Hommage à Robert Pernet, dit Robby
Le 14 août 2009, à quelques semaines seulement de notre passion à tous, Robby, dans sa 73e année, a rejoint St-Hubert, pour lui donner un coup de main.
C’est devant le stand de tir des Mosses où il s’entraînait pour le Tir à l’Aigle des Paccots et celui de l’Ancien Comté de Gruyère de l’Hongrin, que Robby nous a quittés. Pourtant, il préparait et se réjouissait pour la future saison de chasse qui arrivait. Il exultait surtout pour celle du chamois, sa préférée. Lui qui, à l’âge de 13 ans déjà, tirait son premier chamois. En effet, un jour où il demandait à son père d’acheter de la viande fraîche, en lieu et place du sempiternel lard rance, son patriarche lui avait alors répondu de se débrouiller avec le « truc » suspendu derrière la porte. Robby, malgré la peur de sa vie, tira un superbe bouc qu’il eut toutes les peines du monde à ramener au domicile. Là, sa mère le prépara et le mit en bocaux, comme on le faisait à l’époque. Son père Ami avait alors dit: « C’est de la viande bon marché, mais un jour il faudra payer le berger ». Alors, dès l’âge de 20 ans, Robby acheta son premier permis et chassa dans les règles de l’art. Il surveilla et garda pendant les 45 années passées aux remontées mécaniques de Leysin « ses chamois ». Du reste, lors de l’ouverture 2009, c’est comme si Robby avait gardé, depuis les cieux, cinq chamois pour ses amis du groupe de chasse.
Après le chamois, il y avait bien entendu « La Générale ». Au début, les chevreuils et les lièvres se tiraient dans nos Préalpes et c’est au cours de l’une de ces parties de chasse que notre Robby fit la connaissance d’un « Pieds Plats ». C’est plutôt le nez de ce dernier qui fit la connaissance du poing de Robby. Mais, au fil du temps, Robby apprit à connaître des « Pieds Plats » et il se réjouissait de les rencontrer pour chasser en leur compagnie. Robby, grâce à sa gentillesse et à sa bonhomie, avait des amis dans toute la Suisse romande, du Jura au Valais.
Robby a toujours tout assumé; il philosophait même souvent sur les mésaventures que la vie lui avait réservées. Il en retirait toujours des points positifs.
Au bord du bois, Robby disait souvent aux autres chasseurs: « S'il ne passe pas aujourd’hui, il passera demain »; et quand il rentrait le soir à la maison et que sa famille lui demandait de décrire sa journée, il expliquait gentiment qu’il n’avait pas vu de bêtes, mais par contre de très jolies fleurs.
Pour nous, les compagnons de son groupe de chasse, Robby nous a appris la loyauté, l’écoute des autres, la sérénité, la patience, la ruse, la passion et la discrétion. Lui qui n’était pas jaloux de son savoir, avait encore beaucoup de choses à nous apprendre. Que ton grand cœur et ton sourire nous soudent encore longtemps.
A ta compagne Simone, ta fille Isabelle et à ton fils Robby, nous présentons notre profonde sympathie.
Ton groupe de chasse
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