Ma première battue au renard
Rendez-vous pour la section à 8h30 à Fey. La nuit précédente commence mal, il neige et pas que quelques flocons, et moi j’ai peur de rouler sur la neige au lever du jour, je me désiste. Mais non, Vincent vient me chercher !
8h45 à Fey, formation des groupes : où l'on va ? qui traque ? Quels chiens va-t-on lâcher ? Tout cela sans « dictateur », mais dans la confiance de ceux qui connaissent les lieux, qui tout au long de l’année ont observé.
Alors, on y va ! J’ai bien vu leurs sourires ; entendu, la remarque « les filles, vous allez traquer, vous faire les cuisses ! ». Pour moi, c’était un rappel : « La chasse, c’est pas de la plaisance ! ». Mais, il y a des limites…
Alors, nous sommes parties, Véronique (candidate de 2e année) et ma chienne Mirbelle. Nous devions monter là-haut, certes, mais par où ? Bon, on traverse le ruisseau, déjà un pas de fait, et après ? On trouve un passage dans les broussailles, on s’enfonce dans la neige, on fait presque autant de pas en arrière qu’ en avant. Je ne sais que faire de mon fusil, comment le porter et… bof… le canon est plein de neige ! Alors, je désarme et je le « trimbale ».
Premier appel sur mon portable : « Où vous êtes ? Vous foutez quoi ? Nous, on est posté depuis longtemps ! Alors, bouge ton c… !
Bon c’est vrai que, physiquement, je n’étais pas à la hauteur et que sans Véronique, j’aurais abandonné. Mais nous l’avons bougé notre c… ! En finissant par ramper sur la neige, comme à l’armée, ça allait plus vite que de s’enfoncer dans 50 cm. Enfin le sommet, ouf ! et les nouvelles instructions : « Maintenant vous descendez dans la combe, tu lâches ton chien ! ». J’ai lâché mon chien. Véronique et moi, on s’est regardé, on a regardé la pente et la végétation, on a fait mine d’essayer sur quelques mètres (un pas en avant = 1 mètre en contre-bas). Finalement, on a fait le tour de la combe, toujours souvent à plat ventre dans la haute neige !
Nous avons retrouvé les nôtres, à peine fâchés de notre « traque inutile », toujours sourire aux lèvres, même pas narquois.
Enfin 12h30 ! Retrouvailles avec les autres groupes au refuge de Villars-Mendraz . Tout est prêt, les breuvages et la soupe ! Je ne savais pas Stéphane, notre cuisinier, si sadique ! Même les cuillères en plastique ne supportaient pas cette chaleur ! Il fallait humer et patienter, ou alors se brûler le bec, le ventre creux ! Et ce n’est pas fini, le saucisson pur sanglier de Jean-Louis, les fromages et le café (bof) accompagné de la petite prune (humm) !
Bon ce n’est pas le tout, on y retourne ! Trajet choisi pour notre groupe par Vincent, c’était correct, mais il avait juste oublié qu’il n’avait pas sa voiture, mais celle de son épouse…, on est descendu dans la neige, mais … Il fallait ressortir et ça a fait zzz et plof…
Alors ? Alors Branco était là, le beau Branc, pas pressé avec ses chevaux dans son grand 4x4 (merci monsieur le Président). J’évoque juste après le dérapage un « chouillat » mal contrôlé de Nicolas finissant aussi en profondeur… Et encore la corde toujours plus longue à force de tracter Mickèle.
Bref, résumé de la journée : quatre renards, mille regards sur la nature, sur les autres, sur le passé, le présent et l’avenir. La chasse, c’est un peu « tout en un ». Alors si tu n’as pas de section, ou si ta section s’ennuie, j’ai une adresse pour toi.
Marianne Tinguely
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