dans le sens indiqué : si les coups sont à gauche, on tourne en direction de la flèche R et s’ils sont trop bas on suit la flèche UP ou Auf.
Effectuer soi-même ces opérations élémentaires augmente notre sérénité au moment de faire feu sur un animal vivant.
Rappelons-nous :
- régler ou contrôler le réglage d’une carabine, c’est faire en sorte qu’une balle tirée frappe exactement le point que l'on a visé
- au tir, en stand sur cible chamois, nous devons arriver au 10
- une fois l’arme réglée, on laisse le canon sans nettoyage et sans graissage jusqu’à l’ouverture
- pour le dernier réglage et la chasse, on utilise impérativement les cartouches de la même marque, du même poids et sortant de la même boîte.
FV
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