Vaud     2009

Rapport présidentiel 2009

Au nom des 800 chasseurs vaudois, j’ai plaisir à saluer la présence de nos principaux partenaires et j’insiste sur ce terme de partenaires. Pourquoi ? Parce que la mission qui incombe à nous autres chasseurs, c’est d’être, avant tout, les régulateurs de la faune vaudoise.
Cette mission essentielle ne saurait être accomplie sans une étroite collaboration avec les autorités de tutelle, c’est-à-dire, Madame la Conseillère d’Etat Jacqueline de Quattro, chef du département, Monsieur Cornelis Neet, le chef du service, et Mon¬sieur Sébastien Sachot, le Conservateur de la faune.
Soyez les bienvenus dans nos rangs ; bienvenue que j’adresse aussi aux surveillants de la faune. Il convient de relever ceci : nos amis les surveillants sont, bien avant que d’être une sorte de police de la chasse, des observateurs éveillés de la faune, des gens de terrain, ce que nous prétendons être aussi.
Je ne manquerai pas de saluer Monsieur le Syndic de Poliez-Pittet Serge Savoy. Sa présence n’est pas que protocolaire seulement. La faune et sa gestion interpellent aussi les autorités communales. A preuve ? La section du Gros-de-Vaud a participé, avec les communes de la région, à la mise en place de protections pour éviter les dégâts commis par les chevreuils.
Enfin, par Diane et Saint-Hubert, salut à vous Mesdames et Messieurs les délégués de nos 21 sections régionales !
Entre entente et divergences
Abordons maintenant, les objets qui nous préoccupent. Les relations entre autorités et chasseurs se tendent parfois. Pourquoi le cacher puisque nous parvenons, par nos contacts, nos relations, nos échanges d’idées, à nous retrouver à chaque fois sur un terrain d’entente ?
Il s’agit de l’information au public. De l’avis de nous autres chasseurs, elle est de la première importance. Serait-il encore besoin d’en souligner la nécessité, alors que la désinformation des protectionnistes sévit dans les médias et jusque dans les milieux politiques ?
Dans ce domaine, Madame la Conseillère d’Etat, un malentendu heureusement passager s’est interposé entre votre personne et le président des chasseurs vaudois. L’année dernière, à la veille de l’ouverture de la chasse, ce même président et son comité avaient jugé utile d’informer l’opinion publique pour qu’elle comprenne et admette les principes gestionnaires de la chasse planifiée.
Or, par un blocage inattendu de votre part, l’information que les chasseurs entendaient délivrer et médiatiser, ceci en pleine collaboration avec la Conservation de la faune, est tombée à l’eau pour la plus grande satisfaction des fondamentalistes de l’antichasse, grands spécialistes de la désinformation.
Dans cette circonstance, nous avons appris à connaître votre caractère assurément bien trempé, Madame la Conseillère, comme aussi vous avez pu juger du nôtre. Ce contretemps n’a pas empêché les chasseurs d’adresser aux membres du Grand Conseil vaudois un dossier complet sur la gestion de la faune et sa planification saisonnière.
Le rappeler aujourd’hui, ce n’est pas vouloir souffler sur les braises, d’autant que vous avez pris, lors de notre précédente assemblée des délégués à Gland, l’engagement sympathique et rassurant de vous mettre à l’écoute des chasseurs, les agents régulateurs de la faune vaudoise, rappelons-le.
A notre avis, cette divergence momentanée tient aux considérations suivantes qui ressortent à la logique. Et voici pourquoi : de leur côté, les chasseurs ont toute liberté de s’exprimer alors que, de son côté, l’autorité se voit contrainte de prendre en compte les courants d’opinion environnementalistes et les pressions médiatiques qui les expriment.
Cette divergence ne tient pas à un différend entre autorités et chasseurs : il est dans la nature des choses. Ce qui ne nous empêchera pas, à l’avenir, de nous concerter, avant toute opération de communication.
Une loi pour des loups de basse-cour ?
Voilà qui tombe bien ! Ne songe-t-on pas à modifier la loi cantonale sur la faune avec la volonté précipitée de réserver un accueil privilégié au loup ? Son accueil serait privilégié parce que, pour l’instant, il est davantage question de protéger l’élevage ovin que de réguler le loup au même titre que d’autres représentants, authentiques ceux-ci, de la faune vaudoise.
De surcroît, du côté de l’Etat, personne ne s’interroge sur la venue sporadique de loups isolés et capables de parcourir de grandes distances, sans craindre les obstacles et dangers que l’homme a semés dans la belle nature, hors des couloirs migratoires dont ils ont absolument besoin et sans même prélever sur leur cheminement le moindre mouton ou chevreuil.
En revanche, en Valais, on ne s’est point gêné de qualifier les loups, prétendument en migration naturelle, de « loups de basse-cour ». De plus, les informations qui nous parviennent des pays de l’Est attestent d’achats répétés de loups dans les jardins d’acclimatation. Pour l’instant, les partisans du loup n’ont jamais été capables d’apporter la preuve de leurs affirmations idéologiques et l’Etat n’a jamais mené de contre-enquête.
Les chasseurs ont la légitime prétention d’être des citoyens responsables et éveillés. A ce titre, les questions que soulèvent la présence trop souvent clandestine des grands carnassiers, tels que les loups et les lynx, les interpellent. Ils constatent que certains de nos élus politiques placent sur les plateaux de la balance, d’un côté chasseurs, agriculteurs, scientifiques sérieux et suffisamment formés, et de l’autre, les lourds effectifs dont se réclament les animateurs des associations dites protectionnistes.
Ces mêmes élus politiques ne s’interrogent pas sur le réel pouvoir dont se réclament bruyamment ces animateurs qui interviennent à tout instant sans même consulter leur base. De plus, leurs indignations doctrinales sont toujours en porte à faux avec les réalités du terrain.
Les grands carnassiers, quels résultats ?
Mais revenons sur le terrain. La problématique des grands-carnassiers me conduit à la réflexion suivante : beaucoup de bruit pour peu de résultats. Pourquoi ? Parce que l’Etat en a convenu très officiellement : les lynx étaient en surnombre dans les Alpes vaudoises. Et les chasseurs, en citoyens éveillés qu’ils sont, constatent que c’est la conséquence des réintroductions clandestines, des lâchers qui sont en flagrante contradiction avec l’équilibre écologique tant prôné par les «scientifiques dans la nature» comme les protectionnistes s’autoproclament avec complaisance. De plus, ces introductions clandestines, aussi condamnables que le braconnage, n’ont jamais été poursuivies pénalement.
On était en droit de s’attendre à des mesures rapides et efficaces pour que la population de lynx dans les Alpes et Préalpes vaudoises ne soit plus dix fois trop élevée, compte tenu de la jeune génération. La translocation de deux lynx dans le Jura, où la population de ce félin est déjà largement suffisante, a été suivie de l’envoi d’un seul lynx en Suisse alémanique. Pourquoi n’a-t-on pas recherché un équilibre réellement acceptable plutôt que de se limiter à une mesure symbolique ? A croire que l’autorité avait peine à se dégager de l’emprise des environnementalistes !
La mise en place d’une commission grands-carnassiers ne vise qu’à instituer des mesures protectrices des ovins et d’ouvrir le tiroir-caisse des indemnités pour la perte de bêtes, voire du manque à gagner, conséquence du dérangement permanent des troupeaux.
Est-il admissible d’entasser des bêtes tous les soirs dans des enclos au milieu des excréments sans que la protection des animaux n’intervienne ? La mise en place de barrières électrifiées autour des aires de gagnage des moutons est une entrave inadmissible à la libre circulation du gibier. La formation de chiens de protection, pas toujours bien acceptée par les touristes, pose aussi problème et ne résout rien.
A-t-on éprouvé l’efficacité de ces moyens de protection avant de vouloir les imposer ? La réponse est non ! L’année dernière, sur les 34 moutons tués par le loup, 28 l’ont été dans des zones protégées. Que répond l’officialité à cette situation grotesque qui ne satisfait que les environnementalistes abusivement omniprésents ?
Qui veut le loup paye sa présence
La Société vaudoise d’économie alpestre nous soutient pour que le canton, aujourd’hui compétent pour gérer la présence des grands carnassiers, régule le loup et ne se contente pas des seules et illusoires mesures de protections assorties de coûteuses indemnités.
N’appartiendrait-il pas aux associations dites protectrices d’assumer ce financement jusqu’au moment où elles seraient enfin capables de fournir les preuves irréfutables de la venue naturelle du loup ?
Confrontés à ce problème hautement polémique, nous nous efforcerons de concilier nos positions plutôt que de céder à de stériles affrontements. Dans cette perspective, nous relevons que Madame la Conseillère d’Etat a exprimé sa volonté d’entretenir un dialogue constructif avec les chasseurs qui, eux aussi, ont du caractère.
Nos relations dans le terrain
Sur le terrain, nos relations sont plus aisées que dans celui de la politique et du débat d’idées, pour ne pas parler d’idéologie. Pourquoi ? Parce qu’il s’agit de problèmes pragmatiques qui trouvent leur solution même si, entre chasseurs et administration, les opinions diffèrent parfois.
Ce qui me permet de relever que les chasseurs travaillent véritablement au coude à coude avec MM. Cornelis Neet et Sébastien Chassot, dont les compétences de terrain sont reconnues et saluées. Ce qui veut dire aussi que la gestion de la faune ne comporte pas que son maintien optimal, mais de pondère aussi son impact sur l’agriculture et la couverture sylvestre.
Ces deux personnalités ne se contentent pas d’édicter des décisions : leurs contacts répétés avec les présidents de nos sections régionales sont tout bénéfice relationnel.
Enfin, comme je l’ai relevé plus haut, les surveillants de la faune sont bien davantage que des gendarmes de la chasse. Les surveillants auxiliaires issus de nos rangs se félicitent de cette collaboration qui consiste à les seconder. Lors des chasses spéciales d’allégements sectoriels, l’encadrement des surveillants permanents atteste de leurs compétences et de leurs connaissances du terrain.
La concertation, voilà un mot-clé sans lequel le travail de la Commission consultative ne saurait s’accomplir à satisfaction. Je remercie nos confrères en Saint-Hubert qui en font partie et qui témoignent d’une louable flexibilité pour que le dialogue ne tourne pas à l’affrontement stérile.
De l’utilité des trophées
Et un grand merci aussi à Daniel Piquilloud, le dynamique responsable de la commission des trophées. A-t-on besoin de le répéter ? La taxation des trophées, selon une échelle de points appliquée dans toute l’Europe, permet une juste lecture de l’état sanitaire de nos chamois, chevreuils, cerfs et autres sangliers, avant même que ces trophées soient des pièces d’ornement. Le dire ici serait presque inutile. En revanche, en informer l’opinion publique me paraît être une nécessité pour rectifier la désinformation environnementaliste.
Enfin, votre comité et ses membres n’ont pas chômé ; ils ont chassé virtuellement pour vous, pendant toute l’année, dans les différentes commissions de travail. En votre nom, merci à eux.
Et vous me permettrez que je fasse une fleur particulière à notre Sandra, chasseresse quand on peut chasser, mais brillante secrétaire jour après jour. Sa famille réclame, elle aussi, sa présence active, Sandra quitte le secrétariat, mais reprendra le poste de trésorière. Donc, nous ne la perdons pas et c’est tant mieux !
40 candidats au 1er permis de chasse
Et une autre fleur encore. Mais à qui ? Je vous donne, tout d’abord, un chiffre qui doit nous réjouir tous : plus de 40 candidats au 1er permis de chasse se sont inscrits aux cours de formation. Et l’année dernière, les examens ont vu un pourcentage élevé de réussites.
Ces résultats heureux ne sauraient être réalisés sans une organisation très structurée et suivie, organisation que maîtrisent avec bonheur les responsables au prix de multiples séances de préparation et de cours. Notre collègue du comité, Charles-Henri Deluze, parcourt le canton sans se lasser pour maintenir à un haut niveau la formation de nos nouveaux chasseurs. Le relever, c’est aussi l’en remercier.
Passons maintenant à l’exercice de la chasse
Faut-il qualifier la saison de chasse 2008-2009 d’exceptionnelle en raison du nombre de sangliers que nous avons été appelés à « saluer » ? Immanquablement, et même dans nos rangs, des critiques ont été entendues comme en ont témoigné quelques lettres de lecteurs.
En revanche, un ou deux articles ont évoqué avec objectivité la nécessité de réduire fortement les populations en surnombre de sangliers, conséquence d’un hiver 2007-2008 exagérément clément. Il était urgent de ramener les effectifs à une proportion supportable pour l’agriculture.
L’allégement planifié des populations de cerfs a presque été atteint en dépit de la difficulté de cette chasse. Votre comité propose des modifications au plan de tir dans le sens d’un engagement plus étendu dans le terrain, question temps de présence et responsabilité individuelle. De cette façon, il sera plus aisé de parvenir aux résultats souhaités, ceux qui auront pour objectif de réduire l’impact des cerfs sur les forêts d’exploitation.
Saluons la progression visible du lièvre et ceci sur l’ensemble du territoire. La mise en place de conditions favorables à d’autres espèces se poursuit, en particulier pour le faisan. Jean-François Würsten s’y emploie activement. Il ne s’agit pas de lâcher dans la nature des oiseaux venus d’ailleurs, mais de créer les conditions favorables qui permettent l’installation naturelle du faisan.
Chasseurs et partenariat
Venons en maintenant à un projet dont nous parlons depuis longtemps et qui nous tient à cœur ; je veux parler ici de l’engagement de chacun d’entre nous et du partenariat avec l’Etat.
Comme déjà dit à plusieurs reprises, la mise en place d’un partenariat peut se réaliser rapidement pour la bonne raison que le découpage et la répartition dans le terrain sont déjà en place.
Les circonscriptions et les secteurs d’intervention sont planifiés. On trouve à leur tête des surveillants permanents de la faune ainsi que des surveillants auxiliaires.
Ce partenariat doit se réaliser sous différentes formes. Tout d’abord, au niveau de la remise en état des dégâts commis par les sangliers sur les pâturages, par de la prévention au niveau des cultures, par la pose de clôtures et de protections individuelles au niveau forestier. En effet, les dégâts occasionnés par le cerf sont importants.
Et n’est pas tout. Ne nous appartient-il pas de développer plus encore la notion de partenariat par d’autres prestations ? Ainsi, entre autres exemples, par la création de biotopes favorables à toutes les espèces, que ce soit des lieux humides, des haies, des jachères florales, etc. Les endroits propices pourraient être mis à disposition par les privés, les communes.
De plus, le bureau de la FSVD proposera à la Conservation de la faune l’appui des chasseurs pour renforcer le corps du gardiennage auxiliaire et limiter ainsi la population de blaireaux dans les endroits où elle pose problème. L’argent économisé au niveau de l’enveloppe des dégâts (plafond 595'000) serait ainsi redistribué pour couvrir d’autres dégâts.
Votre comité actuel est à l’œuvre, pour certains depuis six ans. Il vous appartient, amis chasseurs, de juger de son bilan.

Le président : Jean-Louis Grivet