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A notre ami Bernard Amos
« Qui suis-je, si je suis ce que les autres pensent de moi? »
Ce que tu étais, aujourd'hui on peut le dire en quelques traits.
D'abord, on ne te verra plus dans cette église du Châble, rangée de droite, troisième banc derrière la colonne, toi qui aimais accompagner les gens simples, les sans-grade, toi qui ne voulais pas trop de cérémonial, ni d'hommages. Elle était bien remplie cette église pour un dernier adieu avant de te confier à St-Hubert.
Te connaissant, on pouvait imaginer ta présence discrète, presque aux aguets, comme si tu voulais jeter un dernier et furtif coup d'œil à tes amis… Ton regard malin et exercé allait-il encore nous repérer pour souligner nos petit travers?
Peu importe, pour chaque départ d'un être cher, d'un ami, on accuse le destin auquel on ne peut opposer que des mots. Evidemment, ton départ s'est déroulé selon un scénario que tu souhaitais, mais pas si tôt. Tu nous a pris de court, enfin, comme on le dit, il faut bien « faire avec ».
Resterons présents tous ces moments vécus dans l'ambiance et les rythmes d'une même passion: la pêche et la chasse, souvent bien au-dessus des platitudes du monde réel, où humour et dérision étaient le ferment de nos rencontres.
Ta vivacité d'esprit conduisait rapidement le propos aux joutes verbales et avec toi, il était difficile d'avoir le dernier mot, quoique Martial et Pierre se défendaient assez bien…
On ne te verra plus au Goli de Pindin puisque tu vas retrouver Marcel, ce farceur enjoué qui, là-haut, t'a précédé, mais sûrement pas oublié.
On ne te verra plus aux rendez-vous de Mômin, mais il reste cette image idyllique de l'automne dernier lorsque tu présentais, avec un plaisir à peine dissimulé, ton dernier brocard avec ses bois très particuliers.
A quoi servent ces émotions, cette amitié, sinon à écouter, partager, rigoler…? Tu avais le cœur ouvert et toujours disponible, ce qui t'amenait à participer d'une façon active à nos petites rencontres que tu rendais tellement vivantes par ton humour et tes propos ciblés à l'encontre d'un de tes amis ou d'un évènement particulier que tu avais vécu. Et tu le faisais toujours avec cette finesse qui te caractérisait dans les moments de tension ou de discussions par trop sérieuses.
Ainsi, dans les coulisses de nos histoires personnelles, ta présence nous a marqués.
Vers ton épouse et toute ta famille vont nos pensées et notre meilleur souvenir.
Tes amis de Pindin et de Mômin
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