Valais     2009  

Conférence des présidents de Diana VS - Sierre - 09 février 2009

Le président de la Fédération valaisanne des sociétés de chasse avait convié les présidents de Diana à venir recevoir les dernières informations et statistiques sur l’exercice de la chasse 08/09 et débattre des orientations du prochain arrêté. Le service de la chasse, représenté par son chef Peter Scheibler et ses deux biologistes Crettenand et Zimermann, était également présent.
Le président Papilloud à d’emblée précisé que cette soirée d’échange n’était en aucun cas un débat en vue du prochain arrêté, mais une invitation à « sentir d’où vient le vent ».
Peter Scheibler se pose la question de savoir si « on change quelque chose durant l’arrêté ou on attend la nouvelle période quinquennale » ?
Après 3 années, il semble que les résultats attendus prêtent à discussion. Le chef de service attend également les propositions et remarques des Diana, qui semble-t-il ne sont pas toutes satisfaites du régime de chasse au chamois, entre autres préoccupations.
Pour se faire une idée précise de la situation, le biologiste Crettenand présente dans le détail les résultats de la chasse 2008-2009, soi :
Chasse au cerf
Les effectifs de cerfs sont stables (5500 à 6000 individus) en regard de ce que le canton peut supporter. Les prélèvements par régions ne sont pas optimums ; par exemple, le Val d’Entremont est stabilisé alors que le Val d’Annivier a encore de la marge au niveau des prélèvements.
La sex-ratio, souci majeur du service fédéral des forêts, approche le 1 : 1 en prélevant essentiellement dans les classes jeunes (faons, bichettes, daguets).
Dans les faits, une légère baisse des tirs a été constatée, hormis une nette hausse du tir du daguet depuis sa quasi-libéralisation. La part de biches allaitantes est importante et laisse une grande proportion de faons orphelins.
A relever la pression de chasse sur la rive gauche dans le Bas et le Centre du canton, qui implique que le daguet qui quitte une réserve n’a pratiquement aucune chance.
En conclusion, selon le biologiste Crettenand, les améliorations possibles seraient :
- Fin du tir du daguet (par exemple limitation à 30 cm de longueur des bois, en-deçà paiement d’une taxe).
- Tir d’une seconde biche par chasseur ; par exemple après avoir prélevé un faon.
- Frein aux tirs de cerfs coiffés (!).
Chevreuil
Concernant le chevreuil ; si les objectifs restent la stabilisation des effectifs afin d’améliorer au mieux l’espèce, les mesures suivantes devraient être maintenues :
- sex-ratio de 1 brocard : 1,3 chevrette
- augmentation du tir de chevrettes (!)
- pression de chasse entre les altitudes 700 à 1200 mètres (en collaboration avec les services forestiers et agricoles).
Chamois
Les objectifs de l’espèce chamois demeurent, à l’égal de ceux du chevreuil :
- amélioration de la sex-ratio (idéalement de 1 : 1)
- économie de boucs
- tirs plus sélectifs
Les effectifs de 22 000 animaux sur l’ensemble du canton (après calcul) démontrent, selon le biologiste, une économie de 70 bêtes-années (!) avec la législation en cours depuis 3 ans.
En conclusion, pour le chamois, le tir des chèvres est difficile à augmenter. Cette espèce et son mode de chasse soulèvent le plus d’interrogations de la part des Diana.
Sanglier
Le sanglier reste en Valais une chasse quasi confidentielle (2008/2009, 95 bêtes abattues, dont 24 durant la chasse au lièvre). Le service annonce également le tir de 12 bêtes par les gardes.
Au vu de ce qui précède, le service de la chasse attend les propositions des Diana, avec toujours la question d’aménagements possibles pour les 2 dernières années de l’arrêté.
Peter Scheibler lance une idée de modification dans les districts francs (!) dans le sens de tirs possibles avec des mesures d’accompagnement. L’ensemble des participants semble se réjouir d’entendre que le « tabou » des districts francs ne pourrait plus en être un.
Au chapitre des idées avancées, la Diana Sierre souhaite un retour de la carte de chasse (!). Nécessaire ou non, à l’heure d’internet (?) la réponse viendra du côté des finances, puisque une telle carte à un coût certain. Relevons, en forme de boutade, que les modifications vers lesquelles nous nous dirigeons seront plus propices à l’emploi de la carte de crédit que de celle de chasse.

Léonard Lathion