Adieu « Charly » - Charles Duperrex
Tout le monde te connaissait plaisantin et malicieux, mais cette dernière blague en a attristé plus d’un.
Je t’assure que partir ainsi, si subitement et surtout sans prévenir, n’a vraiment pas été opportun.
Tu as chassé pour la dernière fois le 31 décembre et tu nous as quittés le 8 janvier, à l’aube de tes 77 ans.
Pour laisser ainsi ta famille, tes proches et tes amis dans la douleur et la tristesse, c’est évident.
Un virus transmis par ton parrain « Pilou » à Rougemont t’a amené à chasser pendant plus de 44 ans.
Et qui plus est, nombreuses furent les années que tu as passées à t’investir pour la chasse, passionnément.
Ta contribution à la section de Cossonay ainsi qu’au Comité cantonal t’ont fait connaître comme un loup blanc.
Et c’est à nous tous, petits et grands, qui t’appréciions tant que tu vas manquer énormément.
En 1977 « l’initiative Teuscher était trop chère », et avec un groupe de passionnés, pour défendre la chasse vous avez lutté.
Grâce à vos efforts, votre ténacité et votre incroyable contribution, cette passion qui est la nôtre, nous pouvons aujourd’hui encore l’exercer.
L’amicale des anciens de la défense de la chasse est bien triste et à la prochaine réunion annuelle ce printemps, tu vas malheureusement manquer.
A cette occasion, tes amis parleront certainement de toi, mais je suis convaincu que de là-haut, à ta manière tu pourras participer.
Tu fus l’initiateur des cours de chasse, manuel créé et sessions mises en place avec tes compères C. Piotet et R. Tharin.
Tous les candidats chasseurs de l’époque se rappellent bien de toi, en tous cas ceux qui ont passé entre tes mains.
Tu as su partager ta passion avec la patience, l’amabilité, la pédagogie et la calligraphie que l’on te connaissait.
Ta disponibilité, ton honnêteté, tes connaissances, ton expérience, ta courtoisie et ton tact, tout ça te caractérisait.
Tu ne faisais pas beaucoup de bruit, tout le monde le disait, mais finalement tu prenais beaucoup de place.
Tu es parti discrètement, tout comme tu étais dans la vie, mais ton départ si subit va laisser des traces.
Etre un fusil de moins sera difficile pour Jean-Daniel, les chasseurs de Ruble, tes autres amis et pour moi.
Mais chaque fois que l’on sera sur le terrain, en plaine, au Jura ou dans les Alpes, sois-en certain, on pensera à toi.
Chasseur en petit groupe à la générale, mais chasseur plutôt solitaire à la restreinte aussi tu l’étais.
Tu aimais te promener avec ton chien sur les sentiers que tu connaissais, et dans cette nature que tu aimais.
Ton éthique et ta pratique de la chasse furent irréprochables, je n’ai pas peur de le dire, j’en suis même fier.
J’aurais tant voulu que tu tires ton chevreuil pendant cette saison qui fut malheureusement ta dernière.
Une journée de chasse avec toi était, sans exception, une journée magnifique et riche en émotions.
En plus du terrain et des actions, c’était autour du feu que nous partagions aussi de bonnes discussions.
Tu ne dénigrais ni ne critiquais jamais, même si parfois tu n’en pensais pas moins, ça il fallait te le laisser.
Mais tu avais toujours les mots et le ton appropriés, pour te faire entendre et surtout apprécier.
Du rocher de La Coudre au Crau-Cru, en passant par la Pierre Pendue, aucun chemin ni sentier ne t’étaient inconnus.
Tout comme du Chalet Dernier au fameux « Y non goudronné » où nos rendez-vous matinaux étaient convenus.
Tu m’as fait découvrir le Jura et aimer son magnifique Pied, si vaste qu’au début je m’y suis parfois perdu.
Tu m’as également transmis l’amour pour tes racines du Pays d’Enhaut, à Rougemont où je m’y suis plu.
Début décembre dernier, à l’assemblée de la section de Cossonay tu as encore participé.
Elle a eu lieu à Cuarnens, mais malheureusement ce fut ta dernière, qui l’aurait pensé.
A cette occasion tu as reçu la médaille de membre d’honneur de Diana Suisse, non sans fierté.
Et pendant quelques minutes, c’est le plaisir que tu as eu pendant plus de 40 ans que tu nous as conté.
C’est même par ces quelques mots que tu as terminé :
« Que la chasse, par le comportement de ses adeptes, reçoive la possibilité de poursuivre sa mission dispensatrice de plaisir et d’amitié ».
Je suis triste de perdre mon père et ami de chasse, et je sais qu’il me sera très pénible de démarrer la prochaine saison sans toi.
Tu m’as tant apporté, je m’efforcerai de transmettre comme tu m’as transmis et de défendre la chasse comme tu l’as défendue, crois-moi.
Je suis certain que tu as rejoint tes anciens amis en St Hubert, partis trop vite eux aussi, et que là-haut vous pourrez chasser.
De mon côté, avec mes autres potes de chasse, c’est ma passion, notre passion, assidûment que je continuerai à partager.
es trompes ont sonné et t’ont accompagné lors de ton départ pour les chasses éternelles, on y tenait.
Mais il est certain que cet hommage vibrant et intense, avec ta famille, tes proches et tes amis, tu le méritais.
Philippe
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