Valais     2009  

Hommage à Milo Machoud

Tu vois, mon cher, tu as réussi à mobiliser beaucoup de monde dans cette magnifique église du Chable !
Ta famille, tes amis, ils étaient tous là pour te dire au revoir, mais surtout te dire merci.
La grande famille des chasseurs du Val de Bagnes était là aussi. Au milieu d’eux, ton équipe de chasse. Cette équipe que tu aimais tant. Chacun voulait simplement t’accompagner.
Pour certains d’entre nous, cela va faire plus de 30 ans que nous avions la chance, le privilège de te côtoyer, de partager ces moments extraordinaires chaque automne. Toi, tu étais l’ami de tous. Des jeunes qui débutaient, des plus expérimentés. Pour chacun tu avais toujours un sourire, un moment d’attention, un conseil à offrir. Combien de fois nous as-tu raconté tes aventures, tes péripéties faunesques. Malgré le fait que la majorité d’entre nous n’était pas encore née à ce moment-là, nous t’écoutions avec assiduité et tant de plaisir. Mieux, même ton humour, ta jeunesse de cœur et d’esprit étaient un vrai ravissement. Combien de fois, nous as-tu invités chez toi à Bonatchesse, dans ton petit coin de paradis bichonné à ton image, pour partager ta fameuse fondue à l’eau de Lourdes…
Combien de fois auras-tu rêvé d’apercevoir, les coudes appuyés sur le rebord de la fenêtre, les jumelles fermement tenues, les yeux rivés vers La Bec de Corbassière, celui que tu aurais toujours aimé croiser un jour, celui dont certaines instances nous font croire qu’il migre toujours de façon naturelle, ce fameux Canis Lupus ou loup de Bocheresse. On continuera de chercher Milo, promis. Si jamais un jour on le croise, nous sommes tous persuadé que tu sauras nous conseiller sur le meilleur comportement à adopter pour ne pas l’effrayer...
Sans faire de pléonasme, tous tes copains de chasse ont envie de te dire avec simplicité et sincérité propres au montagnard : tu étais un grand monsieur, Milo. Pardonne-nous, on avait presque oublié que tu avais 85 ans. Tu étais l’âme du groupe. Spontanément chacun se dirigeait vers toi. On y trouvait la paix, la sérénité. Tu avais toujours un petit mot d’encouragement, une tactique à nous conseiller. Malgré la maladie et la souffrance, tu étais venu chasser avec nous en automne, sans une plainte.
J’eus le privilège de m’entretenir au téléphone avec toi depuis ton lit d’hôpital quelques jours avant ton départ pour les chasses éternelles. Je t’avais demandé, comment vas-tu Milo ? Avec humour et délicatesse tu me répondis : je vais bien, mais bientôt j’aurai changé de secteur.
Alors va, Milo, tu vas nous manquer bien sûr, mais quelque part tu resteras à jamais au milieu de nous.

Au nom de l’équipe des chasseurs de Bocheresse : Christian Fellay