Vaud     2010

La Diana de Cossonay se présente à l’Expo de Cossonay 2009
du 10 au 18 octobre

Pour être compris de l’opinion publique, l’exercice de la chasse et sa mission régulatrice se doivent de recourir à la communication. Etant persuadé de ceci, le comité de la section de Cossonay a proposé à ses membres de participer à la fameuse Expo annuelle de Cossonay en y tenant un stand. Et malgré la période déjà bien chargée pour les Nemrod que nous sommes, en effet cette Expo se déroule pendant toute la 2e semaine de la générale, ces derniers ont immédiatement accepté cette proposition.
Sitôt fait, un petit comité ad hoc s’est réuni à quelques reprises afin de définir les thèmes que l’on voulait aborder et présenter pendant cette semaine, et pour organiser la mise en place et la tenue de ce stand.
Tout le monde était sur la même longueur d’onde et rapidement la décision a été prise de mettre en place un stand nous donnant l’opportunité non seulement de présenter notre section mais aussi de partager tous les aspects de cette passion qui est la nôtre. Et le tout sous la forme d’un stand et d’animations dont les thèmes porteurs étaient la chasse bien entendu, mais aussi la nature et la faune de chez nous, la formation des chasseurs et également nos fidèles compagnons les chiens.
Le cadre et le fil conducteur étant définis, il nous restait à trouver le matériel didactique nécessaire, des animaux empaillés pour enrichir le stand, des documents dignes d’intérêts à partager avec les visiteurs, des films à projeter ou des présentations à exposer, des chiens qui nous accompagneraient sur le stand le temps d’une soirée et bien entendu dans un décor permettant d’harmoniser le tout.
Ce décor fut conceptualisé en quelques minutes dans la tête de Jean-Mi, notre maître décorateur de la section, et de nombreux contacts furent immédiatement pris afin de pouvoir trouver quelques soutiens financiers ou matériels, ainsi que les documents ou supports électroniques recherchés.
A ce propos, je tiens à remercier chaleureusement Diana Suisse, la FSVD, Yvan Ueltschi, Georges Rochat, Michel Jaquillard, Christophe Branco, la Commission des Cours, Denis Schwitzguebel ainsi que la Conservation de la Faune pour leur aide respective.
Le tout étant quasi prêt, sur le papier en tout cas, il fallait encore définir comment allier l’utile à l’agréable. Il est vrai qu’au sein de notre section, en ce qui concerne la convivialité et la fraternité, on est rarement pris au dépourvu. Quelques SMS envoyés aux membres pour collecter de la viande, un coup de fil à notre boucher et à notre vigneron, et le tour était joué : les saucissons de chasse étaient déjà en fabrication et le blanc au frais.
Il n’y avait plus qu’à, ou presque… Huit jours d’Expo, c’est long, il nous fallait du monde pour faire vivre notre stand. Et ce sont environ 25 membres qui ont joué le jeu et répondu favorablement à notre requête en acceptant de passer du temps sur le stand, de jour comme de soirée, et même de nuit pour celles et ceux qui ont aimé prolonger sous la cantine.
Le montage du petit coin de forêt habité par quelques animaux empaillés s’est fait en un mercredi après-midi dans la bonne humeur et sous la direction de Jean-Mi épaulé pour l’occasion d’une équipe sympathique et efficace.
Tout était donc prêt pour passer une semaine riche en échanges, en discussions et en convivialité, même si quelque peu fatigante.
Je profite de l’occasion pour remercier tous les membres de la section pour leur dévouement, leur soutien et contribution appréciés à leur juste valeur.
Au vu des différents échos et même courriers reçus, la semaine fut sans conteste un réel succès. Les visiteurs furent nombreux, aussi bien jeunes que moins jeunes sont venus nous trouver. Les discussions furent très intéressantes et quel plaisir ce fut de pouvoir partager notre passion avec le grand public. Les différents chiens présents avec leurs maîtres ont été la coqueluche des enfants et ont permis d’aborder certains sujets de manière très plaisante avec les adultes. Les saucissons ont eu un succès incroyable et le verre de l’amitié a pu être partagé dans un contexte très convivial.
Une chose est certaine : la chasse ne laisse personne indifférent. En toute objectivité, le grand public n’y est pas du tout opposé, bien au contraire. Cependant, il est ouvert à la discussion, il a besoin qu’on lui en parle, qu’on lui explique et qu’on lui démontre le rationnel de certains aspects susceptibles de générer des discussions parfois animées.
La communication peut et doit se faire partout, sur le terrain comme autour d’un verre de l’amitié, et sans aucun doute cette présence à l’Expo de Cossonay nous a permis de communiquer avec la population et de convaincre certains indécis. De plus, je suis persuadé qu’il est du devoir de nous tous, chasseurs et sections, de nous présenter et d’engager les discussions. Peu importe le contexte, chaque occasion est bonne à prendre et est opportunité de présenter la beauté de notre passion.
Dans le cadre de cette Expo, de nombreuses questions nous ont été aussi posées et la pertinence de ces dernières fut tellement d’actualité, que je tenais également à vous en faire part. C’était bien sûr une opportunité pour nous, voire un devoir, d’y répondre et d’apporter nos points de vue sur les différents sujets abordés. Je vous ferai grâce des réponses fournies, vu leur évidence, mais voici quelques exemples de sujets abordés.
Au sujet des grands prédateurs :
• Est-il vrai que l'on a des lynx dans le Jura ? Et combien y-en-a-t-il ? Est-il vrai qu'il y en a bien plus que ce que l’on peut ou veut nous dire ?
• On a vu un lynx l’autre jour en se promenant vers Le Mollendruz. Il n’avait pas l’air si craintif. Sont-ce des bêtes si sauvages que ça ?
• On ne savait pas qu’un lynx tuait en moyenne une bête par semaine. Mais alors est-ce pour cela que l’on voit moins de chevreuils et de chamois dans le Jura ?
• Est-il vrai qu'il y a aussi des loups dans le Jura ?
Au sujet des opposants à la chasse :
• On devine bien des tensions entre les chasseurs et les opposants à la chasse, mais celles-ci sont souvent dues à un manque d’informations. En fait, les objectifs ultimes des uns et des autres sont souvent proches. La chasse se doit de participer à la conservation de la nature par le maintien ou l’amélioration des biotopes, et par la gestion des populations animales qui y vivent. Comment les chasseurs contribuent-ils à cette qualité des biotopes ?
• Se présenter au public, expliquer ce que vous faites, comment vous le faites et pourquoi vous le faites, c'est bien. Il nous semble que vos détracteurs investissent beaucoup plus dans certaines initiatives telles que des sondages, des articles de presse, des reportages, etc. Certes ils sont plus puissants financièrement que vous, mais pourquoi n’investissez-vous pas plus dans la communication en tous genres pour pouvoir vous défendre à armes égales ?
Au sujet des plans de tir :
• Combien pouvez-vous tirer de chevreuils ou de chamois par année ?
• Les renards sont de moins en moins farouches. Ils viennent jusque vers les habitations. Combien en tirez-vous par année ?
• Pourquoi avez-vous tué autant de sangliers l’année dernière ? Le nombre de sangliers à saluer n’est pas limité ? N’était-ce pas exagéré, car il y en a bien peu cette année ?
Au sujet des maladies :
• Est-ce vrai que le renard peut être porteur d’une maladie mortelle pour l’homme (l'échinococcose). Comment peut-on se protéger ?
• Y a-t-il encore des cas de rage en Suisse ?
Au sujet de la formation du chasseur :
• Comment doit-on procéder pour devenir chasseur ? On doit suivre des cours, mais combien de temps cela dure-t-il ?
• On doit faire des journées obligatoires : mais en quoi consistent-elles et à quoi servent-elles ?
• Quelles sont les matières théoriques à connaître ?
• Peut-on quand même faire le permis si l’on n’a jamais utilisé d’arme de sa vie ?
Et encore sur des sujets plus généraux :
• L’autre jour, on a vu une voiture dans le parking du bistrot du coin avec un sanglier sur la grille arrière. Il était à la vue de tout le monde et le sang coulait même sur la place. Est-ce autorisé d'exhiber ainsi des animaux tués ?
• Ne vaudrait-il pas mieux d'être plus discret et de ne pas les laisser à la vue de tout le monde, surtout quand le véhicule est parqué dans un lieu public ?
• L'autre jour, on se promenait en bordure de forêt et un chasseur a failli nous rouler sur les pieds avec son véhicule. Il ne nous a même pas dit bonjour. Pourquoi était-il si agressif ?
Voilà quelques exemples de questions qui ont généré des discussions très intéressantes. Mais force est de constater que la population est sensible à certains sujets qui nous interpellent également ou que l’on connaît tous très bien. Et ces derniers démontrent bien que si l’on veut préserver ce bien qui nous est cher et continuer à pratiquer notre passion, on se doit tous d’y contribuer par le biais d’une communication permanente et efficace, mais aussi par une éthique et un comportement irréprochables.
Pour terminer, je reprendrai les paroles d’un être qui m’était cher et qui allaient dans le même sens : « Que la chasse, par le comportement et la communication de ses adeptes, reçoive la possibilité de poursuivre sa mission dispensatrice de plaisir et d’amitié ».
Et en participant à l’Expo de Cossonay, je suis persuadé que notre section aura œuvré dans ce sens-là.

Pour la section de Cossonay, son président